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Archive pour 5.12.2008

L’Amérique et les autres : qu’attendre d’Obama ?

« Il n’y a pas d’Amérique blanche et d’Amérique noire, il n’y a pas de Démocrates et de Républicains, il y a les Etats-Unis d’Amérique ».C’est, en substance,  le message que le nouveau Président américain  a martelé tout au long de sa campagne électorale. Façon de dire, en clair, que si les Américains lui faisaient confiance, il se posera en rassembleur d’une Amérique que la récession économique et surtout la guerre en Irak ont profondément divisée et qu’il travaillera avec tous ses concitoyens désireux de servir leur pays, indépendamment de leur race, de leur coloration politique ou encore de leur religion.

Les premières décisions en ce sens n’ont d’ailleurs pas tardé à venir. Elu triomphalement le 4 novembre dernier, le futur locataire de la Maison Blanche  a dévoilé les grandes lignes d’un véritable « New Deal » qui devrait permettre la création, dans les deux années à venir, d’environ 2,5 millions d’emplois. Il a également fait connaître les noms des principaux membres de sa future Administration ; une Administration dont le trait dominant, s’accorde-t-on à  dire des deux côtés de l’Atlantique, est qu’elle allie «  fermeté » et « pragmatisme ». Ces décisions ont été, selon un sondage USA Today Gallup publié mardi, favorablement accueillis par les trois quarts des Américains.

La situation économique avec, comme toile de fond, un secteur bancaire sérieusement malmené, sera sans doute au centre des préoccupations de M. Obama. Fidèle à son slogan de campagne « Yes we can », il fera tout pour conforter l’esprit d’initiative de ses concitoyens et leur redonner goût au travail. L’ancien sénateur de l’Illinois et Rédacteur en Chef de la fameuse « Law Review » de l’Université de Harvard, devrait aussi s’atteler, comme il l’a promis, à planifier avec son secrétaire à la Défense Robert Gates le retour au pays des 160.000 militaires déployés en Irak.

Il est cependant, au-delà de ces deux grands dossiers, un autre chapitre auquel le successeur de M. Bush devrait consacrer aussi autant d’énergie : c’est celui d’une Amérique qu’une bonne partie des opinions publiques et des élites politiques, à travers le monde,  ne porte plus dans son cœur. Et pour cause : une conduite extérieure sous la présidence Bush qui, sous couvert de lutte contre le terrorisme,  n’en a pas moins trahi, par certains aspects, les valeurs mêmes pour lesquelles l’Amérique, en tant que leader du « Monde libre », a toujours milité.

Conférer une bonne dose de moralité à cette conduite, c’est donc ce à quoi M. Obama, qui s’installera le 20 janvier prochain à la Maison Blanche, devrait  aussi s’employer. Et c’est à sa capacité de réconcilier l’Amérique avec elle-même et avec les autres que sera sans doute également jugé son prochain et premier mandat.

Moncef BEN AMOR  

Crise financière internationale : PIC DE FIEVRE D’UN SYSTEME PATHOLOGIQUE

       L’actuel krach financier, sans précédent, qui a précipité la banqueroute de plusieurs institutions financières (Banques et Assurances), obligeant les Banques Centrales (Fed ; BCE ; BCJ ; …), à injecter des liquidités, nous interpelle sur l’aspect pathologique du système monétaire et financier international. Cette pathologie latente, qui se manifeste cycliquement, a été d’une ampleur telle que les gouvernements réputés gardiens du libéralisme, ont dû intervenir pour renflouer leurs banques et leurs assurances, tout en esquissant des plans de sauvetage. Cette onde qui, au début, a touché la sphère monétaire et financière, s’est vite propagée à la sphère réelle menaçant l’économie mondiale de récession. 

       Des pays comme l’Islande, et des secteurs économiques comme l’Industrie automobile,   étaient parmi les premières victimes du Krach. Cette situation, qui a sonné le glas de l’ultralibéralisme, résulte d’un défaut de régulation et de lacunes dans le système ne permettant pas même au FMI de surveiller ce qui se passe au niveau de la création monétaire et au niveau des flux financiers. En effet, des produits financiers « toxiques », générés sans garanties suffisantes et basées sur la titrisation, avec le soutien complice des traders et des agences de notation, ont grippé le système.

       Le pic de fièvre attrapée révèle sans ambages les limites du système financier international et son caractère pathologique.   C’est avec un arsenal d’antibiotiques et d’antipyrétiques que les décideurs, notamment politiques, ont dû agir pour maintenir le système et l’économie en survie. Ce traitement d’urgence est nécessaire mais il ne peut être efficace à moyen et long terme. La réponse à la crise se retrouve plutôt dans la refonte du système monétaire et financier international. C’était d’ailleurs la conclusion à laquelle ont abouti les deux derniers Sommets du G7 et du G20. Ce sont de nouvelles règles qui devraient régir la création monétaire et de produits financiers. Elles confèreront aussi au FMI le statut de gendarme financier avec la capacité de prévenir et d’agir contre des spéculateurs sans scrupules rompus à la tactique de la roulette et avides comme des maîtres de Casino. 

       En attendant, cette crise comme toute autre, pénalisera des pays mais profitera à d’autres. Elle agenouillera des secteurs et propulsera d’autres. En clair ce chaos accouchera d’un nouveau monde, avec de nouvelles règles et une nouvelle configuration géoéconomique. Le déplacement du centre de gravité vers l’Est devrait s’accélérer. Quant aux pays du Sud, du moins certains (dont la Tunisie), ils pourraient en tirer profit. C’est en faisant prévaloir leurs avantages comparatifs en termes de coûts de production que les pays émergents gagneraient en attirant des opérateurs économiques américains, européens et asiatiques en quête de délocalisation. Ce critère de compétitivité avantageuse amènera des Multinationales, des Holdings et des PME du Nord à se redéployer.

       Il est grand temps pour nos banques de prendre l’initiative et faire preuve d’agressivité économique et commerciale en montant des actions de Marketing pour attirer ces entreprises du Nord en mal de peau chez eux. Des organismes d’appui (comme la FIPA, le CEPEX et l’UTICA), devraient prendre part. Le tissu bancaire tunisien, qui présente des surliquidités, devrait, entre autres, proposer des services pour ces nouveaux opérateurs conformes aux standards internationaux. L’arrimage avantageux de notre pays à l’économie mondialisée, en dépendra. 

Par ailleurs, et du côté des théoriciens, nous espérons que les monétaristes soient à l’avenir mieux conscients de leurs responsabilités, en prévenant les politiques sur les dangers de tout dérapage au sein de la sphère monétaire et financière. Ces monétaristes savent mieux que quiconque qu’un placement de cinq (05) grammes d’or, à un taux de 10 %, à la naissance de Jésus Christ, générerait mathématiquement une boule d’or plus grosse que notre planète « Terre ».                                                         

Thameur  MAATOUG

Chassez Hussein, il revient au galop !

Ironie du destin ou simple hasard, Georges W. Bush qui a chassé l’ex-président irakien Saddam Hussein, ne pouvait prévoir qu’un autre Hussein l’attendait au tournant, mais cette fois pas à Bagdad. C’est à Washington que ça se passe, à la Maison Blanche même. Il s’agit bien sûr du 44ème Président américain Barack Hussein Obama, élu le 4 novembre dernier. Rien ne prédestinait ce fils d’un ressortissant kenyan à devenir le premier Président noir des Etas-Unis d’Amérique, une première dans l’Histoire de l’Occident. Le parcours de Barack Hussein Obama, diplômé de Harvard, comme feu son père, devenu sénateur de l’Illinois n’expliquent pas à eux seuls cette victoire. Il s’agit d’un véritable changement, où une déferlante guidée par le destin eut emmené cet homme afro-américain exceptionnel, et intelligent aux commandes de la plus grande puissance du monde. Chassez Hussein, il revient au galop ! 

Thameur MAATOUG 

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