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Archive pour 12.12.2008

To See or not to See… That is the Question !

3C Etudes vous aide

à mieux comprendre les réalités* qui vous entourent,
à concevoir des stratégies gagnantes**,
à améliorer votre communication et à en optimiser le budget,
et à mieux impacter votre environnement.

* “nos sens nous trompent”. René Descartes. Discours de la méthode. Passage du Moyen Âge à l’époque Moderne.
** Napoléon Bonaparte consultait systématiquement 3C Etudes avant d’engager ses combats.

Etudiants étrangers en Tunisie : « On se débrouille pas mal »

On ne les croise pas seulement dans les campus. On les côtoie aussi dans le métro et les bus, on les rencontre dans les grandes surfaces commerciales, les cafés et autres lieux publics, certains d’entre-eux s’affairent même dans des Souks hebdomadaires comme celui de l’Ariana où ils proposent aux clients des articles de chez eux, notamment artisanaux.

Ils, ce sont les étudiants étrangers qui ont choisi de poursuivre leurs études supérieures en Tunisie. Combien sont-ils, ont-ils ou non des difficultés à s’intégrer dans la société tunisienne et surtout parviennent-ils à joindre les deux bouts ?

Dans l’enseignement supérieur public, leur nombre a atteint, selon des chiffres du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la recherche Scientifique et de la Technologie, les 2480 durant la saison universitaire 2007-2008, soit moins d’un pour cent de l’ensemble des effectifs (360.000). Les Maghrébins viennent en première position (36,5%), suivis des étudiants originaires des autres pays arabes (32%) et africains (25,8%). Peu nombreux, les étudiants européens ne représentent que 2,8% de la population estudiantine. Dans les institutions d’enseignement supérieur privé, le nombre d’étudiants étrangers, notamment africains, est autrement plus important. Ils représentent un peu plus du quart de l’ensemble des effectifs (6.000).

Tchadien de 22 ans, Mohamed est étudiant à l’Université Centrale privée de Tunis où il prépare un mastère en Finances. Il en est à sa troisième année. Il partage avec deux de ses amis un bel appartement de six pièces dans un quartier huppé de la capitale. Ses frais d’études sont d’environ 3.000 Euros (5.250 Dinars) par an. Pour le reste, « on se débrouille pas mal, dit-il. Parfois, on prépare nous-mêmes quelque chose, parfois on mange en ville. Dans l’ensemble, on n’a pas de problème ».

Originaire du Congo-Brazaville, Ntetani Chartelle, 23 ans, prépare à la même université un DEST (Diplôme d’Etudes Supérieures de Technologie). Elle loge avec deux de ses amies dans un appartement à 350 Dinars (200 Euros) par mois. Le sourire toujours aux lèvres, elle semble n’éprouver aucun souci concernant aussi bien l’hébergement que la nourriture ou le transport. « On fait les provisions à la fin du mois, on se partage les tâches. Cela dépend des semaines et des jours et surtout de ce que nos parents auront la gentillesse de nous envoyer de temps à autre ». Pourquoi a-t-elle choisi la Tunisie et non un pays comme la France ou la Belgique où le problème de la langue ne se poserait pas pour elle ? «Pour ce qui est des frais d’études, il n’y a pas, à proprement parler, une grande différence entre ici et là-bas, explique-t-elle. Pour le reste, on passe pratiquement du simple au double. Si une année universitaire revient ici, grossir modo, à 10 ou 12.000 Dinars, il faudra compter là-bas avec une somme nettement plus importante, sans oublier aussi les tracas du visa, de la carte de séjour, etc.». Chartelle a l’avantage de bénéficier aussi d’une bourse d’environ 200 Dinars qui lui est versée une fois tous les trois mois.

De nationalité camerounaise, Abou Bakr, 22 ans, est inscrit à la même université et où il prépare d’ailleurs le même diplôme. « Avec 100 Dinars comme loyer et un peu plus que le double pour la nourriture et les autres dépenses, je m’en sors plus ou moins, dit-il, avant d’ajouter : nous sommes encore assez jeunes, on est là pour étudier et non pour du tourisme d’hiver (une pluie fine s’abattait au même moment sur Tunis), il faut apprendre à se débrouiller ».

Hounhoun Tedipe, 20 ans, est africain lui aussi. Originaire du Bénin, il est. Inscrit à l’Université Libre de Tunis où il prépare un diplôme en génie civil. Bien qu’ils ne soient pas les mêmes pour toutes les spécialités, les frais d’études tournent, là encore, autour de 3200 Euros par an. « Le foyer, c’est plutôt pour les filles.  Je n’ai jamais aimé ça, dit-il. Je loge avec des amis. Ca me revient à 200 Dinars par mois. Pour le reste, j’ai appris à me débrouiller et de toute façon, on n’a pas le choix ».

Camerounaise, Sandrine, porte bien ses vingt printemps. En troisième année de la même spécialité et à la mêmme Université, c’est le loyer (150 par mois) qui pèse « un peu lourd » sur son budget alors qu’elle a la possibilité « la chance même » dirait l’un de ses amis, de loger, si elle le voulait, au foyer même de l’Université qui donne sur l’Avenue Kheireddibne Pacha et où une chambre double, par exemple, est à 185 Dinars (un peu plus de 100 Euros) par mois. « Je suis bien là où je suis », se contente-t-elle de répondre.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les étudiants étrangers inscrits dans les Universités privées ne sont pas tous des « fils à papa », entièrement pris en charge par leurs familles généralement aisées. Selon le secrétaire général de l’Université Libre, une majorité d’étudiants gabonais, de Cote d’ivoire et d’autres pays sont boursiers. Leurs frais d’études sont versés directement à l’Université par leurs pays qui leur accordent également des sommes mensuelles forfaitaires (400 Dinars pour les gabonais, un peu moins pour ceux de Côte d’ivoire, etc.) pour les frais d’hébergement et de nourriture.

« Correctes », « acceptables », « pas mal du tout » sont, enfin, les qualificatifs qui revenaient dans la bouche de nos interlocuteurs, qu’ils soient à l’Université Centrale ou à l’Université Libre, lorsqu’on les interrogeait sur les conditions et la qualité des études. 

Pour voir des statistiques sur la répartition des étudiants étrangers par nationalité et par cycle d’études cliquez ici.

                                                                             Moncef BEN AMOR

 

1 euro = 1,8 dinar tunisien (TND) au 11 décembre 2008

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