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17.12.2008 par Thameur MAATOUG.
L’Afrique subsaharienne, ce sous-continent encore vierge et riche en ressources naturelles, s’enfonce de plus en plus dans l’instabilité sur fond de guerres civiles, de famine, de pauvreté et de ravages épidémiques.
Avec le conflit du Darfour, entraînant aussi bien Le Soudan que le Tchad, la guerre en Somalie, dans laquelle l’Ethiopie a pris part, outre le fléau récent de la piraterie maritime, les derniers affrontements au Nord Kivu, entre l’armée congolaise et la rébellion conduite par le Général dissident Nkunda, et qui risque de devenir une guerre régionale impliquant Le Rwanda, l’Afrique noire ne connaît pas de répit.
Outre ces conflits d’actualité, d’autres situations précaires pourraient dégénérer, comme au Nigeria où les enlèvements sont monnaie courante, visant principalement le personnel étranger des firmes pétrolières. Quant au Zimbabwe, il est secoué par une crise politique opposant le président Robert Mugabe au leader de l’opposition Morgan Tsvangirai, une crise aggravée par la progression du Choléra, ayant fait un peu moins de 800 morts depuis Août dernier selon les chiffres de l’OMS.Même l’Afrique du Sud, a été touchée par cette vague d’instabilité. D’abord sur le plan interne, où la lutte pour le pouvoir, notamment au sein de l’ANC, a fait qu’une aile dissidente favorable au président « déchu » Thabo Mbeki, lance un nouveau parti. En effet, la victoire de Jacob Zuma à la tête de l’ANC, se présente comme une sorte de revanche sur Thabo Mbeki, qui a été poussé à quitter son poste de chef d’Etat en cours de mandat. C’est cet éclatement de l’ANC, le parti historique de la lutte contre l’apartheid, qui devait affaiblir le rôle de leadership de l’Afrique du Sud au niveau du continent.
D’ailleurs, Thabo Mbeki, en tant que médiateur dans la crise politique au Zimbabwe, avant et après son départ de la présidence de son pays, était tellement affaibli et soumis à des pressions, que sa médiation est resté jusqu’à ce jour, otage de l’intransigeance de Tsvangirai soutenu par l’Occident. Ce constat n’est pas exhaustif, car d’autres situations précaires prévalent dans d’autres pays de l’Afrique subsaharienne, et presque aucune entité n’est à l’abri d’une dégradation soudaine.
En somme l’Afrique s’est retrouvée depuis des siècles dans la tourmente. Cela a commencé au moins avec le commerce triangulaire. Inutile de revenir sur cette entreprise d’horreur qui a marqué la démographie du continent. Suivie par la vague de colonialisme, l’Afrique n’a pas connu de meilleurs jours. Même l’indépendance dans l’interdépendance avec les pays anciens colonisateurs, n’a pu changer la donne. Il se trouve, aujourd’hui, que l’Afrique subsaharienne subit toute sorte de fractures, économique, sociale et notamment numérique.
Les Objectifs du millénaire qui visent la réduction de la pauvreté à moitié en 2015, ne seront jamais atteints, en raison de la cupidité des pays riches et de leurs promesses non tenues en matière d’aide au développement. Cette conclusion a été retenue avant même le déclenchement de la crise financière mondiale. Il y a lieu donc de s’attendre au pire. L’effort de solidarité international, ne pourrait que diminuer en conséquence, et le Continent noir sombrera davantage dans le sous-développement, les guerres fratricides, la famine, les épidémies comme le SIDA, le Paludisme et le Choléra. Seules une prise de conscience, au niveau international, et la mise en œuvre d’une sorte de plan Marshall, pourraient arrimer l’Afrique noire au reste du monde, en relevant sensiblement son niveau de développement et en mettant un terme à sa marginalisation séculaire.
Ce sera comme une sorte de mea culpa pratique de l’Occident envers l’Afrique subsaharienne. Et même s’il est peu probable qu’elle adviendra en 2009 ou en 2010, en raison de la récession économique notamment en Europe aux USA et au Japon, elle s’imposera à partir de 2011 aux dirigeants du monde comme nécessité et comme élément essentiel pour donner du crédit au nouvel ordre mondial qui se dessine et qui se veut plus équitable.
Thameur MAATOUG
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