Infos

Vous parcourez actuellement les archives du blog Institut 3C ETUDES de décembre 2008.

décembre 2008
L Ma Me J V S D
    jan »
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031  

Archive pour décembre 2008

Le lancer de BasBushes !

George W. Bush a réussi à éviter les chaussures, que Mountazer al-Zaïdi lui avait lancées,  avec beaucoup d’élégance, aucunement perturbé par l’intermède. Le jeune journaliste irakien, sans doute reporter national, ne devait pas trop s’intéresser à la politique américaine. Il était loin de se douter qu’il avait zéro chance avec des chaussures de taille 44, d’atteindre M. Bush, parfaitement à l’aise dans ce genre d’exercice. Le président américain était habitué aux lancers de boulets quasi quotidiens au Congrès américain par les démocrates, dont aucun ne réussit à l’atteindre. Après deux mandats on n’avait plus rien à lui apprendre en la matière. Une tentative du genre aurait peut-être eu plus de chance de réussir au bout du premier mandat, mais au bout du deuxième, il ne fallait même pas espérer !

Emigration arabe vers l’Europe : autopsie d’un Pacte

       Sujet de désaccords persistants, voire de polémiques entre les deux rives de la Méditerranée, l’immigration a constitué le thème du colloque annuel que le Centre de la Ligue des Etats Arabes à Tunis a organisé mercredi, 17 décembre, au siège de l’institut Arabe des Chefs d’Entreprises avec, comme intitulé, « L’émigration arabe vers l’Europe : réalités et perspectives ».

       Introduisant les débats, M. Chedly Neffati, secrétaire général adjoint de la Ligue, président du Centre de Tunis, s’est félicité du fait que les dirigeants européens soient parvenus à s’entendre, enfin, sur une stratégie commune, en matière d’immigration, à travers l’adoption, le 16 octobre, du « Pacte européen sur l’immigration et l’asile ». Reprenant certains passages du document, le responsable de la Ligue, qui a effectué, à la demande M. Amr Moussa, secrétaire général de l’organisation panarabe, une tournée dans plusieurs pays européens pour des entretiens axés sur l’immigration, a exprimé le souhait de voir les pays de l’Union européenne s’engager dans une approche globale, et pas seulement sécuritaire, pour résoudre les problèmes liés à cette question ; ce qui exige, a-t-il souligné, « plus de coopération et de solidarité en vue de traiter de l’immigration de façon collective par les pays d’origine, d’accueil et de transit ».

       Lui succédant, son Excellence Mokhtar Enaggassa, doyen du corps diplomatique accrédité à Tunis, a fait un rappel historique, précisant que l’émigration arabe vers l’Europe a commencé vers la seconde moitié du 19ème siècle, avec le début de la colonisation. Le phénomène s’est amplifié par la suite. Pour compenser les 60 millions d’âmes tombées sur les champs de bataille lors de la seconde guerre mondiale, la France a dû faire venir des centaines de milliers de Maghrébins. La Grande-Bretagne a fait de même, en accueillant des dizaines de milliers de sud yéménites. L’exemple le plus frappant et le plus douloureux reste cependant celui des millions de palestiniens chassés de leurs terres et contraints de s’exiler à l’étranger.

20 à 30 millions d’émigrés arabes

       Le nombre d’émigrés à travers le monde, toutes nationalités confondues, atteint, selon des statistiques de l’ONU, les 150 millions de personnes dont 20 à 30 millions sont d’origine arabe. Au cours des dernières décennies, la guerre civile au Liban, les deux guerres du Golfe et le conflit somalien, ont engendré, eux aussi, d’énormes flux migratoires, notamment vers l’Europe. Se référant à des statistiques de l’Organisation Arabe du Travail. Il a indiqué que 34% des médecins qui exercent actuellement dans les hôpitaux britanniques sont d’origine arabe et que 50% de ceux qui font des études de médecine ou d’ingéniorat dans les universités arabes finissent par s’installer en Europe, aux USA et surtout au Canada.

       Citant un rapport de la ligue Arabe, l’orateur a indiqué que les pertes subies par le Monde arabe en raison de la fuite des cerveaux et d’une main d’oeuvre parfois hautement qualifiée se chiffrent à 200 milliards de dollars. Pour y remédier, les pays arabes sont obligés de faire appel à des compétences étrangères, à des coûts relativement élevés. « Au lieu de s’accrocher à l’aspect sécuritaire du problème et de continuer à décréter des lois, les Européens, qui sont entrés dans les pays arabes sans visas, les ont colonisés et s’y sont installés de façon illégale pendant des décennies » feraient mieux, a-t-il conclu, de reconnaître leur « responsabilité historique » et d’œuvrer sérieusement à trouver des solutions à cet épineux problème.

Des pistes de réflexion

     Ce colloque est une nouvelle opportunité pour réfléchir ensemble sur les voies et moyens de faire de l’immigration « un facteur de développement et de solidarité et un pont de compréhension entre les peuples de la Méditerranée » a pour sa part souligné M. Ali Chaouch, ministre des Affaires Sociales, de la Solidarité et des Tunisiens à l’Etranger. Les nouvelles donnes sur la scène mondiale nous incitent, au-delà de nos différances, à-t-il dit, à appréhender les problèmes de l’immigration « avec réalisme et dans un esprit constructif ». Nous sommes en droit d’être fiers, a dit encore le ministre, que c’est la première fois depuis les années 70 du siècle dernier que les Européens parviennent à s’entendre sur une approche nouvelle ; approche dont les contours exacts, il est vrai, ne sont pas encore connus. « Les spécificités culturelles ne doivent pas constituer un frein à une intégration positive et efficace dans les pays d’accueil, comme tentent de l’accréditer certains milieux racistes qui se servent de l’immigration comme outil de politique interne et qui cherchent à nuire à l’image de l’immigré arabe et musulman en général et à entretenir l‘amalgame entre l’Islam, l’extrémisme et le terrorisme », a-t-il souligné.

       Il a mis sur la table plusieurs pistes de réflexion en vue de faire progresser le débat et regretté le renoncement, côté européen, à certains droits acquis, dans le cadre de conventions bilatérales, en matière de main-d’œuvre, ainsi que la dégradation de la situation sociale de nombre d’immigrés. Appelant à un sursaut médiatique de l’autre côté de la Méditerranée en vue d’enraciner « une pédagogie de la tolérance et de la solidarité » et de promouvoir « une image positive » de l’émigré arabe, le ministre a également rappelé certaines initiatives du président ben Ali dont celle de 1993 devant le parlement européen, en vue de la conclusion d’un pacte euro méditerranéen pour le développement et la solidarité.

       Après deux exposés, l’un de M. Hamed Fadhlallah, expert résidant en Allemagne, sur « Problématique de l’intégration et rôle des élites » et l’autre de Mme Folla Bouzidi, députée algérienne, sur « L’immigration féminine arabe », ce fut au tour de M. Mezri Haddad, expert tunisien, de donner une communication sur « La participation des émigrés arabes à la vie politique européenne ». Thème auquel, pour être plus précis, il a préféré celui de « La participation des Français d’origine arabe ou maghrébine à la vie politique française »

      Première difficulté relevée par l’orateur : l’absence de chiffres dans la mesure où la loi française interdit qu’on fasse des statistiques sur des bases ethniques ou raciales. Dans le corps diplomatique français, par exemple, combien y a-t-il d’ambassadeurs d’origine arabe ou maghrébine, s’est-t-il interrogé. Aucun, à ma connaissance, a-t-il affirmé, d’un sourire amusé. Même chose pour l’Assemblée Nationale française qui compte 577 députés : aucun député d’origine arabe ou africaine n’y siège. Seule et petite exception : 4 sénateurs UMP de « souche non gauloise » siègent au Sénat, sur un total de 343. Sur les 646 parlementaires que compte la Chambre des Communes en Grande-Bretagne, 15 seulement représentent des communautés minoritaires. En Egypte par contre, où les Coptes ne représentent que 5% de la population, plusieurs députés sont de confession chrétienne, a-t-il enchaîné. Quatre ministres coptes siègent également au gouvernement. Cette dernière donne lui a valu une précision de M. Jean-Christophe Peaucelle, représentant du ministère français de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Développement Solidaire : « les Coptes ne sont pas des émigrés mais des égyptiens à part entière », a-t-il souligné à son adresse.

Des candidats de la « diversité »

Aux dernières élections françaises, a-t-il ajouté, l’UMP, le PS, le Modem et le PC ont présenté des candidats dits de la « diversité ». Aucun n’a été élu. Est-ce la faute à l’électorat qui n’est pas encore prêt, majoritairement, à donner ses voix à des candidats de « souche non gauloise » ? Sont-ce les mécanismes internes aux partis qui empêchent ces candidats de percer ? Ces deux interrogations ont valu à M. Haddad une nouvelle réplique de M. Peaucelle : « Je ne pense pas que la société française soit raciste. En revanche, la société politique française est quelque peu conservatrice. Elle s’accroche à ses privilèges. Elle n’est pas encore prête à accepter de nouveaux venus. Le parlement français n’est d’ailleurs pas le plus féminisé d’Europe », a-t-il affirmé, là encore.

Se référant à plusieurs reprises au Chef de l’Elysée, M. Nicolas Sarkozy, qui a eu le courage de « crever l’abcès », le conférencier a salué la nomination de Rachida Dati, dont les parents sont d’origine maghrébine, à la tête d’un ministère de souveraineté, en l’occurrence celui de la Justice. « C’est l’exemple même d’intégration réussie », a-t-il commenté. Il a suggéré l’organisation à Tunis ou ailleurs d’un congrès des élites arabes en Europe qui aura à traiter de thèmes comme l’identité nationale, la laïcité, l’égalité, la liberté, etc. 

La présidence française l’Union européenne, qui doit s’achever dans moins de deux semaines, a fait de l’immigration sa priorité, a pour sa part souligné M. Peaucelle. « L’histoire de la construction européenne, a-t-il dit, est celle du verre à moitié plein et du verre à moitié vide. Malgré des règles communes, il y a encore des différences d’approche. On ne peut pas parler aujourd’hui d’immigration sans parler du développement des pays d’origine et de transit. Le Pacte européen s’inscrit dans la logique d’une approche commune. Ce n’est pas un accord international, c’est un engagement politique ».

Explicitant les cinq chapitres du pacte, il a affirmé que l’immigration choisie est une immigration qui repose sur une « double acceptation » et que lutter contre l’immigration clandestine revient, en fait, à prendre l’engagement de ne plus procéder à des régularisations massives. En signant ce pacte, les dirigeants européens ont pris, en réalité, trois sortes d’engagements : le premier entre eux-mêmes, le second envers leurs opinions publiques et le troisième à l’égard des pays tiers, c’est-à-dire d’origine ou de transit.

        « On avait auparavant non un double langage, mais deux langages. Avec le pacte, c’est aujourd’hui le même langage », a-t-il également souligné, appelant à un « extraordinaire effort de pédagogie des deux côtés de la méditerranée pour dépasser certains amalgames nés de l’accélération de l’actualité au cours des dernières années ».                              

                                                               Moncef BEN AMOR

L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE DANS LA TOURMENTE

       L’Afrique subsaharienne, ce sous-continent encore vierge et riche en ressources naturelles, s’enfonce de plus en plus dans l’instabilité sur fond de guerres civiles, de famine, de pauvreté et de ravages épidémiques.

        Avec le conflit du Darfour, entraînant aussi bien Le Soudan que le Tchad, la guerre en Somalie, dans laquelle l’Ethiopie a pris part, outre le fléau récent de la piraterie maritime, les derniers affrontements au Nord Kivu, entre l’armée congolaise et la rébellion conduite par le Général dissident Nkunda, et qui risque de devenir une guerre régionale impliquant Le Rwanda, l’Afrique noire ne connaît pas de répit.

       Outre ces conflits d’actualité, d’autres situations précaires pourraient dégénérer, comme au Nigeria où les enlèvements sont monnaie courante, visant principalement le personnel étranger des firmes pétrolières. Quant au Zimbabwe, il est secoué par une crise politique opposant le président Robert Mugabe au leader de l’opposition Morgan Tsvangirai, une crise aggravée par la progression du Choléra, ayant fait un peu moins de 800 morts depuis Août dernier selon les chiffres de l’OMS.Même l’Afrique du Sud, a été touchée par cette vague d’instabilité. D’abord sur le plan interne, où la lutte pour le pouvoir, notamment au sein de l’ANC, a fait qu’une aile dissidente favorable au président « déchu » Thabo Mbeki, lance un nouveau parti. En effet, la victoire de Jacob Zuma à la tête de l’ANC, se présente comme une sorte de revanche sur Thabo Mbeki, qui a été poussé à quitter son poste de chef d’Etat en cours de mandat. C’est cet éclatement de l’ANC, le parti historique de la lutte contre l’apartheid, qui devait affaiblir le rôle de leadership de l’Afrique du Sud au niveau du continent.

       D’ailleurs, Thabo Mbeki, en tant que médiateur dans la crise politique au Zimbabwe, avant et après son départ de la présidence de son pays, était tellement affaibli et soumis à des pressions, que sa médiation est resté jusqu’à ce jour, otage de l’intransigeance de Tsvangirai soutenu par l’Occident. Ce constat n’est pas exhaustif, car d’autres situations précaires prévalent dans d’autres pays de l’Afrique subsaharienne, et presque aucune entité n’est à l’abri d’une dégradation soudaine.

       En somme l’Afrique s’est retrouvée depuis des siècles dans la tourmente. Cela a commencé au moins avec le commerce triangulaire. Inutile de revenir sur cette entreprise d’horreur qui a marqué la démographie du continent. Suivie par la vague de colonialisme, l’Afrique n’a pas connu de meilleurs jours. Même l’indépendance dans l’interdépendance avec les pays anciens colonisateurs, n’a pu changer la donne. Il se trouve, aujourd’hui, que l’Afrique subsaharienne subit toute sorte de fractures, économique, sociale et notamment numérique.

       Les Objectifs du millénaire qui visent la réduction de la pauvreté à moitié en 2015, ne seront jamais atteints, en raison de la cupidité des pays riches et de leurs promesses non tenues en matière d’aide au développement. Cette conclusion a été retenue avant même le déclenchement de la crise financière mondiale. Il y a lieu donc de s’attendre au pire. L’effort de solidarité international, ne pourrait que diminuer en conséquence, et le Continent noir sombrera davantage dans le sous-développement, les guerres fratricides, la famine, les épidémies comme le SIDA, le Paludisme et le Choléra. Seules une prise de conscience, au niveau international, et la mise en œuvre d’une sorte de plan Marshall, pourraient arrimer l’Afrique noire au reste du monde, en relevant sensiblement son niveau de développement et en mettant un terme à sa marginalisation séculaire.

       Ce sera comme une sorte de mea culpa pratique de l’Occident envers l’Afrique subsaharienne. Et même s’il est peu probable qu’elle adviendra en 2009 ou en 2010, en raison de la récession économique notamment en Europe aux USA et au Japon, elle s’imposera à partir de 2011 aux dirigeants du monde comme nécessité et comme élément essentiel pour donner du crédit au nouvel ordre mondial qui se dessine et qui se veut plus équitable.
                                                       Thameur MAATOUG

Chaussures à la figure de M. Bush : Colère ou manipulation ?

En visite impromptue à Bagdad – la quatrième depuis l’invasion de l’Irak en mars 2003-, le Président Bush a été victime dimanche d’un mini attentat. Pour exprimer sa colère et celle et de ceux qui, en Irak et ailleurs, n’ont jamais pardonné à Washington son intervention armée dans ce pays, un journaliste irakien n’a pas trouvé mieux que de lancer ses paires de chaussures à la figure du Chef de l’Exécutif américain. En vain. Maître dans l’art d’esquiver, George W. Bush réussit à les éviter.

L’intention du journaliste irakien n’était pas, on le comprend, de lui faire mal ; la capacité de nuisance, dans le cas précis, étant d’ailleurs pratiquement nulle. Il voulait juste attirer l’attention de l’opinion mondiale et de l’Amérique en particulier – maintenant qu’un nouveau Président doit faire son entrée à la maison Blanche- sur la tragédie que continue de vivre l’Irak par la faute de M. Bush et l’équipe des « va-t-en-guerre » dont il s’est entourée.

Le message est-il passé ? Oui si l’on en juge par la rapidité avec laquelle l’information a fait le tour du monde et les commentaires qu’elle continuera à susciter ici et là. Non ou pas tout à fait si l’on s’en tient à l’usage qui a été fait, côté américain, de l’incident.

Les autorités irakiennes auraient voulu, paraît-il, que l’affaire soit occultée. Contrairement à l’entourage de M. Bush qui a insisté au contraire, semble-t-il là encore, pour qu’elle soit étalée au grand jour. Pourquoi ? Tout simplement pour montrer à l’opinion US et au reste du monde que les temps ont bien changé en Irak et que le droit de savoir ou d’être informé n’y est plus un tabou mais, bel et bien, une réalité papable.

Un véritable exercice, en somme, de récupération, pour ne pas dire de manipulation…

Moncef BEN AMOR

To See or not to See… That is the Question !

3C Etudes vous aide

à mieux comprendre les réalités* qui vous entourent,
à concevoir des stratégies gagnantes**,
à améliorer votre communication et à en optimiser le budget,
et à mieux impacter votre environnement.

* “nos sens nous trompent”. René Descartes. Discours de la méthode. Passage du Moyen Âge à l’époque Moderne.
** Napoléon Bonaparte consultait systématiquement 3C Etudes avant d’engager ses combats.

Etudiants étrangers en Tunisie : « On se débrouille pas mal »

On ne les croise pas seulement dans les campus. On les côtoie aussi dans le métro et les bus, on les rencontre dans les grandes surfaces commerciales, les cafés et autres lieux publics, certains d’entre-eux s’affairent même dans des Souks hebdomadaires comme celui de l’Ariana où ils proposent aux clients des articles de chez eux, notamment artisanaux.

Ils, ce sont les étudiants étrangers qui ont choisi de poursuivre leurs études supérieures en Tunisie. Combien sont-ils, ont-ils ou non des difficultés à s’intégrer dans la société tunisienne et surtout parviennent-ils à joindre les deux bouts ?

Dans l’enseignement supérieur public, leur nombre a atteint, selon des chiffres du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la recherche Scientifique et de la Technologie, les 2480 durant la saison universitaire 2007-2008, soit moins d’un pour cent de l’ensemble des effectifs (360.000). Les Maghrébins viennent en première position (36,5%), suivis des étudiants originaires des autres pays arabes (32%) et africains (25,8%). Peu nombreux, les étudiants européens ne représentent que 2,8% de la population estudiantine. Dans les institutions d’enseignement supérieur privé, le nombre d’étudiants étrangers, notamment africains, est autrement plus important. Ils représentent un peu plus du quart de l’ensemble des effectifs (6.000).

Tchadien de 22 ans, Mohamed est étudiant à l’Université Centrale privée de Tunis où il prépare un mastère en Finances. Il en est à sa troisième année. Il partage avec deux de ses amis un bel appartement de six pièces dans un quartier huppé de la capitale. Ses frais d’études sont d’environ 3.000 Euros (5.250 Dinars) par an. Pour le reste, « on se débrouille pas mal, dit-il. Parfois, on prépare nous-mêmes quelque chose, parfois on mange en ville. Dans l’ensemble, on n’a pas de problème ».

Originaire du Congo-Brazaville, Ntetani Chartelle, 23 ans, prépare à la même université un DEST (Diplôme d’Etudes Supérieures de Technologie). Elle loge avec deux de ses amies dans un appartement à 350 Dinars (200 Euros) par mois. Le sourire toujours aux lèvres, elle semble n’éprouver aucun souci concernant aussi bien l’hébergement que la nourriture ou le transport. « On fait les provisions à la fin du mois, on se partage les tâches. Cela dépend des semaines et des jours et surtout de ce que nos parents auront la gentillesse de nous envoyer de temps à autre ». Pourquoi a-t-elle choisi la Tunisie et non un pays comme la France ou la Belgique où le problème de la langue ne se poserait pas pour elle ? «Pour ce qui est des frais d’études, il n’y a pas, à proprement parler, une grande différence entre ici et là-bas, explique-t-elle. Pour le reste, on passe pratiquement du simple au double. Si une année universitaire revient ici, grossir modo, à 10 ou 12.000 Dinars, il faudra compter là-bas avec une somme nettement plus importante, sans oublier aussi les tracas du visa, de la carte de séjour, etc.». Chartelle a l’avantage de bénéficier aussi d’une bourse d’environ 200 Dinars qui lui est versée une fois tous les trois mois.

De nationalité camerounaise, Abou Bakr, 22 ans, est inscrit à la même université et où il prépare d’ailleurs le même diplôme. « Avec 100 Dinars comme loyer et un peu plus que le double pour la nourriture et les autres dépenses, je m’en sors plus ou moins, dit-il, avant d’ajouter : nous sommes encore assez jeunes, on est là pour étudier et non pour du tourisme d’hiver (une pluie fine s’abattait au même moment sur Tunis), il faut apprendre à se débrouiller ».

Hounhoun Tedipe, 20 ans, est africain lui aussi. Originaire du Bénin, il est. Inscrit à l’Université Libre de Tunis où il prépare un diplôme en génie civil. Bien qu’ils ne soient pas les mêmes pour toutes les spécialités, les frais d’études tournent, là encore, autour de 3200 Euros par an. « Le foyer, c’est plutôt pour les filles.  Je n’ai jamais aimé ça, dit-il. Je loge avec des amis. Ca me revient à 200 Dinars par mois. Pour le reste, j’ai appris à me débrouiller et de toute façon, on n’a pas le choix ».

Camerounaise, Sandrine, porte bien ses vingt printemps. En troisième année de la même spécialité et à la mêmme Université, c’est le loyer (150 par mois) qui pèse « un peu lourd » sur son budget alors qu’elle a la possibilité « la chance même » dirait l’un de ses amis, de loger, si elle le voulait, au foyer même de l’Université qui donne sur l’Avenue Kheireddibne Pacha et où une chambre double, par exemple, est à 185 Dinars (un peu plus de 100 Euros) par mois. « Je suis bien là où je suis », se contente-t-elle de répondre.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les étudiants étrangers inscrits dans les Universités privées ne sont pas tous des « fils à papa », entièrement pris en charge par leurs familles généralement aisées. Selon le secrétaire général de l’Université Libre, une majorité d’étudiants gabonais, de Cote d’ivoire et d’autres pays sont boursiers. Leurs frais d’études sont versés directement à l’Université par leurs pays qui leur accordent également des sommes mensuelles forfaitaires (400 Dinars pour les gabonais, un peu moins pour ceux de Côte d’ivoire, etc.) pour les frais d’hébergement et de nourriture.

« Correctes », « acceptables », « pas mal du tout » sont, enfin, les qualificatifs qui revenaient dans la bouche de nos interlocuteurs, qu’ils soient à l’Université Centrale ou à l’Université Libre, lorsqu’on les interrogeait sur les conditions et la qualité des études. 

Pour voir des statistiques sur la répartition des étudiants étrangers par nationalité et par cycle d’études cliquez ici.

                                                                             Moncef BEN AMOR

 

1 euro = 1,8 dinar tunisien (TND) au 11 décembre 2008

2009, année des espoirs et des défis

       2009, sera une année charnière, un tremplin pour un monde dont le remodelage est en gestation. 2009 sera l’année des grands chantiers aux plans des Relations internationales et du positionnement géopolitique et géoéconomique.

       Le 20 janvier, le 44ème président américain Barack Hussein Obama, prendra officiellement les rênes du pouvoir, pour mettre en œuvre une politique diamétralement opposée à celle de son prédécesseur Georges W. Bush. En matière de politique internationale, Obama procèderait, en ce qui concerne l’Irak, au retrait progressif des troupes US, et ce en application de l’engagement, qu’il a pris lors de sa campagne électorale, réitéré tout juste après sa large victoire dans la présidentielle américaine. Néanmoins, il veillera à garantir les intérêts de son pays dans la région, en perdurant la « main mise » des USA sur le pétrole irakien, en assurant aux firmes américaines la part du lion dans l’effort de reconstruction de l’Irak, selon une nouvelle approche qui n’exclurait pas le rétablissement des relations diplomatiques avec l’Iran, probablement après de multiples rounds de négociations bilatérales.

       Mais le défi sera plus grand et le chemin est parsemé de mines, concernant le gouffre afghan. Une solution viable dans une zone en éruption, est peu probable en 2009, surtout après les derniers attentats de Bombay en Inde, la crise politique en Thaïlande, et avec les affrontements au quotidien entre l’armée et les séparatistes tamouls au Sri Lanka ainsi que la persistance du problème cachemiri. L’Asie du Sud demeure une véritable poudrière dont la stabilité ne pourrait advenir demain avec comme points noirs, l’existence de zones grises dans le Waziristan pakistanais, à la frontière afghane, et le retour en force des Talibans en Afghanistan et notamment à Kandahar. 

       Quant au conflit israélo-palestinien, Il existe une chance réelle pour faire aboutir le processus de paix à son objectif en 2009, à savoir la création d’un Etat palestinien, cote à cote, avec l’Etat d’Israël. L’UE, et les USA, voire même l’Etat hébreu, sont plus que jamais déterminés à mettre fin à ce conflit qui mine l’avenir d’Israël, impatiente de nouer des relations normales avec les pays arabes, seule alternative pour sa survie économique à plus ou moins long terme.

       S’agissant des relations transatlantiques entre le vieux Continent et l’Amérique, elles restent incertaines mais sûrement conflictuelles, avec un Occident de plus en plus bicéphale et un monde multipolaire. Les axes stratégiques au sein de l’UE ne sont désormais plus les mêmes avec un rapprochement entre Paris et Londres au dépens du tandem historique franco-germain, initié par De Gaulles et Adenauer et resuscité par Chirac et Schroeder. Cela s’explique par la concurrence sur l’appropriation du leadership européen entre la France et l’Allemagne sans oublier le rôle de la Grande-Bretagne, devenu subitement moins atlantiste et plus européenne sous le gouvernement Brown.Cette situation conflictuelle, tant sur le plan atlantique qu’ au niveau européen sera plus aigue, en raison de la crise financière internationale et la récession qui s’installe en conséquence dans la quasi-totalité des économies occidentales. C’est une chance inouïe, notamment pour les pays émergents, dont ceux du Maghreb, en l’occurrence la Tunisie, pour améliorer leur positionnement sur l’échiquier international.

       Il ne demeure pas moins important, que les fléaux qui hantent l’humanité entière, comme le terrorisme, la piraterie maritime comme nouvelle forme de banditisme, le réchauffement climatique, la multiplication des catastrophes naturelles, Les pandémies comme le SIDA, trouveront un début de solution, avec notamment, la refonte du système monétaire international, la relance du cycle de Doha qui présage un accord imminent, et l’implication quasi-certaine des USA dans les négociations de l’après-Kyoto.

       2009, sera l’année paradoxale par excellence, morose en termes de résultats économiques, mais porteuse d’espoirs en termes de solutions à certains conflits et fléaux d’ordre politique, financier, commercial, environnemental, …                                                                                 

                                                                         Thameur MAATOUG

à mieux comprendre les vérités qui vous entourent !

Le grand gagnant - wideo
Un homme rentre chez lui et découvre sa femme avec un autre homme…

L’Amérique et les autres : qu’attendre d’Obama ?

« Il n’y a pas d’Amérique blanche et d’Amérique noire, il n’y a pas de Démocrates et de Républicains, il y a les Etats-Unis d’Amérique ».C’est, en substance,  le message que le nouveau Président américain  a martelé tout au long de sa campagne électorale. Façon de dire, en clair, que si les Américains lui faisaient confiance, il se posera en rassembleur d’une Amérique que la récession économique et surtout la guerre en Irak ont profondément divisée et qu’il travaillera avec tous ses concitoyens désireux de servir leur pays, indépendamment de leur race, de leur coloration politique ou encore de leur religion.

Les premières décisions en ce sens n’ont d’ailleurs pas tardé à venir. Elu triomphalement le 4 novembre dernier, le futur locataire de la Maison Blanche  a dévoilé les grandes lignes d’un véritable « New Deal » qui devrait permettre la création, dans les deux années à venir, d’environ 2,5 millions d’emplois. Il a également fait connaître les noms des principaux membres de sa future Administration ; une Administration dont le trait dominant, s’accorde-t-on à  dire des deux côtés de l’Atlantique, est qu’elle allie «  fermeté » et « pragmatisme ». Ces décisions ont été, selon un sondage USA Today Gallup publié mardi, favorablement accueillis par les trois quarts des Américains.

La situation économique avec, comme toile de fond, un secteur bancaire sérieusement malmené, sera sans doute au centre des préoccupations de M. Obama. Fidèle à son slogan de campagne « Yes we can », il fera tout pour conforter l’esprit d’initiative de ses concitoyens et leur redonner goût au travail. L’ancien sénateur de l’Illinois et Rédacteur en Chef de la fameuse « Law Review » de l’Université de Harvard, devrait aussi s’atteler, comme il l’a promis, à planifier avec son secrétaire à la Défense Robert Gates le retour au pays des 160.000 militaires déployés en Irak.

Il est cependant, au-delà de ces deux grands dossiers, un autre chapitre auquel le successeur de M. Bush devrait consacrer aussi autant d’énergie : c’est celui d’une Amérique qu’une bonne partie des opinions publiques et des élites politiques, à travers le monde,  ne porte plus dans son cœur. Et pour cause : une conduite extérieure sous la présidence Bush qui, sous couvert de lutte contre le terrorisme,  n’en a pas moins trahi, par certains aspects, les valeurs mêmes pour lesquelles l’Amérique, en tant que leader du « Monde libre », a toujours milité.

Conférer une bonne dose de moralité à cette conduite, c’est donc ce à quoi M. Obama, qui s’installera le 20 janvier prochain à la Maison Blanche, devrait  aussi s’employer. Et c’est à sa capacité de réconcilier l’Amérique avec elle-même et avec les autres que sera sans doute également jugé son prochain et premier mandat.

Moncef BEN AMOR  

Crise financière internationale : PIC DE FIEVRE D’UN SYSTEME PATHOLOGIQUE

       L’actuel krach financier, sans précédent, qui a précipité la banqueroute de plusieurs institutions financières (Banques et Assurances), obligeant les Banques Centrales (Fed ; BCE ; BCJ ; …), à injecter des liquidités, nous interpelle sur l’aspect pathologique du système monétaire et financier international. Cette pathologie latente, qui se manifeste cycliquement, a été d’une ampleur telle que les gouvernements réputés gardiens du libéralisme, ont dû intervenir pour renflouer leurs banques et leurs assurances, tout en esquissant des plans de sauvetage. Cette onde qui, au début, a touché la sphère monétaire et financière, s’est vite propagée à la sphère réelle menaçant l’économie mondiale de récession. 

       Des pays comme l’Islande, et des secteurs économiques comme l’Industrie automobile,   étaient parmi les premières victimes du Krach. Cette situation, qui a sonné le glas de l’ultralibéralisme, résulte d’un défaut de régulation et de lacunes dans le système ne permettant pas même au FMI de surveiller ce qui se passe au niveau de la création monétaire et au niveau des flux financiers. En effet, des produits financiers « toxiques », générés sans garanties suffisantes et basées sur la titrisation, avec le soutien complice des traders et des agences de notation, ont grippé le système.

       Le pic de fièvre attrapée révèle sans ambages les limites du système financier international et son caractère pathologique.   C’est avec un arsenal d’antibiotiques et d’antipyrétiques que les décideurs, notamment politiques, ont dû agir pour maintenir le système et l’économie en survie. Ce traitement d’urgence est nécessaire mais il ne peut être efficace à moyen et long terme. La réponse à la crise se retrouve plutôt dans la refonte du système monétaire et financier international. C’était d’ailleurs la conclusion à laquelle ont abouti les deux derniers Sommets du G7 et du G20. Ce sont de nouvelles règles qui devraient régir la création monétaire et de produits financiers. Elles confèreront aussi au FMI le statut de gendarme financier avec la capacité de prévenir et d’agir contre des spéculateurs sans scrupules rompus à la tactique de la roulette et avides comme des maîtres de Casino. 

       En attendant, cette crise comme toute autre, pénalisera des pays mais profitera à d’autres. Elle agenouillera des secteurs et propulsera d’autres. En clair ce chaos accouchera d’un nouveau monde, avec de nouvelles règles et une nouvelle configuration géoéconomique. Le déplacement du centre de gravité vers l’Est devrait s’accélérer. Quant aux pays du Sud, du moins certains (dont la Tunisie), ils pourraient en tirer profit. C’est en faisant prévaloir leurs avantages comparatifs en termes de coûts de production que les pays émergents gagneraient en attirant des opérateurs économiques américains, européens et asiatiques en quête de délocalisation. Ce critère de compétitivité avantageuse amènera des Multinationales, des Holdings et des PME du Nord à se redéployer.

       Il est grand temps pour nos banques de prendre l’initiative et faire preuve d’agressivité économique et commerciale en montant des actions de Marketing pour attirer ces entreprises du Nord en mal de peau chez eux. Des organismes d’appui (comme la FIPA, le CEPEX et l’UTICA), devraient prendre part. Le tissu bancaire tunisien, qui présente des surliquidités, devrait, entre autres, proposer des services pour ces nouveaux opérateurs conformes aux standards internationaux. L’arrimage avantageux de notre pays à l’économie mondialisée, en dépendra. 

Par ailleurs, et du côté des théoriciens, nous espérons que les monétaristes soient à l’avenir mieux conscients de leurs responsabilités, en prévenant les politiques sur les dangers de tout dérapage au sein de la sphère monétaire et financière. Ces monétaristes savent mieux que quiconque qu’un placement de cinq (05) grammes d’or, à un taux de 10 %, à la naissance de Jésus Christ, générerait mathématiquement une boule d’or plus grosse que notre planète « Terre ».                                                         

Thameur  MAATOUG