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Archive pour 3.1.2009

Rupture de câbles sous-marins de télécommunication

Trois câbles sous-marins de télécommunication reliant l’Europe à l’Asie et au Proche Orient se sont rompus dans la matinée du 19 décembre dernier. Il s’agit des câbles Sea Me We 4, Sea Me We 3 et Flag. Les liaisons avec la Tunisie et l’Algérie n’ont pas été affectées mais celles avec la Jordanie, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, Taiwan et l’Inde ont été interrompues avec plus ou moins d’intensité.

Les coupures se situaient en Méditerranée entre la Sicile et la Tunisie et le trafic “B to B” entre l’Europe et l’Asie a été rerouté pour l’essentiel via les Etats-Unis.

Un navire câblier de France Télécom Marine a été dépêché sur les lieux dans l’espoir de tout réparer avant la fin de l’année. Cependant, le 25 décembre, une autre coupure s’est produite sur le câble Sea Me We 4 à environ 3000 mètres de profondeur près d’Alexandrie apparemment provoquée par des glissements de terrain. France Télécom table désormais sur le 5 janvier pour sa réparation et ne donne pas de date précise pour Sea Me We 3.

Par ailleurs la Tunisie a consacré une enveloppe de 5 millions de dinars (2,7 millions d’euros) pour la protection des câbles sous-marins contre d’éventuels accidents et prévoit la mobilisation de 16 millions de dinars (8,7 M€) en 2009.

Un nouveau câble sous-marin (Hannibal 1), d’une capacité de 30 gigabits par seconde, sera installé prochainement moyennant un investissement de l’ordre de 13 millions de dinars (7 M€), ce qui permettra de garantir une meilleure connexion de la Tunisie aux réseaux internationaux des télécommunications et d’atténuer l’impact des accidents de rupture des câbles.

Sources : Econostrum, l’Expansion et Audinet Tunisie

Tunisie : un phénomène de société nommé célibat

Etudes, statistiques et enquêtes d’opinion le confirment : l’âge du mariage est en net recul en Tunisie. A en croire les spécialistes, le célibat est devenu même un véritable phénomène de société.

A quoi cela est dû ? Les raisons qu’on invoque généralement sont multiples. Elles vont de la durée de plus en plus longue des études (surtout pour les filles) au regard que porte la société sur la fille célibataire et la femmes divorcée en général, en passant par la difficulté de trouver un emploi ou d’acquérir un logement, le coût relativement élevé du mariage, la tendance de plus affirmée chez certains jeunes, surtout parmi les catégories aisées, à préserver leur indépendance et leur liberté et l’« occidentalisation » des mœurs. Face à l’ampleur du phénomène, qui se traduit par une baisse de la fécondité (celle-ci étant actuellement de 2,02 enfants par femmes alors que le norme nécessaire pour un renouvellement des générations est de 2,1 enfants par femme), certains, sociologues et autres, en arrivent même à tirer la sonnette d’alarme : si cela continue, la configuration démographique du pays pourrait, préviennent-ils, changer considérablement dans les années à venir avec, comme toile de fond, un vieillissement de la population. Tendance qui, conjuguée à l’amélioration de l’espérance de vie (75 ans pour les hommes et 73 ans pour les femmes) pourrait, bien évidemment, accroître davantage la pression sur les caisses de sécurité sociale.

Autre conséquence du recul de l’âge du mariage : un accroissement du nombre des relations sexuelles hors mariage ; relations qui ne sont pas sans risques en ce sens qu’il est encore difficile, vus les pesanteurs sociaux, d’inculquer aux jeunes une véritable éducation sexuelle. Rendus publics en septembre 2002, les résultats d’une enquête réalisée par l’Office National de la Famille et de la Population (ONFP) sont assez significatifs. 84% des filles et 89% des garçons interrogés « avouent avoir entendu dire que la pratique des rapports sexuels est dangereuse à cause des maladies qui pourraient leur être transmises ». De même et à part le Sida, les autres maladies sexuelles ne sont pas toutes connues dans la mesure où « 64% des jeunes garçons ne connaissent pas la syphilis, contre 71% des jeunes filles ».

De 2001 à 2006, le taux de célibat chez les filles âgées de 20 à 24 ans est passé, selon une étude de l’ONFP, de 85,3% à 88,4%. Pour la tranche d’âge des 30 à 34 ans, ce taux a plus que doublé durant la même période, passant de 17,7% à 37,5%. Pour les hommes, les taux de célibat sont respectivement de 85% pour la tranche d’âge comprise entre 25 et 29 ans et de 50% pour celle de 30 à 34 ans. Autre donnée non moins révélatrice : plusieurs études menées par l’Office confirment que les « non mariés » sont désormais majoritaires en Tunisie.
Dans l’ordre, les raisons du recul de l’âge du mariage sont, toujours selon des données de l’Office, le coût du mariage (34%), le chômage (22%) et la difficulté de trouver un logement (22%).

Employé dans un centre de télécommunications, Hamdi Maghdouli, 32 ans, est célibataire et fier de l’être. « Se décider à se marier, c’est bien, dit-il. Encore faut-il assurer au couple un minimum de sécurité. Or, ce n’est toujours pas le cas. Autre chose : votre futur partenaire se montre très compréhensif au départ puis il se fait de plus en plus exigeant. Parfois, il devient même méconnaissable. Il ne faut pas oublier aussi les parents qui, sans le vouloir ou sans le savoir, vous mettent parfois les bâtons dans les roues avec des formules genre « on se marie une fois », « c’est la fête de la vie » et je ne sais quoi d’autre, alors que ça ne coûte vraiment pas grande chose de fêter ça dans une commune ».

Pour Leila S., diplômée en télécommunications et qui a réussi à s’arracher un boulot, c’est l’aspect matériel qui « compte le plus ». « Fonder un foyer, pense-t-elle, n’est pas chose facile. Cela revient à entretenir des gosses, à payer un loyer, à subvenir à des dépenses quotidiennes de nourriture, etc. Les études deviennent, elles aussi, de plus en plus longues, filles et garçons voulant aller jusqu’au bout. La société ayant énormément changé, de plus en plus de jeunes préfèrent aussi préserver leur indépendance et leur liberté et ne pensent même pas au mariage. Autre aspect du problème : aussi bien la fille que le jeune homme ont souvent du mal à tomber sur le partenaire qui convient. De nos jours, beaucoup de jeunes sont victimes, disons-le franchement, de leur trop grande liberté ».

Ayant réussi à décrocher un emploi dans un centre privé, Aïcha est titulaire d’une maîtrise en Finances et d’un Mastère. Pour elle, c’est « l’aspect matériel » qui prime en ce sens que « tout devient relativement cher, à commencer par le coût du mariage ». « La jeune fille, explique-t-elle, pense tout d’abord à ses études et à trouver un emploi. C’est ce qui l’intéresse en premier lieu. L’idée de se marier ne vient qu’après. Il est également difficile de tomber sur la personne qui convient et cela est valable aussi bien pour la fille que pour le jeune homme. Certaines de nos valeurs sont en recul. La société a beaucoup changé et pas forcément dans le bon sens. Et puis, le mariage, c’est aussi une question de Maktoub ».

Titulaire d’une Maîtrise en administration économique et sociale, Azza L., 40 ans, semble bien s’accommoder de son célibat. « Le mariage est un grand projet, c’est un énorme investissement, dit-elle avec conviction. A supporter qu’ils travaillent tous les deux, c’est-à-dire l’épouse et son conjoint, ils n’arriveront pas à joindre les deux bouts. Pourquoi ? Ce n’est pas seulement une question de coût de la vie. C’est aussi une sorte de phénomène de société en ce sens que plus on gagne de l’argent et plus nos dépenses augmentent et notre volonté d’accéder à un échelon social supérieur devient évidente. Ce qui relevait autrefois du luxe comme la voiture ou le téléphone est devenu, de nos jours, une nécessité. Autre détail : quelle que soit l’évolution des temps, il y a toujours, à mon avis, et là je pense à notre référentiel culturel et identitaire, un minimum à préserver. »  

                                                                      Moncef BEN AMOR

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