Commerce extérieur : une bonne bouffée d’oxygène

• Le dumping et le commerce parallèle en point de mire

Une année s’achève, une autre commence. La fièvre est certes retombée mais la crise est toujours là qui menace des pans entiers de l’économie mondiale.
Pour en atténuer l’impact, le gouvernement tunisien a arrêté le 23 décembre dernier un ensemble de mesures de soutien aux entreprises partiellement ou totalement exportatrices, dont notamment celles opérant dans les secteurs de la production mécanique et électrique et du Textile habillement, qui ont commencé à pâtir d’une baisse de la demande sur les marchés extérieurs. Depuis, trois ministres, en l’occurrence ceux du Développement et de la Coopération Internationale, des Finances et du Commerce et de l’Artisanat, se sont relayés sur la chaîne publique « Canal 7 », à une heure de grande audience, pour expliciter ces mesures et inciter les opérateurs économiques à faire preuve d’imagination et de sens de l’initiative pour surmonter leurs difficultés.
Dernier à intervenir dans ce sens, le ministre du Commerce et de l’Artisanat, M. Ridha Touiti, a souligné lundi soir, 5 janvier, que l’impact de la crise reste relativement faible en ce sens que malgré une baisse de la demande sur les marchés extérieurs dans des secteurs comme celui de l’automobile, les exportations de produits mécaniques et électriques ont enregistré en 2008 une augmentation de l’ordre de 20%. En matière de textile habillement, le niveau des exportations s’est maintenu, quant à lui, à celui de 2007.
La bonne tenue du commerce extérieur, en dépit du haut degré d’ouverture de l’économie tunisienne sur l’extérieur, s’explique, selon lui, tout autant par la large gamme de produits exportables –notamment agricoles et industriels- que par la diversité des marchés sur lesquels sont écoulés ces produits. Le pays compte près de 6500 entreprises partiellement ou totalement exportatrices qui garantissent, au-delà de leur aspect purement économique, 250.000 emplois, a-t-il aussi indiqué, comme pour mieux souligner la portée, sociale celle-là, de ces mesures.
Le ministre a d’autre part annoncé un renforcement des moyens financiers et humains du Foprodex et du Famex, deux mécanismes de conseil et de soutien aux entreprises exportatrices, et la création dans le port de Radès – le plus important du pays- d’une zone logistique d’une cinquantaine d’hectares. Les délais d’expédition et de levée des marchandises dans les ports seront davantage réduits, ainsi d’ailleurs que les formalités administratives. Selon des données fournies par le ministre, les délais d’attente pour la levée des marchandises et d’accomplissement des formalités douanières sont actuellement respectivement de six et un jour.
M. Touiti a par ailleurs indiqué que l’adhésion de la Tunisie à l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ou encore à des zones de libre échange avec l’Union Européenne et de pays maghrébins voisins comme l’Algérie et la Libye, n’interdit pas de sévir contre toutes les forces de dumping et que la poursuite, voire l’accélération du programme de mise à niveau du commerce intérieur est le meilleur moyen de lutter contre le commerce parallèle qui est aussi, a-t-il souligné au passage, l’affaire du consommateur lui-même.
Moncef BEN AMOR

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