Infos

Vous parcourez actuellement les archives du blog Institut 3C ETUDES pour le jour suivant : 8.1.2009.

janvier 2009
L Ma Me J V S D
« déc   fév »
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  

Archive pour 8.1.2009

Football : l’Eldorado tunisien !

Il fut un temps où le football tunisien avait perdu de son attrait. Certaines rencontres, pour ne pas dire toutes, se déroulaient même devant des gradins pratiquement vides.
Ces dernières années, la tendance s’est fort heureusement inversée et, à l’exception des stades d’El Menzah et de Radès, il est désormais rare que le déplacement de l’un des grands clubs ne s’accompagne d’un problème de vente de billets ou de supporters désabusés, faute de places dans les stades. Le ballon rond a vite retrouvé ses titres de noblesse et ce n’est pas un hasard, dès lors, que le championnat tunisien figure en tête d’un classement pour le Monde arabe et l’Afrique. Classement  qu’explique, à priori, la domination de plus en plus nette qu’exercent les clubs tunisiens dans les compétitions africaines (coupes de la Ligue des Champions et de la CAF et super coupe).
La qualité du jeu et la course aux titres - une course dont il n’a failli rester que le nom - font que des foules entières se pressent désormais le dimanche et d’autres jours de la semaine aux portes des stades. Mais il est aussi, à notre avis, deux autres phénomènes qui ont changé carrément la donne. Il s’agit, en premier lieu, de la retransmission en directe par les chaînes satellitaires (Canal 7 et Tunisie 21 pour les matchs de championnat et Hannibal TV pour ceux de la coupe) des rencontres têtes d’affiche de la semaine. En plus de nos compatriotes établis à l‘étranger, ce sont, au fait, des millions de personnes en Europe et ailleurs, parmi lesquelles des gens liés au sport et plus précisément au football, qui ont ainsi la possibilité de voir évoluer de jeunes professionnels, aussi bien tunisiens qu’étrangers et notamment africains.
Second phénomène et non des moindres : la présence de plus en plus affirmée sur les gradins, parmi le public sportif, de recruteurs étrangers venus spécialement pour superviser tel ou tel autre joueur.
Conscients de cet état de fait, les joueurs n’ont plus droit à l’erreur et encore moins au laisser – aller. Ils font désormais tout pour s’attirer les regards, dans l’espoir de décrocher un contrat dans un grand club étranger. Même chose pour nombre de jeunes talents africains, qu’ils soient au Mali, au Togo ou ailleurs. Ils savent que la Tunisie est désormais un passage obligé s’ils veulent s’assurer une belle carrière en Europe ou dans un pays du Golfe. Ils sont d’autant plus tentés par l’ « Eldorado » tunisien que certains de leurs compatriotes y sont déjà et que les conditions dans lesquelles ils évoluent sont loin d’être mauvaises. Dans la première ligue du championnat, les jeunes africains recrutés par les quatre grands clubs – CA, EST, ESS et CSS- touchent en effet, en moyenne, croyons-nous savoir, de quatre à six mille dollars US par mois, sans compter les primes de matchs et de rendement. Dans les clubs de moindre dimension, le salaire mensuel varie de mille à deux mille dollars. Le nigérian Michael Eneramo, qui évolue à l’Espérance Sportive de Tunis et qui est apparemment le mieux payé d’entre eux, toucherait dans les huit mille dollars par mois.
Si l’on sait qu’une ancienne star du Club Sportif Sfaxien d’origine africaine vient d’être cédée à un club qatari pour près de quatre millions et demi de Dinars tunisiens, on imagine aisément que le « marché africain » pourrait constituer, à terme, une aubaine pour les clubs tunisiens.
Moncef BEN AMOR

Méditerranée-Environnement : Quel mode de vie pour la rive Sud ?

Trois décennies nous séparent de l’avènement, à l’horizon 2040, d’une économie post-pétrole. Notre planète et notamment notre région méditerranéenne sont confrontées, sur fond de changement climatique, à des défis d’ordre démographique, écologique, social, … C’est le thème principal de l’intervention de M. Farid Yaker, Administrateur au Programme des Nations Unies pour l’Environnement ( PNUE ), lors du colloque organisé par le Groupe SDI, le 16 décembre à Tunis.
Au cours de sa conférence, intitulée « Consommation et Production Durables dans l’aire méditerranéenne : Défis et Réponses institutionnelles », le représentant de cette agence spécialisée de l’ONU, a décrit l’état des lieux -statistiques à l’appui- de notre planète, mais surtout de la région méditerranéenne, ainsi que des prospectives, tout en attirant l’attention des participants sur la gravité des problèmes et l’acuité des défis. D’abords il a insisté sur le boom démographique qui est entrain de s’opérer, indiquant que la population mondiale passera de 6,5 milliards d’habitants (chiffre de 2005) à 9 milliards en 2050. Une augmentation de près de 50% soit 3 milliards d’individus en cinquante ans. Cela augmentera la pression sur les ressources naturelles du fait de l’accélération du développement.
D’ailleurs, la situation actuelle est déjà catastrophique avec 1,2 milliard d’êtres humains qui vivent avec moins d’un dollar par jour, un milliard de personnes sans eau potable, deux milliards non raccordés à un réseau d’assainissement et 2,5 milliards sans électricité. Les déséquilibres paraissent encore plus évidents quand on sait que 20% de la population mondiale vivant dans les pays riches s’accaparent 87% des richesses du globe.
Quant au pourtour méditerranéen, le taux d’urbanisation moyen, qui est de 64.3%, passera à 72.4% en 2025. Cette accélération de l’urbanisation dans les agglomérations de la rive Sud de la Méditerranée, dopera davantage la demande en logements et les besoins en infrastructures urbaines, amplifiera l’étalement périphérique en dépit des terres agricoles, qui disparaissent et sont touchées par la salinisation. 80% de la rive Sud constitue des zones arides touchées par la désertification dont les conséquences sont de plus en plus accentuées sous l’effet et impact du changement climatique.
La raréfaction des ressources en eau et leur dégradation, la prolifération de la pollution, avec notamment l’augmentation rapide des déchets, influencent négativement la santé et le cadre de vie. Le littoral et la mer subissent eux aussi ces bouleversements au niveau de l’érosion, de l’artificialisation des côtes, et de la diminution des ressources halieutiques.
La vulnérabilité de cette région se mesure également en fonction de la multiplication des catastrophes naturelles (séismes – incendies – coulées de boue – sécheresses -…), ainsi qu’avec le recul de la biodiversité où des milliers d’espèces sont menacées.
En termes chiffrés, la pression environnementale au cours des vingt prochaines années sur les régions côtières en Méditerranée s’accentuera, du fait du tourisme avec 137 millions de visiteurs supplémentaires, du fait du dédoublement du volume des transports, et du fait des 33 millions de demandeurs de logements supplémentaires.
Pour éviter les risques que court la région, représentant un coût de 3 à 5% du PIB, la Méditerranée devrait renoncer aux modes de production et de consommation peu soucieux de la préservation de l’environnement, dans le but de garder ses atouts basés principalement sur l’agriculture et le tourisme. Même si actuellement la France, l’Espagne, l’Italie et la Grèce, représentent 90% de la production des déchets et 70% des émissions de gaz à effet de serre (GES), il n’en demeure pas moins que le Sud de la Méditerranée, connaîtra un doublement de la consommation électrique et un triplement de la production des déchets à l’horizon 2005.
Ce constat a amené les décideurs au niveau multilatéral, régional et national à mettre au point des plans pour accélérer le passage à des modes de production et de consommation durables afin d’éviter l’aggravation de la pauvreté et les déséquilibres sociaux. C’est dans ce contexte qu’est né le « Processus de Marrakesh ». Ce cadre vise le découplage de la croissance économique et la dégradation de l’environnement en favorisant de nouveaux modes de consommation et de production respectueux du biotope et de la biocénose. Parmi les secteurs prépondérants dans cette approche, celui de l’énergie avec notamment l’encouragement de la production de l’électricité à partir des sources renouvelables. Nous en reviendrons dans un prochain article hors le cadre de cette conférence sur l’avenir des centrales photovoltaïques.
Thameur MAATOUG

|