Football : l’Eldorado tunisien !

Il fut un temps où le football tunisien avait perdu de son attrait. Certaines rencontres, pour ne pas dire toutes, se déroulaient même devant des gradins pratiquement vides.
Ces dernières années, la tendance s’est fort heureusement inversée et, à l’exception des stades d’El Menzah et de Radès, il est désormais rare que le déplacement de l’un des grands clubs ne s’accompagne d’un problème de vente de billets ou de supporters désabusés, faute de places dans les stades. Le ballon rond a vite retrouvé ses titres de noblesse et ce n’est pas un hasard, dès lors, que le championnat tunisien figure en tête d’un classement pour le Monde arabe et l’Afrique. Classement  qu’explique, à priori, la domination de plus en plus nette qu’exercent les clubs tunisiens dans les compétitions africaines (coupes de la Ligue des Champions et de la CAF et super coupe).
La qualité du jeu et la course aux titres – une course dont il n’a failli rester que le nom – font que des foules entières se pressent désormais le dimanche et d’autres jours de la semaine aux portes des stades. Mais il est aussi, à notre avis, deux autres phénomènes qui ont changé carrément la donne. Il s’agit, en premier lieu, de la retransmission en directe par les chaînes satellitaires (Canal 7 et Tunisie 21 pour les matchs de championnat et Hannibal TV pour ceux de la coupe) des rencontres têtes d’affiche de la semaine. En plus de nos compatriotes établis à l‘étranger, ce sont, au fait, des millions de personnes en Europe et ailleurs, parmi lesquelles des gens liés au sport et plus précisément au football, qui ont ainsi la possibilité de voir évoluer de jeunes professionnels, aussi bien tunisiens qu’étrangers et notamment africains.
Second phénomène et non des moindres : la présence de plus en plus affirmée sur les gradins, parmi le public sportif, de recruteurs étrangers venus spécialement pour superviser tel ou tel autre joueur.
Conscients de cet état de fait, les joueurs n’ont plus droit à l’erreur et encore moins au laisser – aller. Ils font désormais tout pour s’attirer les regards, dans l’espoir de décrocher un contrat dans un grand club étranger. Même chose pour nombre de jeunes talents africains, qu’ils soient au Mali, au Togo ou ailleurs. Ils savent que la Tunisie est désormais un passage obligé s’ils veulent s’assurer une belle carrière en Europe ou dans un pays du Golfe. Ils sont d’autant plus tentés par l’ « Eldorado » tunisien que certains de leurs compatriotes y sont déjà et que les conditions dans lesquelles ils évoluent sont loin d’être mauvaises. Dans la première ligue du championnat, les jeunes africains recrutés par les quatre grands clubs – CA, EST, ESS et CSS- touchent en effet, en moyenne, croyons-nous savoir, de quatre à six mille dollars US par mois, sans compter les primes de matchs et de rendement. Dans les clubs de moindre dimension, le salaire mensuel varie de mille à deux mille dollars. Le nigérian Michael Eneramo, qui évolue à l’Espérance Sportive de Tunis et qui est apparemment le mieux payé d’entre eux, toucherait dans les huit mille dollars par mois.
Si l’on sait qu’une ancienne star du Club Sportif Sfaxien d’origine africaine vient d’être cédée à un club qatari pour près de quatre millions et demi de Dinars tunisiens, on imagine aisément que le « marché africain » pourrait constituer, à terme, une aubaine pour les clubs tunisiens.
Moncef BEN AMOR

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