L’incroyable exception tunisienne !

Les marchés boursiers mondiaux ont connu une année catastrophique avec des pertes dépassant pour la plupart 40%. Aucun continent n’étant épargné par cet effondrement, sur la base de chiffres publiés par l’AFP en date du 31 décembre 2008*. Si la palme de la plus forte baisse revient à Reykjavik, dont l’indice OMX des quinze principales valeurs a perdu 94,4%, sur l’ensemble de l’année, en raison de la tourmente financière qui a secoué l’Islande. Il se trouve que Tunis (dont l’indice TUNINDEX), est l’unique place boursière ayant enregistré un résultat positif soit une hausse de +10,7%.
En effet, le tableau publié par l’AFP recense 57 places boursières réparties sur le continent européen(21), l’Amérique du Nord (05), l’Amérique du Sud (06), des régions du Moyen-Orient et de l’Afrique (11) et enfin l’Asie (14).
En Europe, la plus forte baisse a été enregistrée à Bucarest (indice BET) avec une perte de -70,5%, suivi respectivement de Moscou (indice Micex) avec une perte de -67,2% et de Dublin (IOI) avec une perte de -66,2%. La moyenne des pertes se situant à environ 50% pour les places boursières de Francfort, Londres, Paris, Zurich, Milan, Madrid, Amsterdam, Stockholm, Lisbonne, Bruxelles, Copenhague, Helsinki, Olso, Vienne, Athènes, Budapest et Istanbul (Histogramme I).
taux de pertes des bourses en Europe

Histogramme I : Taux de pertes des principales bourses en Europe

En Amérique du Nord, Le Nasdaq à New York a enregistré la plus forte baisse annuelle, soit -41,5% (Histogramme II).

taux de pertes des bourses en Amérique du Nord
Histogramme II : Taux de pertes des principales bourses en Amérique du Nord

Quand à l’Amérique du Sud, la place de Lima au Pérou a dévancé – avec une perte de -59,9% – respectivement Buenos Aires, Sao Paulo, Bogota, Santiago et Caracas (Histogramme III).

taux de pertes des bourses en Amérique du Sud
Histogramme III : Taux de pertes des principales bourses en Amérique du Sud

 Pour l’Asie, la palme des pertes revient au Vietnam, avec untaux de 65,9%, suivi de Shanghai, qui a enregistré un taux négatif de 65,4% (Histogramme IV).
taux de pertes des bourses en Asie

Histogramme IV : Taux de pertes des principales bourses en Asie

Alors que dans les régions d’Afrique et du Moyen-Orient, c’est l’Etat de Dubaï qui a été le plus touché avec une perte d’un taux de -72,4%. Cependant, sur l’ensemble des places boursières ici rapportées, seule la Bourse de Tunis dont l’indice est le TUNINDEX, a enregistré un gain de +10,7% (Histogramme V).
taux de pertes des bourses en Moyen Orient/Afrique

Histogramme V : Taux de pertes des principales bourses en Moyen-Orient/Afrique

Cette exception au niveau de la performance boursière, ne relève pas d’une situation économique autarcique, mais au contraire de politique d’ouverture sur le monde et notamment sur l’Europe, principal fournisseur et client de la Tunisie. D’ailleurs, elle a été le premier pays à avoir signé un Accord d’association avec l’UE en 1995, outre son statut de membre dans l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) à partir du 29 mars 1995. Plus encore, la Tunisie a été, au cours de son histoire trois fois millénaire, un pays de brassage ethnique et culturel. Son apport civilisationnel à l’époque de Carthage, à l’époque de l’Africa sous l’empire romain, et avec la pénétration de l’Islam depuis Kairouan, a marqué l’histoire politique, économique, scientifique et culturelle de la Méditerranée.
Cette performance exceptionnelle réalisée par la Tunisie, dans un contexte de crise financière et économique internationale, dénote d’une certaine sagesse qui a pu prémunir notre pays des produits financiers toxiques, d’une part, et prouve que notre tissu entrepreneurial, a maintenu ses réflexes orthodoxes, en restant loin de toute tentation spéculative.
Cette incroyable exception tunisienne, est porteuse d’avenir aussi bien pou la Tunisie que pour l’Europe, et mérite une meilleure mobilisation de moyens notamment financiers tant au niveau miltilatéral, en l’occurence dans le cadre euroméditerranéen, qu’au niveau bilatéral en référence à l’Accord d’association UE-Tunisie.
D’ailleurs, l’annonce récente concernant la signature d’accord entre le Chef de la délégation de l’UE à Tunis, son Excellence M. Adrianus Koetsenruijter et le ministre tunisien du Développement et de la Coopération Internationale, portant sur les subventions d’un montant global de 106 millions d’euros, à titre d’appui pour les secteurs économiques dits stratégiques, est une initiative louable, mais qui ganerait à être renforcée davantage. Le potentiel de la Tunisie et ses performances devraient, de ce fait, être reconsidérées à leur juste titre, car toute étroitesse de vue dans la mobilisation de ressources budgétaires européennes au bénéfice de la Tunisie, représente et représentera un manque à l’économie tunisienne et des services permettant à de nombreux acteurs européens de demeurer compétitifs, de mieux résister à la concurrence internationale et d’accroitre leurs parts de marché. Et on ne peut en dire autant de tout le monde. Pour s’en apercevoir, il suffit de comparer les performances tunisiennes par rapport aux résultats médiocres de la Bulgarie, un nouveau membre de l’UE, qualifié d’ailleurs, de cas désespéré malgré les sommes colossales mobilisées à son égard. A bon entendant!
Thameur MAATOUG

* Tableau des taux de pertes des principales bourses mondiales  (Source : AFP)

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