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Archive pour 20.1.2009

Tourisme : comment reconquérir le marché allemand ?

La dernière décennie aura été marquée par une succession d’évènements aussi douloureux les uns que les autres et le secteur qui en a le plus souffert est incontestablement le tourisme. La guerre en ex-yougoslave, les attentats du 11 septembre, l’intervention US en Irak, la montée spectaculaire des prix pétroliers et la crise financière qui s’est mue en récession économique ont affecté, à des degrés divers, toutes les destinations touristiques, surtout dans le pourtour méditerranéen. La Tunisie n’a pas été épargnée et c’est le net recul du marché allemand, qui a chuté de moitié, qui inquiète le plus .D’un peu plus d’un million en 2000, le nombre de touristes allemands est en effet tombé à 514000 en 2008. Un chiffre qui sonne d’autant plus mal que la moyenne des nuitées que passent les touristes allemands dans les hôtels tunisiens est la plus forte (12 contre 6 à 8 pour les autres touristes européens).

On a beau évoquer la difficulté du contexte mondial pour expliquer cet état de fait mais est-ce la seule ? N’y a-t-il pas d’autres raisons ? C’est la question à laquelle on a essayé de répondre samedi, 17 janviers, à l’occasion de la seconde rencontre tuniso-allemande sur le tourisme organisée par la Chambre tuniso-allemande d’Industrie et du Commerce, en collaboration avec l’Office National du Tourisme Tunisien. Rencontre à laquelle de nombreux représentants du secteur, aussi bien Tunisiens qu’Allemands, étaient présents.

Un quartet” d’atouts

Pour le ministre tunisien du Tourisme, M. Khelil Lajimi, qui intervenait lors de cette rencontre, un plan de reconquête du marché allemand a été concocté par son Département , suit à une mission, début 2008, d’audit et de prospection en Allemagne. Les réservations pour l’été 2009 connaissent, a-t-il dit, un retard inhabituel et si la crise devait perdurer, ce sont les segments famille et tourisme d’affaires qui en pâtiraient le plus. Compte tenu de la nouvelle configuration démographique en Europe, avec une nette tendance au vieillissement de la population, ce sont aussi, selon lui, les seniors qui s’imposeront dans un avenir très proche parmi les principaux acteurs de la croissance touristique

Pour l’ambassadeur d’Allemagne à Tunis, son Excellence Dr.Horst-Wolfram keril, l’infrastructure touristique est là, elle n’est pas à créer. Ce qui manque, ce sont tout simplement des petites retouches. Il faut penser aussi à diversifier l’offre et à améliorer la qualité des services. Il y a un «quartet» d’atouts qu’il faut absolument valoriser, à savoir la mer, le Sahara, la culture et le sport. Il est nécessaire aussi, pense-t-il, de prendre soin de l’environnement, l’écologie étant devenue l’une des composantes du tourisme moderne.

Une discussion s’est ensuite engagée entre opérateurs tunisiens et allemands. A les entendre, beaucoup reste à faire si la Tunisie veut attirer un nombre grandissant de touristes allemands.

La reconquête des ce marché passe, aux dires des représentants allemands, par une action dans trois directions, à commencer par l’image de la Tunisie dans laquelle, a dit l’un d’eux, «il faut investir beaucoup». C’est une image fragmentaire, un peu vague alors qu’il s’agit avant tout d’une question de visibilité. Cette image rime généralement avec soleil et plage. Le touriste allemand sait aussi que les Tunisiens sont chaleureux, accueillants et hospitaliers. Il ne sait cependant pas grande chose de son patrimoine culturel pourtant millénaire. Il ne sait pas non plus, à titre d’exemple, que c’est au Sahara tunisien qu’ont été tournés de grands films comme «La guerre des étoiles» ou «le patient anglais». Ce qu’il faut, a-t-il ajouté, c’est une image complète et non des affiches ou des catalogues distincts, l’un sur le tourisme saharien, l’autre sur le golf, le troisième sir la thalasso, etc. le touriste allemand, a fait valoir un autre intervenant, «a besoin de connaître ce qu’il y a à cinq cents mètres de l’hôtel, ce qui se passe dans l’arrière pays, etc. ». Cela est d’autant plus nécessaire, a-t-il expliqué avec force de conviction i, qu’ « à leur retour, de nombreux touristes se disent émerveillés par ce qu’ils ont pu voir sur place et dont ils n’avaient pas idée auparavant ».

Cibler d’autres catégories

L’effort à faire sur ce plan-là renvoie d’ailleurs à une autre action non moins importante, à avoir la publicité ou plus exactement ce qu’il y a lieu de faire, en termes de marketing, pour promouvoir la destination Tunisie «Ce que l’on voit de temps à autre dans les magazines allemands, a souligné un intervenant, n’est pas tout à fait productif. C’est d’ailleurs presque pareil pour toutes les destinations. Ce qu’il faudrait, à mon sens, c’est d’opter pour quelque chose de plus vivant comme des reportages TV sur la Tunisie. Et pour cela, il faudrait penser à multiplier les visites non seulement de journalistes mais aussi de représentants de TO, d’agences de voyages, etc. Le contact direct et les relations personnelles comptent beaucoup et je ne vois pas, a-t-il encore souligné, comment un tour-opérateur allemand, par exemple, pourrait faire de son mieux pour encourager la destination Tunisie s’il n’est pas lui-même motivé».

Troisième action, enfin : cibler d’autres catégories de la clientèle allemande et ne pas se contenter de celle des revenus moyens, mieux adapter l’offre à la demande et s’inspirer, si nécessaire, des expériences d’autres destinations comme l’Egypte ou la Turquie qui ont réussi à arracher de nouvelles parts du marché allemand.

Leurs interlocuteurs tunisiens ont répondu par une sorte de «oui, mais» Ce qu’il faut, a résumé l’un d’eux, c’est «un véritable partenariat qui tient compte des exigences et des contraintes des uns et des autres» et non une «continuelle pression» sur les hôteliers tunisiens pour les amener à réduire davantage leurs tarifs, sachant qu’avec 53 euros la nuitée, vol compris, la destination Tunisie est déjà la moins chère de la zone Méditerranée
Moncef BEN AMOR.

 

Airbus ouvre le bal


Avant même le déclenchement de la crise financière, le secteur de l’aéronautique pâtit sous l’effet de la flambée du prix du pétrole qui s’était rapproché du seuil des 150 dollars. Si des compagnies aériennes avaient tout simplement déposé bilan et que d’autres avaient réduit leurs activités en annulant des vols, il se trouve que des fabricants d’avions avaient pris au sérieux l’appréciation du prix du pétrole, et ont envisagé déjà des remèdes pour leur survie. Airbus qui avait annoncé la délocalisation de certaines de ses activités et avait choisi la Tunisie pour ce redéploiement, vient de confirmer la construction d’une usine « low cost » à Tunis. En effet, la nouvelle filiale d’EADS, Aerolia qui regroupe depuis le début de cette année les anciennes usines Airbus de Méaulte et de Saint-Nazaire ville (Loire-Atlantique) ainsi que les bureaux d’études de Toulouse, ouvrira cette année ce projet, avait déclaré son nouveau Président, Christian Cornille, lors d’une conférence de presse à Saint-Nazaire, le 13 janvier. Défendant cet acte d’investissement hors Hexagone, le patron d’Aerolia avait affirmé que l’objectif est de créer un système industriel complet, dans lequel tous les sites sont complémentaires et non concurrents les uns des autres : « C’est d’ailleurs pourquoi nous avons créé une filiale en Tunisie, et non pas fait appel à la sous-traitance.».
La filiale tunisienne emploiera 700 salariés à l’horizon 2014, a dit Christian Cornille. Elle sera spécialisée dans la fabrication de petits sous-ensembles aéronautiques.

Par ailleurs, Aerolia qui dépend actuellement à 98% de l’avionneur Airbus, tentera de diversifier son portefeuille clients en direction de Boeing, Bombardier et Dassault. Cette stratégie décennale visant 40 à 50% de nouveaux clients, autres qu’Airbus, devrait porter le chiffre d’affaires d’Aerolia à un niveau plus haut, sachant qu’elle projette de réaliser 800 millions d’euros en 2009.

A notre avis, cette stratégie ambitieuse d’Aerolia est intimement liée à l’entrée du site Tunis dans leur système. Ce sont les avantages comparatifs en termes de coûts de revient des sous-ensembles qui seront fabriqués en Tunisie qui permettront aux autres sites historiques en France, non seulement de mieux résister, mais aussi de se développer et augmenter leur production et donc leur chiffre d’affaires, du fait de la diversification des commandes en provenance des autres avionneurs attirés par la compétitivité des prix d’Aerolia.

De plus en plus de grands industriels européens choisissent d’investir en zone dollar qu’en zone euro pour contrer la faiblesse du dollar face à l’euro, ce qu’affirme Ernest-Antoine Seillière, le patron des patrons européens. Rester compétitif devient très compliqué. «La situation est difficile pour les PME, car le moment viendra où elles ne pourront plus réduire les marges» pour rester compétitives, confirme Balbino Prieto, patron du Club des entreprises espagnoles exportatrices.
Pour ces industriels européens, l’envol de l’euro renchérit le coût de leurs produits sur les marchés étrangers, freinant du même coup leurs exportations, avec à terme le risque de perdre des parts de marché. Certains groupes n’hésitent plus à miser sur leurs sites installés en zone dollar, aux États-Unis ou dans des pays à bas coûts. «Le mouvement de délocalisation d’investissements d’entreprises en direction de la zone dollar est en train de s’accélérer», a constaté Yvon Jacob, président du Groupe des fédérations industrielles (GFI) françaises qui représente 150 000 entreprises et six millions d’emplois directs et indirects.
Les annonces de ce type se sont multipliées dans l’aéronautique. Le français Dassault Aviation veut accroître l’externalisation de la fabrication de ses avions d’affaires Falcon dans des pays à bas coût ou en zone dollar. Et Latecoère va investir 100 millions d’euros pour créer un parc aéronautique en Afrique du Nord, où un millier de salariés du groupe construiront des pièces simples. En décembre, le président de Dassault Aviation et du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS), Charles Edelstenne, avait emboîté le pas du président exécutif d’EADS Louis Gallois, qui affirmait que le niveau du dollar était son «principal problème» et que s’installer en zone dollar devenait «le seul moyen».

Nous espérons et nous nous attendons à ce que d’autres entreprises de l’UE, grandes, moyennes ou petites, feront de même car ce genre d’initiatives est bénéfique pour les deux parties,  donc rentable sur le plan économique, mais aussi, action nécessaire pour la promotion de la stabilité, de la paix et de la prospérité en Méditerranée.
Thameur MAATOUG

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