La dernière décennie aura été marquée par une succession d’évènements aussi douloureux les uns que les autres et le secteur qui en a le plus souffert est incontestablement le tourisme. La guerre en ex-yougoslave, les attentats du 11 septembre, l’intervention US en Irak, la montée spectaculaire des prix pétroliers et la crise financière qui s’est mue en récession économique ont affecté, à des degrés divers, toutes les destinations touristiques, surtout dans le pourtour méditerranéen.
On a beau évoquer la difficulté du contexte mondial pour expliquer cet état de fait mais est-ce la seule ? N’y a-t-il pas d’autres raisons ? C’est la question à laquelle on a essayé de répondre samedi, 17 janviers, à l’occasion de la seconde rencontre tuniso-allemande sur le tourisme organisée par
Un “quartet” d’atouts
Pour le ministre tunisien du Tourisme, M. Khelil Lajimi, qui intervenait lors de cette rencontre, un plan de reconquête du marché allemand a été concocté par son Département , suit à une mission, début 2008, d’audit et de prospection en Allemagne. Les réservations pour l’été 2009 connaissent, a-t-il dit, un retard inhabituel et si la crise devait perdurer, ce sont les segments famille et tourisme d’affaires qui en pâtiraient le plus. Compte tenu de la nouvelle configuration démographique en Europe, avec une nette tendance au vieillissement de la population, ce sont aussi, selon lui, les seniors qui s’imposeront dans un avenir très proche parmi les principaux acteurs de la croissance touristique
Pour l’ambassadeur d’Allemagne à Tunis, son Excellence Dr.Horst-Wolfram keril, l’infrastructure touristique est là, elle n’est pas à créer. Ce qui manque, ce sont tout simplement des petites retouches. Il faut penser aussi à diversifier l’offre et à améliorer la qualité des services. Il y a un «quartet» d’atouts qu’il faut absolument valoriser, à savoir la mer, le Sahara, la culture et le sport. Il est nécessaire aussi, pense-t-il, de prendre soin de l’environnement, l’écologie étant devenue l’une des composantes du tourisme moderne.
Une discussion s’est ensuite engagée entre opérateurs tunisiens et allemands. A les entendre, beaucoup reste à faire si
La reconquête des ce marché passe, aux dires des représentants allemands, par une action dans trois directions, à commencer par l’image de
Cibler d’autres catégories
L’effort à faire sur ce plan-là renvoie d’ailleurs à une autre action non moins importante, à avoir la publicité ou plus exactement ce qu’il y a lieu de faire, en termes de marketing, pour promouvoir la destination Tunisie «Ce que l’on voit de temps à autre dans les magazines allemands, a souligné un intervenant, n’est pas tout à fait productif. C’est d’ailleurs presque pareil pour toutes les destinations. Ce qu’il faudrait, à mon sens, c’est d’opter pour quelque chose de plus vivant comme des reportages TV sur
Troisième action, enfin : cibler d’autres catégories de la clientèle allemande et ne pas se contenter de celle des revenus moyens, mieux adapter l’offre à la demande et s’inspirer, si nécessaire, des expériences d’autres destinations comme l’Egypte ou
Leurs interlocuteurs tunisiens ont répondu par une sorte de «oui, mais» Ce qu’il faut, a résumé l’un d’eux, c’est «un véritable partenariat qui tient compte des exigences et des contraintes des uns et des autres» et non une «continuelle pression» sur les hôteliers tunisiens pour les amener à réduire davantage leurs tarifs, sachant qu’avec 53 euros la nuitée, vol compris, la destination Tunisie est déjà la moins chère de la zone Méditerranée
Moncef BEN AMOR.