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Archive pour 28.1.2009

Obama : l’heure de vérité

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Parce qu’il a brisé le tabou d’une Maison Blanche à laquelle il était pratiquement impensable qu’un non-blanc puisse un jour accéder et parce qu’il est porteur plus d’une charte morale – dont le monde a grandement besoin- que d’un nouvel ordre au sens communément admis du terme, le nouveau président américain sera sans doute suivi, pour un certain temps du moins, dans ses moindres faits et gestes.

  Ses premières décisions ont valeur de messages. Elles éclairent sur ses intentions immédiates et futures .Elles sont édifiantes sur la manière dont il entend agir pour : primo, ne pas décevoir tous ceux qui, Noirs et Blancs, Démocrates et Républicains, lui ont fait confiance, en le portant au sommet du pouvoir. Secundo, mettre l’Amérique en harmonie avec elle-même en gommant, peu à peu, cette image de superpuissance arrogante et dominatrice privilégiant l’argument de la force à la force de l’argument qui lui colle désormais à la peau. Concrètement parlant, il s’agit pour lui de remplacer, peu à peu là encore, cette image d’une force brutale par celle d’une force tranquille à même de montrer la voie aux autres, dans le respect de ses propres valeurs et principes.

  Barack Obama hérite, il faut bien l’admettre, d’une situation  extrêmement difficile, voire tout à fait inédite depuis la seconde guerre mondiale – à l’exception du conflit vietnamien - et il lui faudra beaucoup d’énergie et de tact pour tenir ses promesses. Sa tâche ne s’annonce pas de tout repos. Loin de là. Triomphalement élu, la tentation pourrait être grande chez lui que d’essayer de battre le fer tant qu’il est chaud et d’entrer immédiatement dans le vif du sujet ? On est d’autant plus enclin à le croire que ses atouts sont, à première vue, loin d’être négligeables.

  En effet, Le nouveau locataire de la Maison Blanche est assuré, tout d’abord, de ne pas être contrarié par un Congrès qui lui est acquis d’avance, puisque à majorité démocrate. Cela pourrait éviter des batailles inutiles entre la Maison Blanche et le Capitole. Dans l’équipe qu’il a choisie pour gouverner et dont le trait dominant est qu’elle allie «rigueur et pragmatisme», Obama peut compter aussi sur deux figures bien connues de l’establishment politique américain et qui sont censées être bien au fait des arcanes du pouvoir à Washington. Il s’agit du secrétaire à la Défense, Robert Gates, qu’il a confirmé dans son poste – une première dans les annales US- et qui doit planifier le retour, dans les seize mois à venir, des 140.000 soldats américains encore déployés en Irak. Il se pourrait qu’il soit remplacé une fois l’opération achevée. Il y a lieu de citer également Hillary Clinton, son ancienne rivale pour l’investiture démocrate, dont la nomination - sous conditions - à la tête du Département d’Etat a suscité quelques remous. Pour éviter tout conflit d’intérêts, son époux Bill Clinton, ancien chef de l’Exécutif américain, a dû d’ailleurs rendre publique la liste des donateurs de sa fondation. Il s’est également plié à une autre exigence : soumettre à l’appréciation de la  Maison Blanche et du département d’Etat les textes de ses conférences facturées 425.000 dollars l’heure et qui lui ont rapporté, rien qu’en 2006, près de 10 millions de dollars US.

   Le choix de l’ancienne First Lady, l’une des cent meilleurs avocats aux Etats-Unis, a soulevé, en effet, foule d’interrogations. Obama a-t-il voulu la récompenser pour son précieux soutien lors des primaires démocrates ou cherche-t-il, au contraire, à lui barrer la route de la Maison Blanche pour 2012 ? Hillary Clinton aura-t-elle la haute main sur la diplomatie US ou assistera-t-on à une distribution des rôles, M. Obama se consacrant plutôt aux grands dossiers de politique interne et à leur tête la crise économique qui risque de plonger les USA dans une véritable récession ? Entre la Maison Blanche et le département d’Etat, la frontière sera, on le voit, difficile à délimiter.

   Crédité d’un excellent capital de confiance et fort de ces atouts, l’ancien Sénateur de l’Illinois aura, à coup sûr, les coudées franches pour avancer et, si nécessaire, de façon rapide. Le fera-t-il ? La règle ou la tradition veut, tout d’abord, que le président américain se montre généralement assez prudent lors de son premier mandat. Le temps, certes, d’asseoir son pouvoir et de voir plus clair mais aussi de se préparer à un second mandat. Libre de toute contrainte électorale c’est alors, pendant son second mandat, qu’il passe sérieusement aux actes, quitte à susciter polémiques et remous. Mais il est aussi une autre caractéristique du système américain : les lobbies et groupes de pression sont légion et relèvent même d’une véritable culture. Obama s’est engagé à les « museler ». Y parviendra-t-il ? A supposer qu’il réussisse, cela prendra du temps. Troisième écueil, enfin, que le nouveau président américain doit surmonter et qui a trait à ce que l’on pourrait appeler de la sociologie politique : on a toujours miroité aux Américains l’existence d’un ennemi potentiel que les USA se doivent de combattre s’ils veulent prospérer et préserver leur sécurité. C’était le cas pour le communisme avec l’ « empire du mal », une formule chère au Président Ronald Reagan pour désigner l’ex-Union Soviétique. Ce fut le cas ensuite pour le terrorisme, sous la présidence Bush, avec l’ «axe du mal» formé par la Corée du Nord, l’Irak et l’Iran. Comment donner, dès lors, à l’opinion US une image plus positive des ennemis d’hier et la convaincre de la nécessité de leur prêter une oreille plus attentive, plutôt que de leur claquer la porte au nez ?

    Pour changer tout un système, en somme, la réussite de l’Administration Obama sera donc tributaire aussi, et peut-être pour l’essentiel, de sa force de pédagogie et d’imagination.

 


Moncef BEN AMOR

 

Mondial 2010 : l’Algérie et le Maroc seront-ils au rendez-vous ?

 Moses Mabhida à Durban, l’un des stades qui accueilleront le Mondial 2010

 

 

 

Dans moins d’un an, l’Afrique vivra au rythme d’un évènement tout à fait exceptionnel : il s’agit de la CAN 2010 (Coupe d’Afrique des Nations) qui sera disputée en janvier prochain au Ghana et de la coupe du monde proprement dite qu’abritera six mois plus tard, soit plus exactement du 11 juin au 11 juillet, l’Afrique du Sud.

Les éliminatoires combinées, à l’échelle du Continent, pour ces deux rendez-vous doivent s’achever en novembre prochain. L’Afrique sera représentée au prochain Mondial par six équipes, à savoir celles qui arriveront en tête de leurs groupes (5) respectifs et, bien entendu, l’Afrique du Sud, en sa qualité de pays organisateur. Pour la CAN, les trois premiers de chaque groupe seront qualifiés. Le Sénégal, qui a fait sensation en 2002 en Asie, lors du Mondial organisé conjointement par le Japon et la Corée du Sud, sera l’un des grands absents à ces deux rendez-vous et le sentiment qui prévaut dans les milieux sportifs africains est qu’il ne faut pas s’attendre à des miracles. Loin de là …

   Sentiment légitime ? Oui si l’on en juge par la prestation tout à fait moyenne, pour ne pas dire médiocre, des représentants africains lors du Mondial allemand de 2006. Ce qui est tout à fait paradoxal d’ailleurs, c’est qu’au lieu de progresser, vus les énormes moyens qui lui ont été consacrés surtout au cours de la dernière décennie, aussi bien au Maghreb qu’ailleurs, le football africain a tendance, au contraire, à régresser d’année en année. A part quelques noms qui font toujours les beaux jours du football européen comme Samuel Eto’o, Michael Essein, Salomon Kalou, Papa Diop ou encore Didier Zokora, de grandes équipes comme le Nigeria, le Cameroun ou la Cote d’Ivoire,  qui ont provoqué par le passé de véritables séismes - footballistiques ceux-là - n’ont peut-être plus que le nom. D’ailleurs, le Mondial italien de 1990 est là pour nous le rappeler : disposant en match d’ouverture et à la surprise générale des Argentins, alors tenants du titre, les Lions indomptables du Cameroun étaient à deux doigts du grand bonheur, c’est-à-dire d’accéder aux demi-finales, s’ils ne s’étaient pas laissés surprendre par une Angleterre menée trois buts à un, voire humiliée, alors qu’il ne restait qu’une quinzaine de minutes à jouer.

Une belle brochette de professionnels

   Le constat est particulièrement vrai pour le Maghreb où les chances de qualification, surtout pour le prochain Mondial, sont jugées assez réduites.

   La Tunisie, qui s’est particulièrement illustrée lors du Mondial argentin, en 1978, en disposant du Mexique (3 à 1) et en tenant tête à l’Allemagne, avant de s’incliner face à la Pologne (1 à 0), se trouve dans le groupe B avec le Nigeria, le Kenya et le Mozambique. Certes, le Nigeria n’est plus un foudre de guerre. Mais ce sera un sérieux handicap pour les Aigles de Carthage.

   Le Maroc, premier pays africain à disputer une coupe du monde en 1970 et également premier pays africain à franchir, seize ans après, le premier tour (1986), se trouve dans le groupe A. Il aura pour adversaires le Gabon, le Togo et surtout le Cameroun. Ses atouts : un nouveau sélectionneur national, en la personne de Roger Lemerre, un vrai professionnel doublé d’un grand connaisseur du football africain et surtout une belle brochette de professionnels évoluant dans les plus grands clubs européens. A l’image du milieu de terrain de l’Ajax d’Amsterdam, Ismail Aissati, qui a exprimé le désir de porter les couleurs de son pays d’origine et avec lequel Lemerre aurait déjà pris contact, ou encore Nabil Zhar, qui évolue à Liverpool. Ces jeunes professionnels feront-ils parler d’eux en Afrique du Sud  comme l’ont fait certains de leurs aînés ? Le souvenir de Larbi Ben Barka, surnommé «larbi-le-surdoué» et qui a porté pendant quinze ans le maillot de la France, est toujours vivace. Celui que l’on a surnommé aussi la perle noire et qui est mort en 1992, est arrivé à Marseille en 1938. Une année après la seconde guerre mondiale, il a d’ailleurs débarqué en Espagne où il est devenu la vedette de l’Atletico de Madrid. La qualification dans ce groupe se jouera essentiellement, pensent les spécialistes, entre les Lions de l’Atlas et le Cameroun.

«Le football français décapité»

Reste l’Algérie qui, avec des joueurs talentueux comme Rabah Madjar, Lakhdar Belloumi et bien d’autres, a livré une brillante prestation lors du mondial espagnol (1982) et a failli même se qualifier pour le second tour n’eut été cette douteuse – c’est le moins que l’on puisse dire- rencontre Allemagne-Autriche. Elle se trouve désormais au 64 ème rang du classement de la FIFA. Les contre-performances des Verts, vainqueurs de la CAN en 1990, sont telles qu’une guerre ouverte a fini par éclater entre la FAF (fédération Algérienne de Football) et le ministère algérien de la Jeunesse et des Sports. Guerre à laquelle s’est joint d’ailleurs, quoique indirectement, le président de la FIFA, M. Joseph Sepp. Blatter, en affirmant, dans des déclarations à l’hebdomadaire Jeune Afrique : « On respecte les statuts de la FIFA ou on est dehors ». Se voulant plus explicite, il ajoute : «  Tout se passe bien du reste dans la majorité des pays. Il n’y en a que peu où les ministres des sports ne réalisent pas qu’ils ne sont pas ministres du football ».

   Le mécontentement du public sportif est d’ailleurs d’autant plus grand dans ce pays que le nom de l’Algérie s’est aussi toujours confondu avec celui de grandes stars du ballon rond. Composée en majorité de joueurs évoluant dans le championnat français, l’équipe du FLN (Front de Libération Nationale) est d’ailleurs née, faut-il le rappeler là encore, en 1958 à Tunis, soit cinq ans avant l’indépendance du pays en 1963. « A dix mois du Mondial 1958, écrit le Monde Diplomatique (août 2008), la nouvelle prend l’allure d’un séisme. Zitouni, meilleur arrière central de la planète, pressenti pour le Real Madrid, et Mahkloufi, l’homme qui «  a des yeux derrière la tête », ne feront plus partie de la sélection tricolore. Le football français est décapité. Les supporters français sont cois. Ces joueurs étaient adulés ».

   L’Algérie se trouve dans le groupe C avec le Rwanda, la Zambie et surtout l’Egypte, tenant du titre africain. Et c’est déjà la « guerre des primes » entre Alger et le Caire. Pour les Verts, chaque joueur recevra 100.000 euros en cas de qualification pour le prochain Mondial. Les responsables du football égyptien ont promis mieux : 150.000 euros.

   Quelle prestation attendre des uns et des autres ? Que le spectacle, le vrai spectacle, soit, en tout état de cause, au rendez-vous !

 

Moncef BEN AMOR

  

Energie pour neuf milliards d’habitants !

Centrale solaire photovoltaïque


centrale-photovoltaique-1.jpgUne agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) a été officiellement créée à Bonn, le 26 janvier 2009 par une cinquantaine de pays. La conférence inaugurale réunira une centaine de pays, mais cette agence pour laquelle ont milité l’Allemagne, l’Espagne et le Danemark, ne s’attend pas dans l’immédiat à l’entrée des USA, du Japon, de la Chine et du Brésil.
Cette initiative tombe à point nommé et constitue l’évènement écologique phare dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique qui risque, si des mesures énergiques ne seront pas prises pour limiter les dégâts causés par les GES (gaz à effet de serre), de compromettre la viabilité sur notre planète Terre, dont la population atteindra neuf milliards d’habitants en 2050. Cette nouvelle structure, devrait apporter une plus-value par rapport à l’AIE, qui en fait n’est que le porte-drapeau des pays industrialisés. Mais aussi du fait que les énergies fossiles n’ont pas d’avenir sur le long terme, au rythme de leur exploitation, et vu leur nocivité. L’Irena est une nécessité pour lancer un mouvement ambitieux dont les objectifs coïncident avec les principes du Développement durable.
L’avenir énergétique plaide en faveur d’une structure ad hoc, a souligné M. Hermann Scheer, député allemand et président de l’Association Eurosolar, lors du deuxième sommet mondial sur «les énergies du futur» d’Abu Dhabi. La fusion nucléaire est hypothétique et “toute énergie nouvelle devra provenir des renouvelables”. Les promoteurs d’Irena veulent aussi jeter des ponts entre le Nord et le Sud en favorisant les transferts de technologie, l’assistance technique et le montage de financements, l’électrification étant une des clés du développement des pays pauvres.
Dans ce sillage le ministre allemand de l’Environnement, a affirmé, qu’au-delà des potentiels des énergies renouvelables en matière d’approvisionnement énergétique et dans la lutte contre le réchauffement climatique, elles offrent des grandes opportunités économiques. En Allemagne où 15% de la consommation d’électricité provient d’énergies renouvelables, quelque 250.000 emplois ont été créés et ce chiffre doublera d’ici 2020. Quant à la Commission européenne, elle estime qu’à cet horizon, les investissements pour lutter contre le réchauffement climatique sur tous les continents devraient atteindre 175 milliards d’euros. Le plan de l’UE vise par des mesures contraignantes pour les Etats membres et l’Industrie, à réduire les émissions de GES de 20% en 2020 par rapport à 1990. Il prévoit également, dans ce contexte, de porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation d’électricité. La crise du gaz russe transitant notamment par l’Ukraine a joué le rôle de catalyseur dans cette prise de conscience pratique.
De son côté, l’Emirat pétrolier d’Abou Dhabi, maintient son projet de construction d’une ville sans émissions de carbone «Masdar-City», qui devrait voir le jour en 2015 et fonctionner entièrement aux énergies renouvelables, principalement le solaire.
Cette nouvelle dynamique internationale concernant les nouvelles énergies renouvelables, au plan international, devraient inciter la STEG en Tunisie à approfondir sa réflexion sur le sujet et à prévoir une part plus substantielle dans sa production d’électricité en provenance de ressources alternatives, essentiellement le solaire. La création d’une Association, en tant que émanation de la Société civile, serait un facteur aidant à cristalliser des objectifs en conformité avec le concept de Développement durable. L’éventuelle future Association devrait réunir les principaux acteurs (Ministère de l’Environnement ; CITET ; ANME ; STEG ; …) autour d’une table ronde «permanente» dans le but d’identifier les meilleurs chemins aboutissant à bénéficier d’un transfert technologique en provenance du Nord, à s’arrimer à ce secteur porteur et créateur d’emplois, et à se projeter dans l’ère post-pétrole.

Thameur Maatoug

 

 

 

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