Dans moins d’un an, l’Afrique vivra au rythme d’un évènement tout à fait exceptionnel : il s’agit de
Les éliminatoires combinées, à l’échelle du Continent, pour ces deux rendez-vous doivent s’achever en novembre prochain. L’Afrique sera représentée au prochain Mondial par six équipes, à savoir celles qui arriveront en tête de leurs groupes (5) respectifs et, bien entendu, l’Afrique du Sud, en sa qualité de pays organisateur. Pour
Sentiment légitime ? Oui si l’on en juge par la prestation tout à fait moyenne, pour ne pas dire médiocre, des représentants africains lors du Mondial allemand de 2006. Ce qui est tout à fait paradoxal d’ailleurs, c’est qu’au lieu de progresser, vus les énormes moyens qui lui ont été consacrés surtout au cours de la dernière décennie, aussi bien au Maghreb qu’ailleurs, le football africain a tendance, au contraire, à régresser d’année en année. A part quelques noms qui font toujours les beaux jours du football européen comme Samuel Eto’o, Michael Essein, Salomon Kalou, Papa Diop ou encore Didier Zokora, de grandes équipes comme le Nigeria, le Cameroun ou
Une belle brochette de professionnels
Le constat est particulièrement vrai pour le Maghreb où les chances de qualification, surtout pour le prochain Mondial, sont jugées assez réduites.
Le Maroc, premier pays africain à disputer une coupe du monde en 1970 et également premier pays africain à franchir, seize ans après, le premier tour (1986), se trouve dans le groupe A. Il aura pour adversaires le Gabon, le Togo et surtout le Cameroun. Ses atouts : un nouveau sélectionneur national, en la personne de Roger Lemerre, un vrai professionnel doublé d’un grand connaisseur du football africain et surtout une belle brochette de professionnels évoluant dans les plus grands clubs européens. A l’image du milieu de terrain de l’Ajax d’Amsterdam, Ismail Aissati, qui a exprimé le désir de porter les couleurs de son pays d’origine et avec lequel Lemerre aurait déjà pris contact, ou encore Nabil Zhar, qui évolue à Liverpool. Ces jeunes professionnels feront-ils parler d’eux en Afrique du Sud comme l’ont fait certains de leurs aînés ? Le souvenir de Larbi Ben Barka, surnommé «larbi-le-surdoué» et qui a porté pendant quinze ans le maillot de
«Le football français décapité»
Reste l’Algérie qui, avec des joueurs talentueux comme Rabah Madjar, Lakhdar Belloumi et bien d’autres, a livré une brillante prestation lors du mondial espagnol (1982) et a failli même se qualifier pour le second tour n’eut été cette douteuse – c’est le moins que l’on puisse dire- rencontre Allemagne-Autriche. Elle se trouve désormais au 64 ème rang du classement de
Le mécontentement du public sportif est d’ailleurs d’autant plus grand dans ce pays que le nom de l’Algérie s’est aussi toujours confondu avec celui de grandes stars du ballon rond. Composée en majorité de joueurs évoluant dans le championnat français, l’équipe du FLN (Front de Libération Nationale) est d’ailleurs née, faut-il le rappeler là encore, en 1958 à Tunis, soit cinq ans avant l’indépendance du pays en 1963. « A dix mois du Mondial 1958, écrit le Monde Diplomatique (août 2008), la nouvelle prend l’allure d’un séisme. Zitouni, meilleur arrière central de la planète, pressenti pour le Real Madrid, et Mahkloufi, l’homme qui « a des yeux derrière la tête », ne feront plus partie de la sélection tricolore. Le football français est décapité. Les supporters français sont cois. Ces joueurs étaient adulés ».
L’Algérie se trouve dans le groupe C avec le Rwanda,
Quelle prestation attendre des uns et des autres ? Que le spectacle, le vrai spectacle, soit, en tout état de cause, au rendez-vous !
Moncef BEN AMOR