L’obésité en Tunisie : comment inverser les tendances (II)

Vue générale de l’audience lors de la 2ème journée Zouhair KALLEL

S’il est mis en évidence, que l’obésité constitue une urgence et un problème de santé publique prioritaire, à côté du tabagisme, il se trouve qu’aucune estimation exhaustive du coût de cette épidémie, ni encore une projection sur sa facture future, n’ont été jusque là mesurées.

Une évaluation scientifique s’impose car on s’attend à une facture salée du fait que l’obésité est associée généralement à des troubles métaboliques comme le diabète et à des affections cardiovasculaires comme l’hypertension artérielle, outre les troubles de comportement psychologique liés à l’obésité.

Si les facteurs génétiques ou « héritabilit頻 pèsent sur la prévalence de l’obésité, il n’en demeure pas moins, si non plus, que les facteurs environnementaux restent prépondérants dans la détermination de la surcharge pondérale, à savoir régime nutritionnel et sédentarité. Cette pathologie qui prend de l’ampleur dans le monde et en Tunisie, n’épargnant aucune catégorie d’âge, touche de plus en plus les jeunes. Soumis à une influence publicitaire à outrance et collés pendant des heures devant leurs postes de télévision ou leurs ordinateurs, les enfants se désengagent de plus en plus du jeu à l’air libre. Ils consomment plus souvent de produits alimentaires hypercaloriques et riches en graisses saturées !

Faut-il incriminer la Publicité ? C’est l’une des questions qui a été débattue au cours du colloque organisé par l’Institut National de Nutrition vendredi 6 mars autour du thème de l’obésité, à l’occasion de la « 2ème journée Zouhair Kallel ». Un représentant du secteur de la Publicité, avait reconnu la responsabilité de la « Pub »  , tout en évoquant des dérives et même des contenus mensongers. Néanmoins, il a souligné un vide règlementaire et juridique et a appelé à la mise en place de mécanismes consensuels, réunissant toutes les parties.

En effet il ressort d’une étude présentée au cours de ce colloque, que la publicité emprunte les chemins de la séduction orientée vers l’enfant et l’adolescent et axée sur l’image attractive. Cette stratégie des annonceurs d’une part et le comportement de l’enfant roi, ne laissent pas de place à l’influence de l’éducation nutritionnelle. Les jeunes imposent à leurs parents leurs choix alimentaires, et les enfants croient aveuglément aux contenus des messages diffusés sous forme de spots. L’étude a montré aussi qu’un jeune accumule en moyenne 77000 messages publicitaires avant d’atteindre l’âge de 18 ans. Ce débit intensif d’incitations à la consommation, ne se traduit en fait que par une amplification du grignotage chez l’enfant, et un surpoids.

Dans ce contexte environnemental, l’éducation nutritionnelle, a du mal à cohabiter avec la publicité. Une situation de conflit à armes inégales. Devant ce constat d’impuissance, les intervenants au cours d’une table ronde, tenue en marge de la « 2ème journée Zouhair Kallel » ont préconisé l’utilité de la prévention, tout en appelant à la mise en place d’une stratégie de lutte cohérente contre cette épidémie qui menace le capital santé des jeunes et hypothèque leur avenir, outre les surcoûts en soins qu’elle engendre. Une prise de conscience collective et à tous les niveaux, à commencer par les familles, les éducateurs et les décideurs, est inévitable pour espérer  inverser cette tendance d’obésité morbide. Il s’agit d’un véritable enjeu socioculturel et d’un vrai défi sanitaire à relever.

Thameur MAATOUG

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Une réponse à L’obésité en Tunisie : comment inverser les tendances (II)

  1. ismahen dit :

    avis vous pouvez renforcez cette article par un diagramme, courbe…

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