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Archive pour 2.4.2009

Exportation des services de santé : décupler les recettes à l’horizon 2016

C’était lors d’un déjeuner-débat, organisé le 27 mars par la Chambre Tuniso-Française de Commerce et d’Industrie ( CTFCI ), en marge des 2èmes rencontres franco-tunisiennes du thermalisme et de la thalassothérapie, que le ministre tunisien de la Santé, M. Mondher Znaïdi, a présenté le plan (la stratégie nationale) du ministère en matière de services de santé, orientés aussi bien vers les citoyens tunisiens que vers les étrangers et ce à l’horizon 2016. En effet la position de la Tunisie en  tant que destination et pôle de services de santé s’affirme de jour en jour. Elle combine compétences médicales et attractions touristiques de haute qualité et à des prix compétitifs. La stratégie nationale a pour objectif de multiplier par 10 le chiffre d’affaires du secteur des exportations des services de santé à l’horizon 2016. Pour mieux encadrer cet effort de développement, le plan prévoit la création d’un organisme spécialisé dans la promotion des investissements et des exportations dans le secteur de la santé. Une sorte d’API-FIPA pour la santé, d’un côté, et de l’autre la création d’un mécanisme d’accréditation et de certification des établissements et des compétences, piloté par un organisme indépendant. Et ce outre la mise en place au sein du ministère de la Santé publique d’une direction générale chargée du secteur privé y compris le tourisme de santé et la thalassothérapie.

Le volet de la formation devrait connaître lui aussi, une évolution tangible, en renforçant l’enseignement des sciences infirmières, avec notamment la création de cinq (05) instituts supérieurs, d’une part, et par un meilleur ciblage des spécialités médicales, notamment dans les domaines de la gériatrie, la chirurgie esthétique, la chirurgie cardiovasculaire, l’orthopédie,…), d’autre part. Ce couplage entre formation et développement de l’infrastructure sanitaire, vise à promouvoir le tourisme médical avec l’encouragement à la création davantage de structures spécifiques de bien-être médical au sein des espaces touristiques, et de résidences médicalisées, pour l’accueil des patients étrangers et notamment les personnes âgées. Certains chiffres significatifs attestent du degré de développement atteint par le secteur de la santé. Sur les 12000 médecins qui exercent en Tunisie, la moitié est affectée dans le secteur privé qui dispose de 70 à 75% des équipements médicaux de pointe (IRM- Scaner-…).

L’intérêt porté à ce secteur porteur, est manifesté aussi bien du côté des promoteurs locaux que de la part des investisseurs étrangers. Des opportunités de partenariat rentable s’offre à eux et notamment avec les Français qui sont fortement présents sur le marché avec notamment des importations tunisiennes de médicaments des Laboratoires français, pour 239 millions de dinars par an, en plus des investissements directs réalisés par lesdits laboratoires s’élevant à 50 millions de dinars. Des chiffres parmi d’autres qui montrent le degré d’engagement partenarial tuniso-français et qui justifie l’idée d’impliquer les organismes de sécurité sociale et d’assurance-maladie français dans cette nouvelle dynamique. Cette ouverture tunisienne s’adresse également aux autres investisseurs étrangers, notamment européens.

C’est au cours des débats, qu’on a pu entendre  des témoignages de satisfaction émanant d’opérateurs étrangers, qui ont souligné au passage une lourdeur administrative avec des délais de procédures de plus d’un mois concernant les AMC ( Autorisation de Mise à la Consommation). Dans sa réponse le ministre de la Santé a réaffirmé que le but de ces différents contrôles sur les produits importés est de protéger le consommateur. Cela n’empêche que le ministère et des commissions de réflexion sont ouverts pour recevoir toute réclamation et étudier toute situation dans le but d’alléger les délais de procédure, a ajouté M. Znaïdi.

Thameur Maatoug

Hazard et bien-être

Un participant au déjeuner-débat organisé par la Chambre Tuniso-Française de Commerce et d’Industrie (CTFCI), en présence de M. Mondher Znaïdi, ministre de la Santé publique, a contesté la position au deuxième rang de la Tunisie, après la France, dans le secteur de la thalassothérapie. Il revendique la première place pour la Tunisie. Il avance comme argument que la France est plutôt leader mondial en thermalisme, filière qui représente 90% de son chiffre d’affaires des SPA ( Soins Par l’Eau). Peu importe, être en première ou en deuxième position, l’essentiel c’est l’esprit de partenariat avancé qui s’est dégagé entre les opérateurs français et tunisiens du secteur lors de rencontres « B to B ».La France, forte de son expérience dans le domaine des soins par l’eau (SPA), est consciente du développement rapide de ce secteur en Tunisie et de ses perspectives en tant que filière indissociable de l’offre de services de santé, orientée vers une clientèle étrangère de plus en plus nombreuse. Sachant que le cadre législatif tunisien est incitatif en matière d’IDE et jugeant que la Tunisie est entrain de devenir un pôle d’exportation de services de santé, les opérateurs français étaient venus nombreux pour se rendre compte des nouveautés, et des potentialités ainsi que des opportunités. Les deuxièmes rencontres franco-tunisiennes du thermalisme et de la thalassothérapie, organisées à l’initiative de la Mission Economique relevant de l’Ambassade de France en Tunisie, étaient une réussite totale. Durant trois jours du 25 au 27 mars, des intervenants de qualité, ont fait le point du secteur, scruté l’état des lieux tout en se projetant dans l’avenir. Côté français, on peut citer Mme Florence Bouyala-Imbert, Conseiller commercial de la Mission Economique de l’Ambassade de France en Tunisie et Monsieur Thierry Hazard, Architecte Spa et Bien-être. Côté tunisien, M. Frej Daouas, Directeur Général de l’Office du thermalisme, Dr. Jalel Dahas , Président de la Chambre syndicale de la thalassothérapie, Dr Amel Jrad, hydrobiologiste du CITET, et qui avaient apporté de valeureux éclairages sur des aspects importants de la réalité tunisienne dans ce domaine.

Avant de revenir sur l’apport de M. Hazard dans le domaine des SPA et du Bien-être en général, citons quelques chiffres. En effet, le secteur de la thalassothérapie accueille 250 mille curistes par an, à 95% étrangers, recevant des soins dans une quarantaine de centres répartis entre le Nord et le Sud avec une forte concentration à Hammamet et à Djerba. Ces centres seront au nombre de 60 à la fin de l’année 2010. Quant au volet thermal, il faut dire qu’il n’est pas encore aussi performant que celui de la Thalassothérapie, avec seulement 150 mille curistes par an, moitié locaux, moitié étrangers. Un grand travail attend cette niche qui capte 0.5% des touristes du monde.

Mais ce travail ne doit pas être fait sans âme, et d’une manière purement industrielle. C’est le concept que défend l’Architecte Thierry Hazard, spécialiste des édifices et structures de Soins par l’eau (SPA). Il prône que l’Homme soit le centre de tout projet de SPA. L’objectif  est d’apporter dans ce lieu le bien-être à l’Homme. Pour y parvenir, Il faut que le lieu apporte ondes positives et sérénité au curiste à travers des soins visant son corps, son esprit et son âme. Mais pour réussir à débarrasser un visiteur d’un SPA de sa fatigue physique et psychique, il faut que le lieu soit approprié pour assurer cette fonction complexe. Dans sa démarche, notre architecte, commence par se rendre sur les lieux dans le but de sonder l’énergie du sol, et s’intéresser à l’Histoire et aux racines particulières du lieu d’implantation du projet. Il s’intéresse également au promoteur, aux valeurs spécifiques de la marque, pour pouvoir aller plus loin dans la conception d’un projet identitaire, unique. L’orientation, la lumière sont approchées dans le cadre d’un travail profond sur l’intériorité et le spirituel, car ce qui est beau se vit par l’âme. Cette approche n’a rien de religieux même si les mosquées, les églises, les couvents et monastères, sont des lieux de paix car les prières chargent ces lieux d’énergie positive. Bref un SPA identitaire se construit, se crée autour d’une histoire ou d’une légende, pour mieux atteindre l’objectif de bien-être. Rien ne doit être laissé au hasard, mais tout le projet dès son départ doit être mis entre les mains de M. Hazard.

Thameur Maatoug

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