Controverse sur la récession mondiale

La position du Fonds Monétaire International est pessimiste. Elle contredit les signaux positifs décelés aussi bien sur le marché américain qu’européen. DSK avance que la crise est loin d’être terminée, la production mondiale connaîtra une contraction de 1.3% cette année, et le PIB des USA sera grevé d’une baisse de 2.8%. La reprise n’est envisageable qu’à partir de 2010, selon Dominique Strauss Kahn, même s’il a annoncé que les Etats-Unis seraient le premier pays à se redresser.
Pour Alexander LAW de XERFI, qui s’aligne presque sur la position du FMI, il ne voit pas dans le sursaut des achats de biens manufacturés en France, au cours du mois de mars tel que annoncé par l’Insee, un signal évident. Mais que cela mérite une analyse plus prudente même s’il s’agit d’un signe positif. Il a déclaré : « Il serait tentant de voir dans le chiffre de ce jour un des bourgeons de la reprise. Pourtant, il convient d’analyser ces données avec prudence : cet indicateur ne recouvre qu’ un quart de la consommation totale des ménages et tout porte à croire que d’autres pans de dépenses sont nettement moins bien orientés, à l’instar des produits alimentaires ». Ajoutant que, « Dans ces conditions, ce sursaut des achats sera bien insuffisant pour éviter une baisse marquée du PIB de la France au premier trimestre de 2009. Il doit tout de même constituer un encouragement : c’est bien la consommation qui jouera le rôle de fer de lance de la reprise, quand celle-ci se matérialisera. Le danger, bien entendu, serait que la montée en flèche du chômage la fasse vaciller puis décrocher au cours du second semestre : c’est ce mouvement là qui ferait basculer l’économie française de récession en dépression ».
Quant au camp « adverse », on retrouve la position du secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner, qui a fait le vendredi 24 avril 2009, la déclaration suivante : « L’économie mondiale a montré au cours des dernières semaines des signes qui laissent entrevoir un ralentissement de la récession ».
Sur la même longueur d’onde, la ministre française de l’Economie Christine Lagarde a, de son côté, salué la hausse de 1.1% des achats de produits manufacturés en mars et des réactions émanant d’économistes ont critiqué le collège de 17 de leurs collègues interrogés par Reuters et qui s’attendaient à des résultats moins bons d’après leurs prévisions.
Ainsi, Marc TOUATI de Global Equities, avance que : « Nous avons été les premiers et les très rares à annoncer qu’une reprise était envisageable dès 2009, ne boudons pas notre plaisir : les ménages continuent de défier le pessimisme et le défaitisme ambiants ».
En réalité, un camp voit le verre à demi vide, alors que l’autre le voit à demi plein. Il n’en reste pas moins que l’évolution de la situation reste aléatoire et nécessite un engagement mondial soutenu, malgré des signes positifs qui apparaissent ici ou là.
Thameur MAATOUG

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160360 Sfax

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