Améliorer la sécurité alimentaire dans les pays arabes

Avril 2009 – La Banque mondiale, en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Fonds international de développement agricole (IFAD), a publié une nouvelle étude intitulée « Renforcer la sécurité alimentaires au Moyen-Orient et Afrique du Nord ». Extraits.

 

Contexte : La forte hausse des prix des produits agricoles de base et des denrées alimentaires en 2007 et début 2008 a suscité dans le monde entier des interrogations en matière de sécurité alimentaire, malnutrition et progression de la pauvreté.

 

Les gouvernements arabes doivent se mobiliser sans attendre pour renforcer la sécurité alimentaire puisqu’ils importent au moins 50 % des calories qu’ils consomment.

 Le rapport suggère trois piliers pour les politiques visant la réduction de la vulnérabilité liés aux chocs futurs:

  •         Renforcer les filets de protection sociale, améliorer l’accès aux services de planning familial et promouvoir l’éducation.
  •          Promouvoir l’approvisionnement en denrées alimentaires produites par les agricultures nationales et améliorer les conditions de vie en milieu rural en s’attaquant au retard de la croissance de la productivité par des investissements accrus en recherche-développement.
  •          Réduire l’exposition à la volatilité du marché par l’amélioration de l’efficience de la chaîne d’approvisionnement et par une utilisation plus efficace des instruments financiers de couverture des risques.

 

Exemples de mesures prises pour faire face au récent choc des prix.

Les gouvernements des pays arabes font face au choc des prix en optant pour une combinaison de politiques commerciales, augmentations de salaires et programmes de protection sociale qui seront difficiles à diminuer par la suite.
Récemment, le Maroc a réduit de façon substantielle le barème de prix du blé et a octroyé des subventions aux importateurs de blé. Il a également maintenu le contrôle des prix sur le blé, la farine et le pain, tout en réduisant les taxes sur les céréales.
La Tunisie a réduit les taxes sur le blé et maintient actuellement le contrôle des prix sur les produits de base stratégiques. 

L’augmentation de la population contribue aussi à la nécessité croissante d’importer des   aliments. Les pays arabes ont les taux de croissance démographique les plus élevés au monde. La population des pays arabes s’élevait à 73 millions en 1950 et a quadruplé, atteignant 333 millions aujourd’hui. Elle doublera pratiquement d’ici 2050, passant à environ 600 millions d’individus.
La population croissante des jeunes, doit avoir accès à suffisamment de ressources pour pouvoir maximiser sa contribution à la société. L’augmentation de la population ajoute néanmoins à la nécessité croissante d’importer des aliments.

Les tendances démographiques et la généralisation de l’accès à la planification familiale ont déjà des répercussions significatives sur la réduction des taux de croissance démographique dans plusieurs pays arabes comme la Tunisie, le Liban, le Maroc, l’Algérie et l’Égypte.

Rareté de l’eau et culture sèche

L’utilisation croissante de l’eau, combinée à l’accroissement de la population, ont contribué à la raréfaction de l’eau dans les pays arabes. Des années 50 à aujourd’hui, les ressources renouvelables en eau par habitant ont diminué d’environ 75 %. Celles-ci devraient diminuer de 40 % de plus par rapport aux niveaux actuels d’ici 2050. Cette tendance à la baisse s’accélérera probablement avec les effets du changement climatique.

Les pays doivent adopter des approches différentes pour aborder la rareté d’eau quant à leur accès à l’irrigation. Dans les pays du Maghreb (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie), la proportion de terres irriguées varie de 7 à 18 % du total des terres cultivées.

Malgré la prédominance du climat sec, de nombreux pays arabes dépendent principalement des cultures alimentées par les eaux pluviales. En Algérie, en Iraq, en Jordanie, au Liban, en Libye, au Maroc, en Mauritanie, au Soudan, en Syrie, en Tunisie et au Yémen, la culture sèche (culture alimentée par les eaux pluviales) est pratiquée sur plus de la moitié des terres arables.
Les prédictions sur les changements climatiques indiquent que la moyenne annuelle des précipitations pourrait diminuer de 10 % au cours des 50 prochaines années. La sécheresse et les vagues de chaleur seront plus fréquentes avec l’accélération du cycle des saisons.

En conséquence, la production des cultures sèches fluctuera de plus en plus au fil du temps et la moyenne des rendements commencera à baisser. On prévoit une diminution de 20 % dans les pays arabes en général et près de 40 % en Algérie et au Maroc.

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