La Tunisie, dragon de la Méditerranée

Voilà que les évènements nous donnent de nouveau raison. Hichem Guerfali, directeur général de l’institut 3C Etudes, avait écrit déjà en octobre 2008, sur le site de l’Institut (www.3cetudes.com), que la crise allait être, à terme, une aubaine pour la Tunisie, prenant ainsi tout le monde à contre-pied. C’était au début du marasme économique et en pleine crise d’hystérie et de phobie collective du lendemain.

Le Figaro Magazine vient de publier, le 22 mai 2009, un article intitulé « la Tunisie, dragon de la Méditerranée » dont l’auteur, Ghislain de Montalembert fait l’éloge de l’approche tunisienne et de ses chances de séduire les investisseurs étrangers. Le gouvernement tunisien n’affirme-t-il pas que pour survivre aux difficultés du moment voire accroître leur compétitivité, les entreprises européennes n’auraient finalement pas de meilleure décision à prendre que de s’implanter… en Tunisie ? Provocation ? Pas tant que cela, affirme l’auteur, car beaucoup d’entreprises industrielles, confrontées à la concurrence exacerbée venue d’Asie ou des pays de l’ancien bloc de l’Est, ont compris depuis longtemps qu’elles n’avaient souvent guère d’autre choix que de se délocaliser dans des pays à bas coûts. Et, entre la Chine et la Tunisie, cette dernière offre, au-delà des zones franches qu’elle a su développer à l’intention des entreprises étrangères exportatrices, un plus indéniable : la proximité. Le  ministre tunisien de l’Industrie, de l’Energie et des PME va jusqu’à décréter que « Dans le textile, une entreprise française qui n’aurait pas un pied en Tunisie a peu de chances de survivre !». Le journaliste du Figaro Magazine rappelle que « Plus de 2 200 entreprises européennes (Benetton, Sagem…) ont déjà fait ce choix. Une entreprise française s’implante tous les cinq jours en Tunisie, petit pays qui, depuis qu’il a décidé de s’ouvrir aux investissements extérieurs en 1996, se prend parfois à rêver de devenir le dragon de la Méditerranée, fort d’une croissance de 4,5 % en 2009 et d’un revenu moyen qui a doublé en dix ans. Avec un atout précieux : son capital humain. Entre 1995 et 2008, le nombre d’étudiants tunisiens est passé de moins de 100 000 à 360 000, soit 3,6 % de la population. Un taux similaire au taux français. Et les ingénieurs de Tunis n’ont pas grand-chose à envier aux nôtres, si ce n’est leur rémunération : là, ils sont payés cinq fois moins cher qu’en Europe (mais la baguette de pain ne vaut que 0,10 euro…). Il n’est qu’à visiter le pôle high-tech Elgazala, à Tunis, pour comprendre que la Tunisie a, d’une façon très volontariste, mis le cap sur l’avenir ». «Les pays développés ont besoin des pays émergents car ce sont leurs marchés de demain», souligne Nouri Jouini, ministre du Développement et de la Coopération internationale. Il est dans leur intérêt d’aider des pays comme la Tunisie à s’intégrer dans l’économie mondiale». Cela est tout à fait vrai, affirme M. Guerfali, mais il rajoute que le recours à des pays comme la Tunisie est salutaire pour les entreprises industrielles et de service européennes. Pour rester compétitives, celles-ci sont dans l’obligation de réaliser une partie de leur production notamment en Tunisie. Cela leur permettra sinon de conquérir du moins de résister là où la bataille économique mondiale se fait aujourd’hui, soit entre les pays asiatiques et de l’ex-bloc soviétique d’un côté et les pays occidentaux, essentiellement européens, de l’autre.

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Une réponse à La Tunisie, dragon de la Méditerranée

  1. Anis dit :

    Celà me surmonte le morale, fier d’être tunisien

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