La City rattrapée par ses vieux démons.

Le mercredi 8 juillet le ministère britannique des finances a annoncé un projet de loi sur la réglementation bancaire qui témoigne du laxisme des autorités devant « l’influence indue des puissants lobbies bancaires sur un gouvernement travailliste timoré en fin de mandat» comme l’a si bien dit l’économiste John Kay, contempteur acharné des dérives de la City.

Parmi les mesures préconisées par ce projet de loi figurent la création d’un conseil de stabilité financière associant les trois organismes de tutelle (la Banque d’Angleterre, le Trésor et l’Autorité des services financiers), l’amélioration de la protection de l’épargne, le souhait d’un renforcement des provisions de capitaux et de liquidités des banques ainsi que la mise en place d’un code de pratiques sur les rémunérations. Cependant ces mesures n’interviendront qu’en 2010. Or, dans la City, les mauvaises habitudes responsables de la crise sont de retour.

Tout d’abord, pour réduire le coût de financement du capital, bon nombre de banques ont recours à la titrisation – c’est-à-dire la transformation d’actifs peu liquides en valeurs mobilières facilement négociables. Celle-ci permet de court-circuiter le projet gouvernemental consistant à forcer les banques à détenir plus de capitaux pour faire face aux urgences.

Autre problème, l’inflation salariale est repartie. Après avoir réduit leurs effectifs dans les services administratifs, la recherche et le secteur de la dette, les banques d’affaires recrutent à prix d’or les meilleurs spécialistes des marchés porteurs.

Cette reprise soutenue d’une partie de l’activité de la haute finance ne manquera pas d’alimenter l’envolée des primes de fin d’année. La City a la mémoire courte, comme l’atteste le pont d’or fait par la Royal Bank of Scotland, partiellement nationalisée, à son directeur général, Stephen Hester (une rémunération de 9,7 millions de livres, soir 11,3 millions d’euros, sur trois ans).

Enfin, ce projet de loi se tait sur des pratiques toujours en cours au sein de la City. Le processus de nomination des administrateurs extérieurs et l’évaluation de la performance des dirigeants souffrent toujours de clientélisme, de l’existence de réseaux parallèles et de la passivité des investisseurs institutionnels. D’ailleurs, plusieurs responsables de la tourmente financière ont repris du service.

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