L’ère du pétrole touche-t-elle à sa fin ?

Si l’on en croit le géologue Hubbert et son fameux pic du même nom qui avait calculé en 1956 que la production de pétrole des Etats-Unis atteindrait son maximum en 1970 (ce qui s’est réalisé), la production mondiale de l’or noir va commencer à décroître à un rythme de plus en plus élevé à partir de cette année. Déjà en l’espace de ces trente dernières années, de nombreux pays ont déjà atteint leur pic de production et les autres suivront inéluctablement. Les variations de prix du pétrole au cours des prochaines années, en hausse ou en baisse, ne seront qu’un épiphénomène. Cependant leur évolution sur une longue période sera une augmentation constante à mesure de la rareté croissante du pétrole. Les prix vont certainement grimper vers des sommets insoupçonnés.

Divers facteurs économiques (récession), climatiques (hiver doux) ou autres peuvent retarder le moment de déclin de la production, mais le répit ne serait que de quelques années ; la décroissance serait ensuite plus accentuée.

Une estimation très optimiste prévoit une décroissance de la production de 2 % par an conduisant à une réduction de moitié dans 35 ans. Mais la réalité semble devoir être bien différente. Une décroissance de 5 % conduirait à une production réduite de moitié dans seulement 14 ans.

En fait la courbe de Hubbert représentative de l’évolution dans le temps de la production de pétrole est une courbe en cloche proche d’une courbe de Gauss. Dans la réalité cette courbe sera sans doute asymétrique à cause de la surexploitation des gisements à leurs débuts. Avec une décroissance progressive de 1 % puis 2 %, … jusqu’à 5 % nous aurions une production réduite de moitié dans 20 ans.

Par ailleurs les réserves de pétrole ont été surestimées, soit pour des raisons politiques       (attribution des quotas en fonction des réserves pour les pays de l’OPEP), soit pour des raisons financières dans le cas des compagnies (faire monter le cours des actions, obtenir des crédits bancaires). Ainsi, les estimations des réserves « prouvées » peuvent passer du simple au triple pour la même année sans qu’aucun gisement important n’ait été découvert. Par exemple :

         En 1984 au Koweït : de 67 à 93 Gb (giga baril)

         En 1985 au Venezuela : de 28 à 55 Gb

         En 1986 aux Emirats : de 33 à 97 Gb

         En 1986 en Iran : de 59 à 93 Gb

         En 1988 en Arabie Saoudite : de 167 à 255 Gb

D’un autre côté les nouvelles découvertes se font rares et sont de moindre importance. Les gisements de pétrole découverts sont de plus en plus petits alors que les champs géants en exploitation sont en fin de vie. Le maximum de découvertes a été atteint en 1962, et depuis 1981 le volume produit chaque année est supérieur à celui des nouvelles découvertes. Actuellement, le volume produit est 3 à 4 fois supérieur au volume découvert.

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