Le mystère de l’échouage de cétacés vivants

Parfois, il y a de ces énigmes face auxquelles les scientifiques ne peuvent que présenter des hypothèses, faute d’explication rationnelle. L’échouage massif des cétacés en fait partie. Ce phénomène est néanmoins connu depuis fort longtemps : Aristote en parlait déjà il y a 2 400 ans. Cependant, si mystère il y a, c’est qu’on assiste à l’échouage de mammifères vivants ; car celui d’animaux morts est un fait mieux connu et beaucoup plus fréquent. En effet, 95% des animaux marins trouvés échoués sont morts en mer et rejetés par les courants. Il faut noter, également, que seul un faible pourcentage de ces animaux parvient à terre, car la majorité des cadavres coulent ou sont dévorés en pleine mer par des nécrophages.  L’échouage d’animaux morts concerne toutes les espèces mais dans des proportions différentes. Les causes sont diverses. La mort est soit naturelle (vieillesse ou maladie), soit accidentelle. Dans ce dernier cas la responsabilité de l’homme est évidente : collision avec un navire, ingestion de corps étrangers (des sacs en plastique ou même des bâches de grandes dimensions), pollution (pesticides, hydrocarbures, métaux lourds) et capture accidentelle par des chaluts et des filets de pêche géants.
La grande énigme est donc ces cétacés qui viennent s’échouer en masse sur les rivages. Les hypothèses les plus farfelues sont avancées. Les médias ont tôt fait de chercher des explications romanesques : ne parlent-ils pas de « suicide collectif » des baleines. Les spécialistes de la faune marine ont présenté quelques hypothèses plausibles :

·   Ces animaux, qui vivent en groupes pouvant atteindre des centaines d’individus, suivent dans leurs déplacements un guide qui, trop vieux ou malade, pourrait perdre sa route et irait s’échouer entraînant toute la bande.

·   L’influence magnétique est particulièrement citée. En effet, les cétacés sont dotés d’un sonar naturel et s’orientent par écholocation. Or, ce système serait très sensible aux fluctuations des ondes émises par d’autres sources susceptibles de les perturber profondément : orages, trafic maritime, manœuvres navales, recherches sismiques, etc.

Mais personne n’a aujourd’hui de réponse définitive. L’échouage massif de mammifères marins vivants reste mystérieux. C’est, en tout cas et avant tout, un drame écologique.

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