Le dollar mal en point

Sujet de préoccupation majeure en Asie, mais aussi en Europe, le dollar ne cesse de s’affaiblir depuis le début de l’année. Jeudi, le taux de change du billet vert comparé aux devises des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, le dollar trading index, était au plus bas depuis treize mois. Face à l’euro, le dollar a perdu près de 10 % sur un an. Mercredi, l’euro cotait 1,490 dollar, soit un plus haut depuis l’été 2008.

Selon les spécialistes, les causes de cette faiblesse persistante du dollar ne sont pas réellement établies. Alors que certains investisseurs attribuent les pertes du billet vert à une baisse de la demande en actifs refuge, d’autres accusent la lenteur de la reprise de la première économie du monde.

 Le billet vert a également souffert de la publication cette semaine d’un article faisant état de discussions confidentielles entre des pays du Golfe, la Russie, la Chine, le Japon et la France pour remplacer le dollar par un panier de devises pour la cotation du pétrole, information démentie notamment par la Russie et l’Arabie Saoudite.

 Le patron de la FED, Ben Bernanke a donné, la semaine dernière, des signes qu’il ne souhaite pas relever de sitôt les taux d’intérêt aux Etats-Unis. Le taux de prêt interbancaire de la banque centrale des Etats-Unis est maintenant proche de zéro et le restera probablement pendant « une période étendue » a déclaré Bernanke lors d’un discours au siège de l’institution. Il faisait écho ainsi à l’engagement pris avec ses collègues, les grands argentiers, lors de leur rencontre fin septembre. Leur but est de maintenir des taux super-bas pour inciter les citoyens et les entreprises à dépenser plus, ce qui devrait alimenter la croissance. Mais la banque centrale australienne a surpris les autres pays cette semaine en remontant ses taux de 0,5%, la première parmi les pays du G20. D’autres banques centrales pourraient lui emboiter le pas, laissant les Etats-Unis au banc des économies qui tardent à retrouver le chemin de la reprise.

Cependant, si une glissade du billet vert peut aider les exportations de la première économie mondiale, mal en point, sa chute incontrôlée serait un désastre planétaire, réveillant la guerre des monnaies, et compromettant toute reprise économique durable. Un drame que les banques centrales sont bien décidées à éviter.

Première victime de la baisse de la devise américaine, l’Asie est intervenue massivement, jeudi, sur les marchés des changes pour racheter des dollars. Les principales banques centrales de la région (Corée, Thaïlande, Taïwan, Philippines, Indonésie, Hongkong) se sont discrètement concertées pour racheter plusieurs centaines de millions de dollars.

En Europe, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet  a avoué être préoccupé par les mouvements de change, marqués par la faiblesse du dollar, notamment contre l’euro. «Trop de volatilité a des conséquences négatives pour la stabilité économique. Nous sommes d’accord sur ce point des deux côtés de l’Atlantique. Un dollar fort nous importe beaucoup ; c’est important pour l’économie mondiale dans son ensemble.»


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