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décembre 2009
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Archive pour décembre 2009

Le Tourisme tunisien défie la crise

En fait le tourisme tunisien excelle en période de crise. Il ne s’agit pas d’une simple résistance à la récession mondiale et aux effets de la Grippe A (H1N1), puisqu’il vient d’enregistrer une augmentation de 2% des recettes durant les 11 premiers mois de 2009 par rapport à la même période de l’année 2008, qui fut l’année de tous les records du secteur. La baisse de 2,6% du nombre des entrées, toujours par rapport à 2008, pourrait être expliquée tout simplement par l’effet de l’épidémie de grippe porcine. Ces chiffres qui ne sont pas exhaustifs car elles ne couvrent pas encore le mois en cours ( décembre ), pourraient s’améliorer davantage. On peut déjà retenir que le tourisme de groupe et bon marché commence à céder timidement mais sûrement la place à un tourisme un peu haut de gamme. En effet le recul de 7,8% du nombre de nuitées n’a pas eu d’impact sur les recettes qui s’étaient plutôt appréciées. Les Français en tête des arrivées, avec 1,3 million de touristes, semblent satisfaits du produit touristique tunisien. Le marché allemand et italien devraient être marketés davantage pour relever le nombre de leurs arrivées qui ne sont respectivement que de 471.000 et 367.000.
Le relookage de certaines unités hôtelières, l’implantation de plus en plus de griffes de notoriété internationale, ainsi que la diversification des produits et l’exploitation de nouvelles niches, ne peuvent que porter encore plus haut l’étendard du tourisme tunisien au cours de l’année prochaine 2010, qui saura mettre à profit la venue de l’équipe de Football de France en mai. Les tricolores ont choisi la Tunisie pour se préparer à la coupe du monde qui se déroulera en juin en Afrique du Sud. Un levier pour le tourisme tunisien qui saura en tirer des dividendes.
Thameur MAATOUG

Dubaï touché par le syndrome hollandais!

La réalité économique mondiale mute et se présente perpétuellement sous un angle nouveau, néanmoins certaines situations ayant prévalu dans le passé et suscité un effort de conceptualisation et de théorisation, pourraient guider l’analyse de situations plus récentes. Dans ce sillage, le « syndrome hollandais » apparaît comme un concept encore d’actualité. En effet ce phénomène économique inspiré du cas des Pays-Bas des années 1960, a été révélé pour la première fois par l’hebdomadaire britannique « The Economist » en novembre 1977 sous l’expression « Dutch Disease » dans un article retraçant la situation catastrophique de l’économie hollandaise à la fin des années 70, caractérisée par une forte inflation, un tissu productif déstructuré, un chômage en hausse et un moral en baisse. A l’origine de ces maux, la découverte et l’exploitation à partir de 1960 de gisements de gaz, une manne qui tourne malheureusement au vinaigre.
C’est bien ce cas et cinq ans après la parution de l’article dans l’hebdomadaire, que les deux économistes américains Corden et Neary s’étaient penchés pour le théoriser. Cette conceptualisation a servi pour analyser des cas historiques remontant à plusieurs siècles comme celui de l’Espagne avec l’or qui y affluait depuis ses colonies dans le nouveau monde ( Amériques ) et qui a provoqué selon ce modèle la crise de ce pays, alors que d’autres études, selon ce modèle, avaient passé en revue les cas de la Russie, de la Libye de l’Algérie et d’autres économies. Ces études ont souligné à chaque fois les limites de ce concept et le fait que le cas étudié ne répond pas tout à fait aux conditions prises comme hypothèses. Leurs démarches ne se justifient que par le paradoxe entre l’existence d’une manne financière exceptionnelle et de résultats économiques désastreux. Aujourd’hui et dans le cadre de notre contexte actuel, le cas de Dubaï, résultant des effets de la crise économique mondiale, qui était à l’origine financière, pourrait justifier le recours à ce concept. L’intérêt n’est pas de multiplier l’analyse de nouveaux cas pour maintenir une vie à un concept, mais d’analyser la situation pour en tirer les conclusions qui en résultent. Toutefois, faut-il retenir que dans le cas de Dubaï, le choc résulte à mon sens d’une extraversion excessive, même si certains projets d’investissements ont eu lieu physiquement sur le sol émirati. L’extraversion en matière d’investissement et la forte dépendance vis-à-vis du système monétaire et financier international pour une petite économie, cherchant à prendre démesurément place dans la cours des grands, a précipité sa chute à la première grande crise ayant touché le système monétaire et financier international. La direction et la nature des investissements devraient prendre en compte la taille du pays sur les plans démographique, territorial, technologique et l’existence pour lui d’un rôle ou non dans la gouvernance mondiale.
Thameur MAATOUG

La crise pas pour nous !

Si la crise affecte plusieurs secteurs, le marché mondial des télécoms connaît une hausse qui avoisine 3,8% en 2009. En effet ce dernier secteur est épargné car la crise accroit les besoins de communication des entreprises des différents secteurs, et ce contrairement aux transports physiques qui sont touchés de plein fouet. France Telecom par exemple a réalisé un chiffre d’affaires de 53,5 milliards d’euros, en hausse de 3% par rapport à l’année dernière. Néanmoins certaines entreprises, appartenant même à des secteurs réputés sinistrés, savent en profiter pour augmenter leurs chiffres d’affaires voire recruter du personnel, donc se développer en temps de crise. Dans ce contexte nous en citons neuf entreprises opérant en France et appartenant à des branches différentes.
Il s’agit notamment de
Ryanair, une compagnie low-cost, qui a ouvert d’autres lignes en 2009 et qui a enregistré une augmentation de 18% pour son nombre de passagers, prévoit d’atteindre les 100 millions de passagers d’ici trois ans. Quant à Asus, un fabricant taiwanais de matériel informatique, il a multiplié par 2,5 sa part de marché grace au bondissement des ventes de netbooks contrastant avec un marché en berne pour les PC.
Pour le suédois Ikéa est en passe de devenir le numéro 1 de l’ameublement en France avec une augmentation de 13% de son chiffre d’affaires en 2008 et ce grâce à ses fameuses cuisines à prix réduits et à la promotion de ses produits de décoration et accessoires. La start-up « vente-privée.com », spécialisée dans le déstockage, s’apprête à embaucher 300 personnes avant fin 2009, elle qui compte déjà 1000 salariés. Elle reçoit sur son site la visite d’un million d’internautes chaque jour pour des fins de séries de grandes marques, enregistrant ainsi une hausse de près de 50% de son chiffre d’affaires.
La grande surprise dans cet éventail d’entreprises défiant la crise, est Abeille Musique, qui a réussi où les grandes étiquettes, comme Universal, pâtissent sous l’effet du piratage on line. Elle doit sa réussite à une combinaison magique : délocalisation de la production des disques pour profiter d’avantage comparatif en matière de coûts, rachat de catalogues à bas prix misant sur des interprètes inconnus à côté de la commercialisation d’intégrales à prix compétitifs.

Dans le hard-discount, Lidl, une enseigne allemande, a représenté 1/5ème de la croissance des produits de grande consommation en France en 2008, en gagnant plus d’un million de clients supplémentaires.
Avec Nespresso, Nestlé traverse la crise comme si de rien n’était et ce grâce au succès du système de distribution fermé des légendaires capsules de café. La filiale enregistre une croissance de +35% par an depuis sept ans, et dégage un chiffre d’affaires de 1,6 milliards d’euros !
La vidéo à la demande fait les beaux jours de Canalplay une filiale de Canal+, qui a pu vendre 300 000 films en vidéo en quelques mois seulement. Le marché français atteint aujourd’hui 12 millions de téléchargements par an.
Enfin pour Duff, le Mc Donald à la française a réalisé cette année 70 millions d’euros de plus de chiffre d’affaires par rapport à celui de 2008. Avec 720 restaurants dans le monde (375 en France), 10 000 salariés et 5 usines de production, le groupe dirigé par Louis Le Duff est devenu le numéro 1 du fast-food à la française. Le groupe se porte à merveille et prévoit une soixantaine d’ouvertures d’ici deux ans avec un potentiel estimé à 1 000 points de vente dans l’Hexagone ! Au travers de ses enseignes (Brioche Dorée, Del Arte, Bridor, le Fournil de Pierre, Café Del Arte et la Madeleine). Si la crise est bien là, il se trouve que l’innovation, la bonne gestion et la détermination peuvent la vaincre.
Thameur MAATOUG

Développement durable : la balle dans le camp des bureaux d’études

Le ministre de l’Environnement, M. Nadhir Hamada a invité les Bureaux d’études tunisiens à se préparer pour assurer le diagnostic et la certification des entreprises tunisiennes pour accéder à l’écolabel tunisien. C’était lors de son allocution d’ouverture des journées internationales de l’ingénierie sur le thème « énergie, eau et développement durable dans la Construction et le Tourisme”. Le ministre qui a brossé un tableau des acquis en matière de gestion de l’environnement et étayé les objectifs du quinquennat 2009-2014, a exhorté l’ANBEIC ( Association Nationale des Bureaux d’Etudes et des Ingénieurs Conseils ), à travailler en étroite collaboration avec le CITET. L’objectif étant de doter les Bureaux d’études tunisiens de compétences capables d’assurer la fonction de certification de 500 entreprises au cours de ce quinquennat, et ce en identifiant les rares compétences et en assurant des sessions de formation pour les ingénieurs, pour en faire de futurs certificateurs, tout en impliquant des institutions étrangères notamment universitaires dans cette grande tâche à caractère urgent. Un fonds de 10 millions de dinars est disponible pour l’année 2010 afin d’atteindre l’objectif de 100 entreprises tunisiennes dotées de l’écolabel tunisien, l’objectif sur dix ans étant de 2000 entreprises. ( à suivre )
Thameur MAATOUG

Climat : état d’alerte maximale

Copenhague, ce rendez-vous de la communauté internationale, tant attendu, accouchera-t-il de décisions pratiques pour sauver la planète d’un cataclysme certain ?
Il faut garder cet espoir, mais l’hésitation et un modeste engagement risquent de mettre en péril l’avenir de notre écosystème planétaire. Les médias au nombre de 56 étaient en état d’alerte maximale en publiant un édito commun pour signaler à juste titre le danger qui guette l’humanité entière et la lourde responsabilité historique qui incombe à notre génération, avec les dirigeants des grandes puissances économiques en première ligne.
Il ne s’agit plus de démontrer les causes du réchauffement et l’implication de l’homme, il s’agit d’agir et de ramener le niveau des émissions de carbone en 2050,et ce à travers des mesures pratiques, à la moitié du niveau des émissions de 1990. Un pari qui devrait cerner le réchauffement à seulement 2°Celsius, faute de quoi il y aurait des centaines de millions de réfugiés climatiques avec tout ce que cela impliquera de conséquenses au niveau de la sécurité et déclenchement de futures guerres de l’eau. Des îles, des villes entières sont menacées de disparaître de la carte avec la montée du niveau des océans si l’homme poursuivra sa gestion destructrice. Les pays pauvres sont les plus vulnérables face à ce fléau pour lequel ils ne sont pas responsables. Dans quinze jours nous saurons si l’entente universelle l’emportera face à ce défi existentiel.
Thameur MAATOUG

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