Dubaï touché par le syndrome hollandais!

La réalité économique mondiale mute et se présente perpétuellement sous un angle nouveau, néanmoins certaines situations ayant prévalu dans le passé et suscité un effort de conceptualisation et de théorisation, pourraient guider l’analyse de situations plus récentes. Dans ce sillage, le « syndrome hollandais » apparaît comme un concept encore d’actualité. En effet ce phénomène économique inspiré du cas des Pays-Bas des années 1960, a été révélé pour la première fois par l’hebdomadaire britannique « The Economist » en novembre 1977 sous l’expression « Dutch Disease » dans un article retraçant la situation catastrophique de l’économie hollandaise à la fin des années 70, caractérisée par une forte inflation, un tissu productif déstructuré, un chômage en hausse et un moral en baisse. A l’origine de ces maux, la découverte et l’exploitation à partir de 1960 de gisements de gaz, une manne qui tourne malheureusement au vinaigre.
C’est bien ce cas et cinq ans après la parution de l’article dans l’hebdomadaire, que les deux économistes américains Corden et Neary s’étaient penchés pour le théoriser. Cette conceptualisation a servi pour analyser des cas historiques remontant à plusieurs siècles comme celui de l’Espagne avec l’or qui y affluait depuis ses colonies dans le nouveau monde ( Amériques ) et qui a provoqué selon ce modèle la crise de ce pays, alors que d’autres études, selon ce modèle, avaient passé en revue les cas de la Russie, de la Libye de l’Algérie et d’autres économies. Ces études ont souligné à chaque fois les limites de ce concept et le fait que le cas étudié ne répond pas tout à fait aux conditions prises comme hypothèses. Leurs démarches ne se justifient que par le paradoxe entre l’existence d’une manne financière exceptionnelle et de résultats économiques désastreux. Aujourd’hui et dans le cadre de notre contexte actuel, le cas de Dubaï, résultant des effets de la crise économique mondiale, qui était à l’origine financière, pourrait justifier le recours à ce concept. L’intérêt n’est pas de multiplier l’analyse de nouveaux cas pour maintenir une vie à un concept, mais d’analyser la situation pour en tirer les conclusions qui en résultent. Toutefois, faut-il retenir que dans le cas de Dubaï, le choc résulte à mon sens d’une extraversion excessive, même si certains projets d’investissements ont eu lieu physiquement sur le sol émirati. L’extraversion en matière d’investissement et la forte dépendance vis-à-vis du système monétaire et financier international pour une petite économie, cherchant à prendre démesurément place dans la cours des grands, a précipité sa chute à la première grande crise ayant touché le système monétaire et financier international. La direction et la nature des investissements devraient prendre en compte la taille du pays sur les plans démographique, territorial, technologique et l’existence pour lui d’un rôle ou non dans la gouvernance mondiale.
Thameur MAATOUG

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160360 Sfax
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