Archive pour janvier 2010

Rôle de la monnaie dans la révolution industrielle

L’or détourné de l’Espagne par les orfèvres banquiers, précipitant sa chute, avait atterri principalement en Angleterre au 16ème siècle où une mutation socioéconomique allait s’opérer bouleversant, et le système d’organisation de la société, et le système politique en engendrant une véritable révolution industrielle au 17ème siècle. La banque Rothschild, première institution monétaire au vrai sens du terme, avait accompagné et soutenu ce mouvement et cette mutation en Angleterre, en Allemagne puis en France. L’Angleterre était un pays agricole avec un système féodal et où la famille royale et la Noblesse, à côté de l’Eglise, étaient les classes dominantes face aux serfs qui étaient des «biens immeubles par destination», liés aux fermes appartenant à la classe des Nobles. L’or arrivé d’Espagne a constitué les fonds nécessaires au sens de Ricardo, pour jeter les bases d’une nouvelle économie industrielle, attirant vers elle la classe des serfs pour devenir une classe de prolétaires, exploitée par une nouvelle classe bourgeoise qui gère les ateliers de production manufacturière. Cela va retentir jusqu’à l’arène politique où les classes autrefois dominantes ont perdu de leur pouvoir face à la classe bourgeoise dont l’influence et la représentativité prennent sans cesse de l’ampleur. Du fait de ce bouleversement, une accumulation de produits industriels caractérise désormais la nouvelle économie. La théorie mercantiliste n’est plus d’actualité et est supplantée par celle du libre échange d’Adam Smith qui a démontré l’avantage comparatif résultant de l’ouverture et de la spécialisation face à l’autarcie et au mercantilisme.
Thameur MAATOUG

Monnaie : les actifs toxiques remontent au 16ème siècle !

S’il est convenu que le colonialisme avait débuté au 16ème siècle, il faut se rappeler que l’expédition maritime de Christophe Colomb en 1492, débouchant sur la découverte de l’Amérique, en était le prélude. Ces colonies dans ce «nouveau monde», avaient permis à la Péninsule ibérique et essentiellement l’Espagne, à devenir la première puissance de la Méditerranée occidentale face à la puissance de l’Empire Ottoman. L’argent avait joué un rôle important aussi bien dans la propulsion de ce pays ibérique, que lors de son déclin. En effet l’or accumulé, en provenance de l’héritage des royaumes arabes dans la péninsule mais surtout celui transféré de l’Amérique, avait donné à l’Espagne son statut de maître des eaux. Profitant de la situation, l’orfèvrerie avait connu son apogée à cette époque et les orfèvres étaient devenus aussi des banquiers. Passant du statut de simples déposants à la création monétaire, les orfèvres délivraient des certificats de dépôts puis même des certificats fictifs représentant les premiers actifs toxiques de l’histoire de la monnaie. L’or détourné par les orfèvres, prenait son chemin vers l’Angleterre, alors que l’Espagne commençait à sombrer et à subir la banqueroute. Hier comme aujourd’hui les crimes monétaires passent inaperçus, même si on essaie d’hypertrophier une affaire comme celle de Madoff lors de la dernière crise financière mondiale. Il s’agit tout simplement d’un arbre cachant la forêt.
Thameur MAATOUG

Maladie d’Alzheimer : bientôt détectable par votre ophtalmo ?


Publié dans Maxisciences.com le 16/01/2010

Une méthode détectant la mort des neurones via un ophtalmoscope permettrait de diagnostiquer à l’avance certaines maladies neurodégénératives, comme Alzheimer.

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative, elle affecte le cerveau par la mort des neurones. Elle entraîne une diminution progressive et irréversible des facultés mentales, notamment de la mémoire.

Une équipe de chercheurs a trouvé un moyen de déterminer chez les souris, celles qui étaient les plus enclines à développer cette maladie. Pour cela, il faut pouvoir détecter le nombre de neurones mourants ce qui, hélas, n’est pas chose facile. La maladie d’Alzheimer est la plupart du temps diagnostiquée trop tard, quand ses symptômes sont apparents et que les dommages sont déjà importants.

Les scientifiques ont donc pensé à se référer aux cellules des yeux via un simple ophtalmoscope car la mort des cellules s’élargit au niveau de la partie arrière des yeux. Les cellules meurent soit par apoptose, mort programmée par l’organisme, soit par nécrose, c’est-à-dire par cassure de la membrane plasmique de la cellule qui, perdant son contenu cytoplasmique, meure. Au début de la maladie, les cellules meurent par apoptose, puis progressivement, la nécrose la remplace.

Durant leurs expérimentations, les scientifiques ont injecté dans les yeux de souris un colorant vert pour détecter les cellules mourant d’apoptose, ainsi qu’un colorant rouge pour les cellules arrachées par une nécrose. Ils ont ensuite observé à l’ophtalmoscope la partie arrière des yeux des rongeurs, là où les cellules mourantes peuvent être détectées. Grâce à différents filtres, ils ont pu aisément détecter les cellules fluorescentes reconnues comme nécrosées ou apoptotiques selon leur couleur.

Il s’est avéré que beaucoup plus de cellules malades étaient présentes chez les souris victimes d’Alzheimer que chez les souris saines. Plus la maladie en était à un stade évolué, plus les cellules nécrosées étaient présentes par opposition aux cellules apoptotiques dont le nombre diminuait.

Chez les souris, il a été possible d’arrêter le processus lorsque les cellules n’étaient encore victimes que d’apoptose en leur administrant le médicament contre Alzheimer, la mémantine.
Ces conclusions pourraient être utiles pour diagnostiquer Alzheimer chez l’être humain bien avant les symptômes apparents tels la perte de mémoire et donc, ralentir fortement voir stopper la maladie. De plus, l’évolution de la maladie serait visible via les cellules et un traitement plus adapté pourrait être prescrit selon le stade de la maladie. Cependant, les coûts de cette technique seraient très élevés.

Télétravail : la France à la traîne


Le centre français d’analyse stratégique (CAS) vient de publier une étude sur la situation du  télétravail en France par rapport aux pays de l’OCDE intitulée « Le développement du télétravail dans la société numérique de demain ». Etude commandée par le gouvernement  pour favoriser le développement du télétravail en France où il est moins répandu que dans plusieurs pays industrialisés, tout en évitant les éventuels abus liés à ce genre d’activité. Elle est adossée à des statistiques tirées d’une étude réalisée par l’INSEE, en mars 2009, sur l’usage de l’internet dans les entreprises.

 Mais qu’est-ce, d’abord, le télétravail ? Il peut être défini comme étant le travail qui s’effectue, dans le cadre d’un contrat de travail, au domicile ou à distance de l’environnement hiérarchique et de l’équipe du travailleur, à l’aide des technologies de l’information et de la communication.

En effet, à l’ère du numérique et de la société de connaissance le télétravail ne cesse de prendre de l’ampleur. Les technologies numériques modèlent chaque jour davantage nos modes de vie et par conséquent nos façons de travailler : Internet, les ordinateurs portables et les téléphones mobiles trouvent des applications dans tous les domaines d’activité et sont déjà porteurs de transformations importantes du travail. Elles ouvrent des opportunités inédites à l’essor du télétravail.

Cependant, la France n’atteint que la faible proportion de 7% de travailleurs concernés par le télétravail. Elle accuse un grand retard par rapport à ses voisins européens. Les télétravailleurs dépassent 20% dans les pays du nord (Finlande, Danemark, Pays Bas). Ils représentent entre 15 et 20% dans les pays du centre de l’Europe et anglo-saxons (Allemagne, Royaume-Uni, Suisse) et sont entre 10 et 15% en Grèce, Italie et Belgique.

Pourtant, à l’heure de la crise où tout le monde cherche à faire des économies, le télétravail - total ou partiel - redevient une piste à creuser. Il présente des avantages importants tant pour l’entreprise (économie de bureaux et d’énergie, diminution de l’absentéisme) que pour le salarié (conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle, économie en frais de transport et de garde d’enfants, …).

Le télétravail repose sur un double volontariat employeur-employé. Il nécessite avant tout une confiance mutuelle. Cependant un cadre juridique solide et clair est indiscutablement nécessaire pour que le télétravail ne soit pas une zone de non-droit.

Monétairement Vôtre !

L’Histoire de la monnaie est révélatrice, à travers ses turbulences, de l’origine des différentes crises et des mutations économiques qui se sont opérées à travers les époques. Cela remonte à la Chute de l’Espagne à la fin du 16ème siècle, précipité par des coups bas de la part des orfèvres banquiers. La crise de 1929-34, était une autre phase de l’histoire de ces turbulences, la chute préméditée de la banque libanaise Intra en est une autre. Le premier choc pétrolier de 1973 retrace l’identité monétaire de cette richesse exprimée en pétrodollar. La dernière crise monétaire et financière mondiale déclenchée par les « subprimes » est la dernière illustration du rôle central de la monnaie dans l’histoire socioéconomique du monde. Pour étayer le sujet nous proposons une série d’articles sous l’intitulé général de la rubrique « Monétairement Vôtre ». (A suivre)
Thameur MAATOUG

La Chine : record après record

Il y a seulement un an que l’Empire du milieu avait conquis sa place de troisième puissance économique devant l’Allemagne. Les statistiques de 2009 attestent désormais que la Chine est devenue le premier exportateur mondial en déclassant l’Allemagne en seconde position. Cet exploit est attendu et les performances chinoises ne s’arrêteront pas à ce stade. Il s’agit d’une économie à forte croissance défiant même la crise mondiale. En effet, elle vient d’enregistrer un taux de croissance de 8,3% en 2009, grâce à plusieurs facteurs déterminants. D’abord la faiblesse artificielle du yuan qui est une arme monétaire redoutable face au dollar, ensuite les faibles coûts de la main d’œuvre, payés jusqu’à vingt fois moins qu’en Europe au Japon et aux USA, lui fournissant un avantage comparatif réel. C’est avec plus de 1200 milliards de dollars d’exportations au dernier exercice, qu’elle a pu réaliser un solde positif de 195 milliards de dollars. La structure de ses produits exportés ne se limitent  plus aux jouets, meubles, chaussures, vêtements, mais s’orientent aussi et de plus en plus vers des produits à haute valeur technologique comme l’électronique, l’automobile et même l’aéronautique. L’appétit chinois bute sur l’objectif d’occuper la deuxième place dans l’économie mondiale devant le Japon et aspire à devenir la première puissance mondiale d’ici 20 ans en déclassant les USA. Un pari accessible surtout qu’on sait que la part de la Chine dans les exportations mondiales a plus que triplé en une décennie représentant aujourd’hui 10% alors qu’elle n’était que de 3%.
Le déplacement du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’Asie, prédit par les économistes, se confirme de jour en jour dans la réalité.
Thameur MAATOUG     

Mobilité des personnes et des emplois en Méditerranée : une idée pratique

Le discours prononcé par le ministre tunisien de l’Emploi et de l’Insertion professionnelle des Jeunes, à l’ouverture de la conférence organisée, le mardi 5 janvier 2010 à Tunis, conjointement par  son Département et la Banque mondiale pour présenter et discuter deux rapports de la Banque mondiale sur le thème de l’emploi et l’immigration : « Préparer l’avenir, une perspective à long terme de la mobilité des personnes et des emplois pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord» et « Migration de la main d’œuvre de l’Afrique du Nord : impacts de développements, défis et options de politiques migratoires», était pertinent. En effet la stratégie tunisienne en matière de maîtrise des flux migratoires, telle que étayée dans la communication de Monsieur Slim TLATLI, prend en compte tous les aspects du sujet non seulement en se basant sur les réalités actuelles, mais surtout en intégrant les projections démographiques d’ici l’an 2050, notamment le déficit structurel de l’Europe  estimé à plusieurs dizaines de millions de travailleurs. D’où la nécessité de coordonner les politiques migratoires entre les deux rives du bassin occidental de la Méditerranée. Dans ce sillage, j’avance l’idée pratique de créer un fonds tunisien, à l’image du fonds 21-21, spécial migration, qui sera financé par la CNSS, les banques, l’Etat, et avec le concours d’Institutions européennes, pour accompagner financièrement la formation en Europe de plusieurs dizaines de milliers de diplômés tunisiens actuellement en chômage. Cette formation, qui devrait durer six mois en pays étrangers (Europe, Amérique du Nord, Australie, Japon), sera axée sur le perfectionnement, en langues étrangères, l’utilisation des TIC et accompagnée de stages d’un ou deux mois dans des entreprises étrangères. Ce complément de formation postuniversitaire devrait combler des déficits linguistiques en milieu purement francophone, anglophone, germanophone,…
Les tests d’évaluation débouchant sur un diplôme devraient se dérouler en Tunisie mais par un staff étranger. Cette mesure garantira le retour obligatoire des Jeunes ayant suivi la formation à l’étranger pour alimenter, et le marché de l’emploi local, et ceux de l’étranger. Les candidats retenus pour exercer un emploi à l’étranger seront contraints de cotiser dans ce fonds de la migration pour lui permettre de poursuivre sa mission et atteindre ses objectifs. Les entreprises étrangères qui recrutent ces candidats devraient également contribuer au financement de ce fonds.
Thameur MAATOUG

Grippe A H1N1 : le geste de Sanofi Pasteur

Répondant favorablement à la décision d’annulation de commandes de 50 millions de doses de vaccins contre la grippe A (H1N1), annoncée par la ministre française de la Santé Roselyne Bachelot, le laboratoire Sanofi Pasteur a accepté la résiliation du contrat pour ses 9 millions de doses sans exiger la moindre indemnité. Un geste citoyen louable mais qui n’a pas encore été suivi par les autres laboratoires fournisseurs de ce vaccin. D’intenses tractations entre le ministère et l’Industrie pharmaceutique se déroulent actuellement pour trouver un compromis. En effet le ministère s’adosse sur le fait que le vaccin à une injection suffit, alors que le vaccin proposé est à double injection. De leur côté, les laboratoires pourraient se baser sur l’absence de clause dans le contrat concernant une possible résiliation.
Cette décision qui devrait profiter au budget de l’Etat ne cache pas pour autant la conclusion précipitée de ces contrats où les besoins ont été surestimés. Aujourd’hui et sur les 94 millions de doses initialement commandées, on a à peine franchi le cap de cinq millions de vaccinés.
Cette opération de déstockage ou de revente, concerne, outre la France, d’autres pays comme l’Allemagne qui, ont dû y recourir pour avoir opté tout au début de la manifestation de cette grippe atypique et par précaution à des commandes gonflées afin d’éviter le scénario de la pénurie.
Thameur MAATOUG

Les fiançailles du couple Japon-Chine

Alain Peyrefitte annonçait depuis des décennies dans son livre intitulé « Quand la Chine s’éveillera le monde tremblera », l’arrivée de ce géant sur la scène internationale. Aujourd’hui, la Chine avec son taux de croissance le plus élevé dans le monde, qui se situe depuis des années autour de 10%, est devenu l’Eldorado des investisseurs étrangers et le conquérant économique par excellence des marchés américain et européen. L’une de ses derniers forcings prenait pour cible le Continent africain, notamment avec les mesures prises lors du sommet Chine-Afrique qui s’est déroulé à Charme El Cheikh. Paradoxalement son frère-ennemi asiatique qu’est le Japon, souffre depuis plus d’une décennie de la stagnation économique avec un taux de croissance autour de 0%. Mais les changements politiques de part et d’autre, ont fait qu’un réchauffement diplomatique graduel s’installe entre la Chine et le Japon. Le changement le plus important est l’accès historique de l’opposition japonaise au pouvoir mettant fin à un monopole des libéraux.
Le gouvernement nippon Hatoyama multiplie les gestes amicaux envers Pékin et les multiples ballets diplomatiques dans les deux sens attestent de l’inauguration d’une nouvelle ère entre les deux puissances asiatiques. Leur devise est d’orienter leurs relations bilatérales vers l’avenir et d’oublier les différends du passé, notamment le comportement de l’armée impériale en Chine lors de la deuxième guerre mondiale. Ce rapprochement sino-nippon suit maintenant un développement de la coopération sur les plans stratégiques et économique. Ni les gisements pétrolifères et gazifières en mer commune, ni l’affaire des raviolis avariés, ne pourraient faire obstacle à cette relance. Objectivement, Tokyo a besoin de la Chine en tant que atelier et aussi en tant que grand marché pour ses produits, alors que la Chine a besoin d’être « contaminée » par la technologie japonaise, très avancée et top niveau. Le couple vient d’annoncer cette alliance stratégique qui parait prendre l’habit de fiançailles entre la Chine et le Japon.
Thameur MAATOUG

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