Trève de sondages. Politiques, faites entendre vos idées, les Tunisiens les attendent pour se décider !

Nous avons beaucoup hésité, malgré plusieurs demandes insistantes à révéler  les résultats des sondages que nous sommes en train de réaliser. En effet, nous avons plaidé seuls contre tous pour l’interdiction de la publication des sondages, après avoir appelé en vain depuis mars 2011 à mettre en place un cadre légal qui régisse le secteur des sondages politiques et une autorité de contrôle qui les valide avant publication. N’ayant pas vu de résultat suite à cet appel, nous avons appelé les journalistes à jouer le rôle de cette autorité en proposant d’assurer leur formation dans un secteur qui, nous insistons dessus, leur est parfaitement accessible. Il ne faut pas oublier que le créateur des sondages politiques n’est autre que Gartner… un journaliste ! Certes, cela n’était pas aisé. Mais le fait est que ce nouvel appel n’a pas été couronné de succès. Cela étant, beaucoup de journalistes, de politiques et de membres de la société civile, en plus de nombreux citoyens tunisiens ont été sensibilisés aux dangers potentiels des sondages politiques notamment quand ceux-ci sont mal faits, ce qui est le cas de la quasi-totalité des sondages réalisés en Tunisie (nous n’insisterons jamais suffisamment là-dessus, et nous appelons tout le monde à enquêter plus sérieusement sur cet aspect. Tout Tunisien est capable de mener cette enquête et d’aboutir à des conclusions sans appel, en s’aidant le cas échéant de ce qui a déjà été dit sur le sujet).  Il ne nous restait plus qu’à appeler à l’interdiction de la publication des sondages pour se prémunir contre les  dangers qu’ils présentent pour le processus démocratique en Tunisie qui n’a qu’un seul choix. Il doit absolument réussir. L’enjeu est national, régional, communautaire et même mondial. L’avenir du monde est en partie, en train de se jouer en Tunisie, le 23 octobre 2011. Les sondages ne peuvent pas se permettre de contribuer à une contestation des résultats ou des troubles suite à la proclamation des résultats. L’ISIE a donc pris la sage décision d’interdire la publication et la diffusion des sondages d’opinion en relation avec les élections du 23 octobre tout comme les analyses et les commentaires diffusés par voie de presse y relatifs et cela à partir du 1er octobre 2011. Il faut rappeler que contrairement à ce que disent certaines voix mal renseignées que de telles mesures sont prises dans des démocraties des plus libérales. Le Luxembourg interdit la publication des sondages d’opinion (politiques) 30 jours avant le scrutin, la Corée du Sud 23 jours avant, l’Italie 15 jours avant après l’avoir interdit pendant de longues années 28 jours et la Suisse ayant porté cette interdiction de 7 à 10 jours depuis deux ans.

Même si nous faisons des sondages politiques régulièrement et que nous disposons à ce titre de résultats complets et fiables, nous n’allons pas verser dans la publication de tels sondages à deux heures de l’interdiction, que nous entendons respecter strictement et que nous appelons tous les Tunisiens soucieux de l’avenir de leur Pays à respecter également. Cela étant, nous allons donner quelques chiffres significatifs sans parler ni de partis ni de risquer d’influencer qui que ce soit. Nous pensons que ces chiffres seront bénéfiques en ce moment précis au processus démocratique car ils corrigent certains résultats donnés de manière fort stupéfiantes par d’autres sondages. Nous pouvons dire que le travail est fait avec un sérieux que nous croyons inégalable par aucun acteur mondial, et pas seulement tunisien, s’agissant de sondages portant sur la Tunisie et nous laissons tous les lecteurs méditer ces chiffres, qui nous l’espérons, permettront de relancer le processus électoral tant qu’il reste du temps. Pas beaucoup de temps, mais il en reste encore et la campagne électorale commence dans moins de deux heures. Ces chiffres sont issus d’un sondage ayant porté sur un échantillon de 3.008 Tunisiens âgés de 18 ans et plus, représentatifs de la population tunisienne ayant le droit de voter. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas. Les variables de contrôle sont comme pour tous nos sondages, l’âge (6 tranches), le sexe (2), la région (8 régions couvrant les 24 gouvernorats), le milieu (urbain et rural et couvrant les 264 délégations) et la CSP (9).

Le sondage s’est déroulé entre le lundi 19 septembre et dimanche 25 septembre 2001.

  • Le premier « parti » en Tunisie sont les Indécis, ils représentent encore 53% des électeurs.
  • Aucun parti n’arrive à un taux d’intention de vote de 20%.
  • L’abstention confirmée est pour l’instant de 6% mais pourrait atteindre 20% si rien ne change.
  • Les Tunisiens qui ont été favorables au référendum sont de 15%.
  • Nous sommes par ailleurs en train de conduire un sondage quotidiennement qui montre que la place de deuxième force politique du Pays est en train de changer ou sur le point de l’être.

Tout cela veut dire que rien n’est fait et que tout est encore possible. De la répartition des Indécis dépendra le sort des urnes, mais rien n’est joué jusque là. Cela laisse encore une chance à tout le monde. Aucun parti n’est assuré d’être en pôle position et la lutte pour les places qui suivent promet d’être passionnante. Nous ne sommes que sondeurs et n’avons aucun conseil à donner à aucun parti, mais ne pouvons que nous réjouir que le jeu est encore très ouvert et qu’on va revenir à un débat d’idées pour séduire les Tunisiens qui sont en attente de sincérité, de loyauté à ce pays et d’assurance quant à son avenir. Mesdames, Messieurs, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Creusez-vous les méninges et faites parler votre cœur pour que vive la Tunisie et les Tunisiens !

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Une réponse à Trève de sondages. Politiques, faites entendre vos idées, les Tunisiens les attendent pour se décider !

  1. bouthour dit :

    j’espère seulement que le jour du 23 octobre, le tunisien électeur prendra conscience de l’enjeu qui se présente et du défi à relever pour faire avancer notre pays vers l’émergence et le développement économique et social.

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