16.2.2009 par Moncef Ben Amor.
Nicolas Sarkozy et barack Obama sont tous deux issus de l’émigration. Ils ont accompli des parcours exceptionnels qui les ont conduits le premier à l’Elysée et le second à
Les deux dirigeants partagent cette capacité à sentir les gens et donc cette prédisposition, en termes pratiques, à travailler, si nécessaire, avec des collaborateurs qui ne font pas partie de leur camp ou qui ne partagent pas entièrement leurs convictions. Dans un esprit d’ouverture certes mais qui n’est pas dénué d’arrière-pensées politiques.
En s’assurant les services de nombreux ténors de la gauche française, Nicolas Sarkozy, par exemple, n’en aura pas moins réussi aussi à décapiter le PS, s’inspirant en cela de François Mitterrand qui aurait confié un jour à Maurice Schumann : «Deux hommes en France ont fait reculer le communisme, le Général De Gaulle en le combattant et moi, en m’alliant avec lui».
Obama qui n’a eu de cesse de répéter, tout au long de sa campagne, qu’il était prêt à travailler avec chacun de ses compatriotes désireux de servir son pays fait même des émules : tirant la leçon de sa déroute électorale du 4 novembre dernier, le parti républicain vient, en effet, de changer de peau, en portant à sa tête un Afro-Américain, en la personne de Michael Street, une vedette de la télévision par câble et ancien gouverneur adjoint du Maryland.
Disposant tous deux d’une solide formation juridique, Obama et Sarkozy ont aussi la réputation d’être d’excellents communicateurs. Ce que l’on ne saurait ranger dans la catégorie des dénominateurs communs, c’est cependant leurs expériences et surtout la conception que chacun d’eux a du pouvoir. En clair : le moralement correct que s’est imposé le nouveau président américain l’a déjà conduit à faire son mea-culpa : «J’ai foiré», vient-il d’admettre, en allusion à deux importantes nominations auxquelles il a dû renoncer à contrecœur après qu’il s’est avéré que les personnalités proposées n’étaient pas en règle avec le fisc. Son homologue français en fera-t-il de même si le même cas ou un autre venait à se poser ? On est bien en droit de se le demander.
Moncef BEN AMOR
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13.2.2009 par Moncef Ben Amor.
Près d’un millier de médecins, toutes spécialités confondues, sortent en moyenne, chaque année, des universités tunisiennes. De 755 au cours de la saison universitaire 2004-2005, leur nombre est passé en effet, nous précise-t-on au ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Technologie et de la Recherche Scientifique, à 1215 au cours de la saison 2007-2008. Ce qui donne, si l’on tient compte des chiffres des deux saisons intermédiaires, une moyenne de 990 nouveaux médecins par an.
Comment s’effectue leur intégration dans la vie active, peinent-ils à trouver un emploi ? Le nombre de ceux qui exercent actuellement, à travers tout le territoire national, est de 11.000, nous précise-t-on au ministère de la Santé publique. Ils se répartissent presque à égalité : 6000 (55 %) dans le public et 5000 (45%) dans le privé. Au nombre de 2000, la plupart des médecins dentistes (76%) exercent dans le privé, tout d’ailleurs comme les pharmaciens : sur les 2400 que compte la profession, 79 % d’entre eux, soit quatre pharmaciens sur cinq, exercent dans le privé. Le personnel paramédical est autrement plus important. Il compte plus de 41000 âmes, hommes et femmes, dont 12 % seulement sont dans le privé. L’on compte, enfin, à l’heure actuelle, toujours selon la même source, un médecin pour 928 habitants.
Cette catégorie de cols blancs est-elle affectée par le chômage ? « Le nombre de ceux qui n’exercent pas effectivement est assez limité, voire insignifiant, à en croire notre interlocuteur au ministère de la Santé. Il s’agit plutôt, explique-t-il, d’un chômage déguisé en ce sens que ceux qui déposent une demande pour un poste dans le public, hôpitaux et autres, ne restent généralement pas les bras croisés. En attendant, ils tentent leurs chances dans le privé où, vu surtout le nombre de plus en plus croissant d’étrangers, Libyens et autres, qui choisissent de se faire soigner dans notre pays, les opportunités d’embauche sont bien réelles. Autre chose : la plupart des postulants à un emploi préfèrent exercer dans les grandes villes et surtout à Tunis. Ils sont généralement réticents à l’idée qu’ils puissent être affectés ailleurs ».
Pour notre interlocuteur au ministère de l’Enseignement Supérieur, le nombre de ceux qui n’ont pas encore réussi à décrocher un emploi ne devrait pas, en tout état de cause, dépasser les 5 à 10 % de l’ensemble des effectifs.
Moncef BEN AMOR
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6.2.2009 par Moncef Ben Amor.
En plus des études elles-mêmes, certaines carrières nécessitent un profil particulier. Cela est particulièrement vrai pour la politique où d’autres critères entrent en ligne de compte comme la personnalité du sujet, son charisme, ses talents oratoires, sa force de conviction, etc. Autrement dit, ce n’est pas parce qu’on a suivi telle filière ou que l’on a été dans telle ou telle université que l’on est en droit de prétendre à une carrière politique. Margaret Thatcher, par exemple, qui a fait des études de chimie, était toute destinée à une carrière scientifique. Elle a fini par atterrir à 10 Dowing Street, la résidence officielle des premiers ministres britanniques. Classée en 2008 comme la femme la plus puissante du monde par le magazine américain Forbes, la chancelière allemande Angela Merkel, qui a obtenu un doctorat de physique en 1986, semblait vouée, elle aussi, à une grande carrière scientifique. Mais le destin en a décidé autrement : elle est aujourd’hui à la tête de la troisième puissance économique au monde, après les Etats-Unis et le Japon. Autres exemples, aux Etats-Unis cette fois: rien ne prédestinait George Washington, l’un des pères fondateurs de l’Amérique et dont l’anniversaire est toujours jour férié aux USA, à une carrière politique. Très doué en mathématiques, on le voyait plutôt comme enseignant dans une prestigieuse université. Même chose pour Harry Truman, le 33 ème président américain et dont le nom est associé aux bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki : il n’a jamais franchi la porte d’une enceinte universitaire.
Des exceptions ?
Ce sont des exceptions, serait-on tenté de dire. Soit. Mais il est tout de même une certitude : de la France aux Etats-Unis, bon nombre de ceux qui ont marqué la scène politique, notamment depuis la Seconde guerre mondiale, ont ceci de particulier : ils ont poursuivi des études de droit, et à un degré moindre d’économie, qui leur ont permis, avant d’accéder au sommet du pouvoir, d’exercer au barreau ou d’enseigner à l’université. Homme politique doublé d’un grand intellectuel, François Mitterrand, par exemple, avait terminé des études d’avocat à Paris. Maîtrisard en droit privé, Nicolas Sarkozy a exercé, quant à lui, pendant un certain temps au barreau, avant d’assumer des charges ministérielles.
Mais c’est aux Etats-Unis que la tendance est encore plus affirmée. Nombre de ceux qui ont fait l’histoire de ce pays ont plus d’un trait en commun. En parcourant leurs biographies, à l’occasion de l’investiture d’Obama, il s’avère, en effet, que certains d’entre eux ont milité dans des organisations secrètes ou étaient des membres plus ou moins actifs de la franc-maçonnerie. Ronald Reagan, par exemple, s’est fait remarquer, dès sa prime jeunesse, par ses diatribes anti-soviétiques. Mieux encore : tout en étant opposé à l’interdiction du Parti Communiste sur le sol américain, il n’éprouvait aucune gène à dénoncer des amis communistes.
Ce qui retient aussi l’attention, c’est qu’aussi bien à l’école qu’au collège ou à l’Université, certains dirigeants se sont déjà montrés particulièrement brillants. Pour revenir à Obama, il fut, par exemple, le premier afro-américain à présider la fameuse Harvard Law Review (une revue de droit qui fait autorité et dont la Rédaction en Chef a été toujours assurée par un Blanc). Après de brillantes études secondaires, Richard Nixon, qui a dû quitter précipitamment la Maison Blanche en raison du scandale du Watergate (du nom de l’immeuble qui abrite le siège du Parti démocrate à Washington), s’est vu offrir une bourse par la prestigieuse Université Harvard Il n’y mettra cependant jamais les pieds et pour cause : ses parents n’avaient pas les moyens de lui payer les autres frais d’études. Encore lycéen, Bill Clinton sera choisi, quant à lui, pour faire partie d’une délégation d’élèves sélectionnés pour leur mérite pour une visite de la maison blanche. C’est là qu’il rencontre John Kennedy et avec lui le rêve – pourquoi pas ?- d’un avenir hors du commun.
Quatre mandats successifs
Autre trait en commun : la nature des études ou le cursus, comme on dit, et là, les noms de deux prestigieuses universités, à savoir Yale et Harvard, reviennent constamment dans ces biographies. Avocat en droit civil, Barack Obama, pour revenir encore une fois à lui, a enseigné le Droit Constitutionnel à l’Université de Chicago. Après des études de droit à l’Université Duke, en caroline du Nord, Richard Nixon est devenu, quant à lui, un avocat bien connu de la ville de New york. Bill Clinton, le second président américain à échapper à une procédure d’empeachement (destitution) en raison de l’affaire Lewensky, a poursuivi, lui aussi, des études de droit à l’Université Yale. Franklin Roosevelt, le seul président américain à avoir accompli quatre mandats successifs et l’un des principaux acteurs de la Seconde guerre mondiale, fut engagé, dès 1908, en qualité d’avocat par un prestigieux cabinet d’affaires de Wall Street. Partisan de la politique dite du Big Strick (gros bâton) et, paradoxalement, Nobel de la paix en 1906, Théodore Roosevelt, a poursuivi, lui aussi, des études de droit à l’université harvard. Abraham Lincoln, dont le nom est associé à la guerre de Sécession et à l’abolition de l’esclavage et qui est mort assassiné par un extrémiste, a pour sa part commencé à exercer comme avocat en 1937.Thomas Jefferson, enfin, qui faisait partie de l’élite des lumières et qui a réussi à doubler la superficie des Etats-Unis, en rachetant
Moncef BEN AMOR
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6.2.2009 par Moncef Ben Amor.
L’économie a son propre vocabulaire. Le mot délocalisation, par exemple, signifie qu’une entreprise choisit de changer de domicile, en s’installant dans un autre pays où elle est assurée de produire la même qualité, à moindre coût. Le mot sous-traitance signifie, quant à lui, que pour des raisons de coût, de marché ou de proximité géographique, une entreprise se débarrasse d’une partie de ce qu’elle produit pour la confier à une autre.
Avec les premières annonces de Barack Obama, on se rend compte que ces deux mots peuvent avoir aussi une autre signification, politique celle-là.
Pour des raisons non de gain de productivité mais d’opportunisme politique,
En décidant la fermeture de ces prisons, en plus de celle de Guantanamo, c’est, au-delà d’un double aspect politique et moral évident, des feux de forêt qu’Obama risque, en fait, de rallumer sous d’autres cieux, de nombreuses personnalités européennes, dont des parlementaires, ayant déjà demandé – en vain- que le voile entourant cette affaire soit levé.
Moncef BEN AMOR
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6.2.2009 par Moncef Ben Amor.
Ceux qui s’attendaient à des avancées lors du forum Economique Mondial de Davos en ont pour leurs frais. Pour diverses raisons, de nombreux acteurs de la scène économique mondiale n’ont pas fait le déplacement et au lieu de focaliser sur les raisons profondes de la crise et les moyens de la surmonter, le débat a glissé parfois sur le terrain politique. Vladimir Poutine, le premier ministre russe, a pointé du doigt les Etats-Unis et
Il y a eu des crises par le passé et il y en aura certainement dans le futur. La situation, cette fois, est cependant autrement plus complexe. Au nom d’un néo-libéralisme cher à la droite conservatrice américaine, on s’est fié, ces dernières années, des deux côtés de l’Atlantique, au libre jeu de la concurrence. Les pouvoirs publics se sont faits – volontairement ou non – quelque peu discrets, laissant le champ libre à l’émergence de pratiques peu orthodoxes, pour ne pas dire tout à fait malhonnêtes. A la logique de l’offre et de la demande, qui est le propre d’une économie saine, il s’est substitué en effet peu à peu, et comme par enchantement, une logique spéculative qui, s’étendant d’un secteur à l’autre, a fini par « contaminer » tout le système économique mondial.
Au commencement, ce furent les fameuses subprimes ou plus exactement ces créances immobilières que les banques US n’étaient plus en mesure de récupérer, faute de garanties sérieuses. Cela a fini par précipiter au bord du gouffre tout le système financier américain Il y a eu ensuite l’envolée des prix pétroliers, avec un baril trois à quatre fois plus cher qu’avant alors qu’il n’y avait aucun signe d’une augmentation subite de la demande. Il y a eu, enfin, le renchérissement spectaculaire de certains produits alimentaires comme le riz dont les cours ont été multiplié par dix passant, en très peu de temps, de 40 à 400 dollars US la tonne.
Ce qui ajoute à la confusion, c’est que, sous certains cieux, les pouvoirs publics sont confrontés, de nos jours, à un véritable dilemme : d’un côté, ils sont obligés de puiser dans l’argent des contribuables pour sauver de la faillite des banques ou des constructeurs automobiles et de l’autre, ils sont révoltés à l’idée que ces banques continuent à verser primes et bonus à leurs employés, traders et autres, comme si de rien n’était. C’est «honteux», a dit Obama, en allusion aux sociétés de Wall Street qui ont versé à leurs employés en 2008 la coquette somme de 18,6 milliards de dollars en primes et bonus. Appelant les banques à se serrer la ceinture, le président français Nicolas Sarkozy a laissé, lui aussi, éclater sa colère, en apprenant que deux des principales banques françaises continuaient à verses primes et bonus et que pour certains traders parisiens qui occupent le haut du pavé, le montant de ces bonus pouvait atteindre les dix à douze millions d’euros par an.
Comment éviter qu’au nom de la crise, l’argent des contribuables ne finisse dans les poches de gens peu scrupuleux, banquiers et autres ? Utiliser l’argent des contribuables pour maintenir à flot des secteurs menacés par la crise, comme la finance ou la construction automobile, n’implique-t-il pas que les pouvoirs publics aient aussi un droit de regard sur la façon dont sera géré cet argent et donc, le retour à un certain dirigisme ? Les vastes programmes de relance et de sauvetage annoncés ici et là et où le volet social est loin d’être négligeable ne sont-ils pas annonciateurs d’un retour à l’Etat-providence que l’on croyait bel et bien fini ?
Autant de questions, en somme, auxquelles, il faut bien l’espérer, le prochain sommet de Londres tentera d’apporter des réponses.
Moncef BEN AMOR
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28.1.2009 par Moncef Ben Amor.
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Parce qu’il a brisé le tabou d’une Maison Blanche à laquelle il était pratiquement impensable qu’un non-blanc puisse un jour accéder et parce qu’il est porteur plus d’une charte morale – dont le monde a grandement besoin- que d’un nouvel ordre au sens communément admis du terme, le nouveau président américain sera sans doute suivi, pour un certain temps du moins, dans ses moindres faits et gestes.
Ses premières décisions ont valeur de messages. Elles éclairent sur ses intentions immédiates et futures .Elles sont édifiantes sur la manière dont il entend agir pour : primo, ne pas décevoir tous ceux qui, Noirs et Blancs, Démocrates et Républicains, lui ont fait confiance, en le portant au sommet du pouvoir. Secundo, mettre l’Amérique en harmonie avec elle-même en gommant, peu à peu, cette image de superpuissance arrogante et dominatrice privilégiant l’argument de la force à la force de l’argument qui lui colle désormais à la peau. Concrètement parlant, il s’agit pour lui de remplacer, peu à peu là encore, cette image d’une force brutale par celle d’une force tranquille à même de montrer la voie aux autres, dans le respect de ses propres valeurs et principes.
Barack Obama hérite, il faut bien l’admettre, d’une situation extrêmement difficile, voire tout à fait inédite depuis la seconde guerre mondiale – à l’exception du conflit vietnamien - et il lui faudra beaucoup d’énergie et de tact pour tenir ses promesses. Sa tâche ne s’annonce pas de tout repos. Loin de là. Triomphalement élu, la tentation pourrait être grande chez lui que d’essayer de battre le fer tant qu’il est chaud et d’entrer immédiatement dans le vif du sujet ? On est d’autant plus enclin à le croire que ses atouts sont, à première vue, loin d’être négligeables.
En effet, Le nouveau locataire de la Maison Blanche est assuré, tout d’abord, de ne pas être contrarié par un Congrès qui lui est acquis d’avance, puisque à majorité démocrate. Cela pourrait éviter des batailles inutiles entre la Maison Blanche et le Capitole. Dans l’équipe qu’il a choisie pour gouverner et dont le trait dominant est qu’elle allie «rigueur et pragmatisme», Obama peut compter aussi sur deux figures bien connues de l’establishment politique américain et qui sont censées être bien au fait des arcanes du pouvoir à Washington. Il s’agit du secrétaire à la Défense, Robert Gates, qu’il a confirmé dans son poste – une première dans les annales US- et qui doit planifier le retour, dans les seize mois à venir, des 140.000 soldats américains encore déployés en Irak. Il se pourrait qu’il soit remplacé une fois l’opération achevée. Il y a lieu de citer également Hillary Clinton, son ancienne rivale pour l’investiture démocrate, dont la nomination - sous conditions - à la tête du Département d’Etat a suscité quelques remous. Pour éviter tout conflit d’intérêts, son époux Bill Clinton, ancien chef de l’Exécutif américain, a dû d’ailleurs rendre publique la liste des donateurs de sa fondation. Il s’est également plié à une autre exigence : soumettre à l’appréciation de
Le choix de l’ancienne First Lady, l’une des cent meilleurs avocats aux Etats-Unis, a soulevé, en effet, foule d’interrogations. Obama a-t-il voulu la récompenser pour son précieux soutien lors des primaires démocrates ou cherche-t-il, au contraire, à lui barrer la route de la Maison Blanche pour 2012 ? Hillary Clinton aura-t-elle la haute main sur la diplomatie US ou assistera-t-on à une distribution des rôles, M. Obama se consacrant plutôt aux grands dossiers de politique interne et à leur tête la crise économique qui risque de plonger les USA dans une véritable récession ? Entre la Maison Blanche et le département d’Etat, la frontière sera, on le voit, difficile à délimiter.
Crédité d’un excellent capital de confiance et fort de ces atouts, l’ancien Sénateur de l’Illinois aura, à coup sûr, les coudées franches pour avancer et, si nécessaire, de façon rapide. Le fera-t-il ? La règle ou la tradition veut, tout d’abord, que le président américain se montre généralement assez prudent lors de son premier mandat. Le temps, certes, d’asseoir son pouvoir et de voir plus clair mais aussi de se préparer à un second mandat. Libre de toute contrainte électorale c’est alors, pendant son second mandat, qu’il passe sérieusement aux actes, quitte à susciter polémiques et remous. Mais il est aussi une autre caractéristique du système américain : les lobbies et groupes de pression sont légion et relèvent même d’une véritable culture. Obama s’est engagé à les « museler ». Y parviendra-t-il ? A supposer qu’il réussisse, cela prendra du temps. Troisième écueil, enfin, que le nouveau président américain doit surmonter et qui a trait à ce que l’on pourrait appeler de la sociologie politique : on a toujours miroité aux Américains l’existence d’un ennemi potentiel que les USA se doivent de combattre s’ils veulent prospérer et préserver leur sécurité. C’était le cas pour le communisme avec l’ « empire du mal », une formule chère au Président Ronald Reagan pour désigner l’ex-Union Soviétique. Ce fut le cas ensuite pour le terrorisme, sous la présidence Bush, avec l’ «axe du mal» formé par la Corée du Nord, l’Irak et l’Iran. Comment donner, dès lors, à l’opinion US une image plus positive des ennemis d’hier et la convaincre de la nécessité de leur prêter une oreille plus attentive, plutôt que de leur claquer la porte au nez ?
Pour changer tout un système, en somme, la réussite de l’Administration Obama sera donc tributaire aussi, et peut-être pour l’essentiel, de sa force de pédagogie et d’imagination.
Moncef BEN AMOR
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28.1.2009 par Moncef Ben Amor.
Dans moins d’un an, l’Afrique vivra au rythme d’un évènement tout à fait exceptionnel : il s’agit de
Les éliminatoires combinées, à l’échelle du Continent, pour ces deux rendez-vous doivent s’achever en novembre prochain. L’Afrique sera représentée au prochain Mondial par six équipes, à savoir celles qui arriveront en tête de leurs groupes (5) respectifs et, bien entendu, l’Afrique du Sud, en sa qualité de pays organisateur. Pour
Sentiment légitime ? Oui si l’on en juge par la prestation tout à fait moyenne, pour ne pas dire médiocre, des représentants africains lors du Mondial allemand de 2006. Ce qui est tout à fait paradoxal d’ailleurs, c’est qu’au lieu de progresser, vus les énormes moyens qui lui ont été consacrés surtout au cours de la dernière décennie, aussi bien au Maghreb qu’ailleurs, le football africain a tendance, au contraire, à régresser d’année en année. A part quelques noms qui font toujours les beaux jours du football européen comme Samuel Eto’o, Michael Essein, Salomon Kalou, Papa Diop ou encore Didier Zokora, de grandes équipes comme le Nigeria, le Cameroun ou
Une belle brochette de professionnels
Le constat est particulièrement vrai pour le Maghreb où les chances de qualification, surtout pour le prochain Mondial, sont jugées assez réduites.
Le Maroc, premier pays africain à disputer une coupe du monde en 1970 et également premier pays africain à franchir, seize ans après, le premier tour (1986), se trouve dans le groupe A. Il aura pour adversaires le Gabon, le Togo et surtout le Cameroun. Ses atouts : un nouveau sélectionneur national, en la personne de Roger Lemerre, un vrai professionnel doublé d’un grand connaisseur du football africain et surtout une belle brochette de professionnels évoluant dans les plus grands clubs européens. A l’image du milieu de terrain de l’Ajax d’Amsterdam, Ismail Aissati, qui a exprimé le désir de porter les couleurs de son pays d’origine et avec lequel Lemerre aurait déjà pris contact, ou encore Nabil Zhar, qui évolue à Liverpool. Ces jeunes professionnels feront-ils parler d’eux en Afrique du Sud comme l’ont fait certains de leurs aînés ? Le souvenir de Larbi Ben Barka, surnommé «larbi-le-surdoué» et qui a porté pendant quinze ans le maillot de
«Le football français décapité»
Reste l’Algérie qui, avec des joueurs talentueux comme Rabah Madjar, Lakhdar Belloumi et bien d’autres, a livré une brillante prestation lors du mondial espagnol (1982) et a failli même se qualifier pour le second tour n’eut été cette douteuse – c’est le moins que l’on puisse dire- rencontre Allemagne-Autriche. Elle se trouve désormais au 64 ème rang du classement de
Le mécontentement du public sportif est d’ailleurs d’autant plus grand dans ce pays que le nom de l’Algérie s’est aussi toujours confondu avec celui de grandes stars du ballon rond. Composée en majorité de joueurs évoluant dans le championnat français, l’équipe du FLN (Front de Libération Nationale) est d’ailleurs née, faut-il le rappeler là encore, en 1958 à Tunis, soit cinq ans avant l’indépendance du pays en 1963. « A dix mois du Mondial 1958, écrit le Monde Diplomatique (août 2008), la nouvelle prend l’allure d’un séisme. Zitouni, meilleur arrière central de la planète, pressenti pour le Real Madrid, et Mahkloufi, l’homme qui « a des yeux derrière la tête », ne feront plus partie de la sélection tricolore. Le football français est décapité. Les supporters français sont cois. Ces joueurs étaient adulés ».
L’Algérie se trouve dans le groupe C avec le Rwanda,
Quelle prestation attendre des uns et des autres ? Que le spectacle, le vrai spectacle, soit, en tout état de cause, au rendez-vous !
Moncef BEN AMOR
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20.1.2009 par Moncef Ben Amor.
La dernière décennie aura été marquée par une succession d’évènements aussi douloureux les uns que les autres et le secteur qui en a le plus souffert est incontestablement le tourisme. La guerre en ex-yougoslave, les attentats du 11 septembre, l’intervention US en Irak, la montée spectaculaire des prix pétroliers et la crise financière qui s’est mue en récession économique ont affecté, à des degrés divers, toutes les destinations touristiques, surtout dans le pourtour méditerranéen.
On a beau évoquer la difficulté du contexte mondial pour expliquer cet état de fait mais est-ce la seule ? N’y a-t-il pas d’autres raisons ? C’est la question à laquelle on a essayé de répondre samedi, 17 janviers, à l’occasion de la seconde rencontre tuniso-allemande sur le tourisme organisée par
Un “quartet” d’atouts
Pour le ministre tunisien du Tourisme, M. Khelil Lajimi, qui intervenait lors de cette rencontre, un plan de reconquête du marché allemand a été concocté par son Département , suit à une mission, début 2008, d’audit et de prospection en Allemagne. Les réservations pour l’été 2009 connaissent, a-t-il dit, un retard inhabituel et si la crise devait perdurer, ce sont les segments famille et tourisme d’affaires qui en pâtiraient le plus. Compte tenu de la nouvelle configuration démographique en Europe, avec une nette tendance au vieillissement de la population, ce sont aussi, selon lui, les seniors qui s’imposeront dans un avenir très proche parmi les principaux acteurs de la croissance touristique
Pour l’ambassadeur d’Allemagne à Tunis, son Excellence Dr.Horst-Wolfram keril, l’infrastructure touristique est là, elle n’est pas à créer. Ce qui manque, ce sont tout simplement des petites retouches. Il faut penser aussi à diversifier l’offre et à améliorer la qualité des services. Il y a un «quartet» d’atouts qu’il faut absolument valoriser, à savoir la mer, le Sahara, la culture et le sport. Il est nécessaire aussi, pense-t-il, de prendre soin de l’environnement, l’écologie étant devenue l’une des composantes du tourisme moderne.
Une discussion s’est ensuite engagée entre opérateurs tunisiens et allemands. A les entendre, beaucoup reste à faire si
La reconquête des ce marché passe, aux dires des représentants allemands, par une action dans trois directions, à commencer par l’image de
Cibler d’autres catégories
L’effort à faire sur ce plan-là renvoie d’ailleurs à une autre action non moins importante, à avoir la publicité ou plus exactement ce qu’il y a lieu de faire, en termes de marketing, pour promouvoir la destination Tunisie «Ce que l’on voit de temps à autre dans les magazines allemands, a souligné un intervenant, n’est pas tout à fait productif. C’est d’ailleurs presque pareil pour toutes les destinations. Ce qu’il faudrait, à mon sens, c’est d’opter pour quelque chose de plus vivant comme des reportages TV sur
Troisième action, enfin : cibler d’autres catégories de la clientèle allemande et ne pas se contenter de celle des revenus moyens, mieux adapter l’offre à la demande et s’inspirer, si nécessaire, des expériences d’autres destinations comme l’Egypte ou
Leurs interlocuteurs tunisiens ont répondu par une sorte de «oui, mais» Ce qu’il faut, a résumé l’un d’eux, c’est «un véritable partenariat qui tient compte des exigences et des contraintes des uns et des autres» et non une «continuelle pression» sur les hôteliers tunisiens pour les amener à réduire davantage leurs tarifs, sachant qu’avec 53 euros la nuitée, vol compris, la destination Tunisie est déjà la moins chère de la zone Méditerranée
Moncef BEN AMOR.
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8.1.2009 par Moncef Ben Amor.
Il fut un temps où le football tunisien avait perdu de son attrait. Certaines rencontres, pour ne pas dire toutes, se déroulaient même devant des gradins pratiquement vides.
Ces dernières années, la tendance s’est fort heureusement inversée et, à l’exception des stades d’El Menzah et de Radès, il est désormais rare que le déplacement de l’un des grands clubs ne s’accompagne d’un problème de vente de billets ou de supporters désabusés, faute de places dans les stades. Le ballon rond a vite retrouvé ses titres de noblesse et ce n’est pas un hasard, dès lors, que le championnat tunisien figure en tête d’un classement pour le Monde arabe et l’Afrique. Classement qu’explique, à priori, la domination de plus en plus nette qu’exercent les clubs tunisiens dans les compétitions africaines (coupes de la Ligue des Champions et de la CAF et super coupe).
La qualité du jeu et la course aux titres - une course dont il n’a failli rester que le nom - font que des foules entières se pressent désormais le dimanche et d’autres jours de la semaine aux portes des stades. Mais il est aussi, à notre avis, deux autres phénomènes qui ont changé carrément la donne. Il s’agit, en premier lieu, de la retransmission en directe par les chaînes satellitaires (Canal 7 et Tunisie 21 pour les matchs de championnat et Hannibal TV pour ceux de la coupe) des rencontres têtes d’affiche de la semaine. En plus de nos compatriotes établis à l‘étranger, ce sont, au fait, des millions de personnes en Europe et ailleurs, parmi lesquelles des gens liés au sport et plus précisément au football, qui ont ainsi la possibilité de voir évoluer de jeunes professionnels, aussi bien tunisiens qu’étrangers et notamment africains.
Second phénomène et non des moindres : la présence de plus en plus affirmée sur les gradins, parmi le public sportif, de recruteurs étrangers venus spécialement pour superviser tel ou tel autre joueur.
Conscients de cet état de fait, les joueurs n’ont plus droit à l’erreur et encore moins au laisser – aller. Ils font désormais tout pour s’attirer les regards, dans l’espoir de décrocher un contrat dans un grand club étranger. Même chose pour nombre de jeunes talents africains, qu’ils soient au Mali, au Togo ou ailleurs. Ils savent que la Tunisie est désormais un passage obligé s’ils veulent s’assurer une belle carrière en Europe ou dans un pays du Golfe. Ils sont d’autant plus tentés par l’ « Eldorado » tunisien que certains de leurs compatriotes y sont déjà et que les conditions dans lesquelles ils évoluent sont loin d’être mauvaises. Dans la première ligue du championnat, les jeunes africains recrutés par les quatre grands clubs – CA, EST, ESS et CSS- touchent en effet, en moyenne, croyons-nous savoir, de quatre à six mille dollars US par mois, sans compter les primes de matchs et de rendement. Dans les clubs de moindre dimension, le salaire mensuel varie de mille à deux mille dollars. Le nigérian Michael Eneramo, qui évolue à l’Espérance Sportive de Tunis et qui est apparemment le mieux payé d’entre eux, toucherait dans les huit mille dollars par mois.
Si l’on sait qu’une ancienne star du Club Sportif Sfaxien d’origine africaine vient d’être cédée à un club qatari pour près de quatre millions et demi de Dinars tunisiens, on imagine aisément que le « marché africain » pourrait constituer, à terme, une aubaine pour les clubs tunisiens.
Moncef BEN AMOR
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7.1.2009 par Moncef Ben Amor.
• Le dumping et le commerce parallèle en point de mire
Une année s’achève, une autre commence. La fièvre est certes retombée mais la crise est toujours là qui menace des pans entiers de l’économie mondiale.
Pour en atténuer l’impact, le gouvernement tunisien a arrêté le 23 décembre dernier un ensemble de mesures de soutien aux entreprises partiellement ou totalement exportatrices, dont notamment celles opérant dans les secteurs de la production mécanique et électrique et du Textile habillement, qui ont commencé à pâtir d’une baisse de la demande sur les marchés extérieurs. Depuis, trois ministres, en l’occurrence ceux du Développement et de la Coopération Internationale, des Finances et du Commerce et de l’Artisanat, se sont relayés sur la chaîne publique « Canal 7 », à une heure de grande audience, pour expliciter ces mesures et inciter les opérateurs économiques à faire preuve d’imagination et de sens de l’initiative pour surmonter leurs difficultés.
Dernier à intervenir dans ce sens, le ministre du Commerce et de l’Artisanat, M. Ridha Touiti, a souligné lundi soir, 5 janvier, que l’impact de la crise reste relativement faible en ce sens que malgré une baisse de la demande sur les marchés extérieurs dans des secteurs comme celui de l’automobile, les exportations de produits mécaniques et électriques ont enregistré en 2008 une augmentation de l’ordre de 20%. En matière de textile habillement, le niveau des exportations s’est maintenu, quant à lui, à celui de 2007.
La bonne tenue du commerce extérieur, en dépit du haut degré d’ouverture de l’économie tunisienne sur l’extérieur, s’explique, selon lui, tout autant par la large gamme de produits exportables –notamment agricoles et industriels- que par la diversité des marchés sur lesquels sont écoulés ces produits. Le pays compte près de 6500 entreprises partiellement ou totalement exportatrices qui garantissent, au-delà de leur aspect purement économique, 250.000 emplois, a-t-il aussi indiqué, comme pour mieux souligner la portée, sociale celle-là, de ces mesures.
Le ministre a d’autre part annoncé un renforcement des moyens financiers et humains du Foprodex et du Famex, deux mécanismes de conseil et de soutien aux entreprises exportatrices, et la création dans le port de Radès – le plus important du pays- d’une zone logistique d’une cinquantaine d’hectares. Les délais d’expédition et de levée des marchandises dans les ports seront davantage réduits, ainsi d’ailleurs que les formalités administratives. Selon des données fournies par le ministre, les délais d’attente pour la levée des marchandises et d’accomplissement des formalités douanières sont actuellement respectivement de six et un jour.
M. Touiti a par ailleurs indiqué que l’adhésion de la Tunisie à l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ou encore à des zones de libre échange avec l’Union Européenne et de pays maghrébins voisins comme l’Algérie et la Libye, n’interdit pas de sévir contre toutes les forces de dumping et que la poursuite, voire l’accélération du programme de mise à niveau du commerce intérieur est le meilleur moyen de lutter contre le commerce parallèle qui est aussi, a-t-il souligné au passage, l’affaire du consommateur lui-même.
Moncef BEN AMOR
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