2.2.2010 par Thameur MAATOUG.
Chaque krach est la conséquence d’une bulle spéculative, celui de 1929 ne fait pas exception, mais il faut préciser que la bulle n’aurait pu s’amplifier s’il n’y avait pas cette loi de 1926 qui autorisait l’achat d’actions à crédit à Wall Street.
Les « investisseurs » pouvaient ainsi acheter des titres avec seulement 10% d’autofinancement. L’élément spéculatif déjà mis en place allait prendre une dimension astronomique avec l’entrée en scène de Charles Merrill qui fonda son cabinet en 1928, connu aujourd’hui sous le nom de Merrill Lynch. D’ailleurs cette institution a été pointée du doigt par la justice américaine lors de la dernière crise des subprimes. Faut-il rappeler que la perte entre le 22 octobre et le 13 novembre 1929 était de 30 milliards de dollars à cette époque, ce qui représentait 10 fois le budget de l’Etat américain. Faut-il retenir que derrière chaque bulle spéculative, il existe des initiateurs qui agissent sur les plans législatif, technique et marketing pour créer une crise et dont les auteurs continuent à exister pour relayer d’autres crises, même 80 ans après ?!
Thameur MAATOUG
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25.1.2010 par Thameur MAATOUG.
L’or détourné de l’Espagne par les orfèvres banquiers, précipitant sa chute, avait atterri principalement en Angleterre au 16ème siècle où une mutation socioéconomique allait s’opérer bouleversant, et le système d’organisation de la société, et le système politique en engendrant une véritable révolution industrielle au 17ème siècle. La banque Rothschild, première institution monétaire au vrai sens du terme, avait accompagné et soutenu ce mouvement et cette mutation en Angleterre, en Allemagne puis en France. L’Angleterre était un pays agricole avec un système féodal et où la famille royale et la Noblesse, à côté de l’Eglise, étaient les classes dominantes face aux serfs qui étaient des «biens immeubles par destination», liés aux fermes appartenant à la classe des Nobles. L’or arrivé d’Espagne a constitué les fonds nécessaires au sens de Ricardo, pour jeter les bases d’une nouvelle économie industrielle, attirant vers elle la classe des serfs pour devenir une classe de prolétaires, exploitée par une nouvelle classe bourgeoise qui gère les ateliers de production manufacturière. Cela va retentir jusqu’à l’arène politique où les classes autrefois dominantes ont perdu de leur pouvoir face à la classe bourgeoise dont l’influence et la représentativité prennent sans cesse de l’ampleur. Du fait de ce bouleversement, une accumulation de produits industriels caractérise désormais la nouvelle économie. La théorie mercantiliste n’est plus d’actualité et est supplantée par celle du libre échange d’Adam Smith qui a démontré l’avantage comparatif résultant de l’ouverture et de la spécialisation face à l’autarcie et au mercantilisme.
Thameur MAATOUG
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21.1.2010 par Thameur MAATOUG.
S’il est convenu que le colonialisme avait débuté au 16ème siècle, il faut se rappeler que l’expédition maritime de Christophe Colomb en 1492, débouchant sur la découverte de l’Amérique, en était le prélude. Ces colonies dans ce «nouveau monde», avaient permis à la Péninsule ibérique et essentiellement l’Espagne, à devenir la première puissance de la Méditerranée occidentale face à la puissance de l’Empire Ottoman. L’argent avait joué un rôle important aussi bien dans la propulsion de ce pays ibérique, que lors de son déclin. En effet l’or accumulé, en provenance de l’héritage des royaumes arabes dans la péninsule mais surtout celui transféré de l’Amérique, avait donné à l’Espagne son statut de maître des eaux. Profitant de la situation, l’orfèvrerie avait connu son apogée à cette époque et les orfèvres étaient devenus aussi des banquiers. Passant du statut de simples déposants à la création monétaire, les orfèvres délivraient des certificats de dépôts puis même des certificats fictifs représentant les premiers actifs toxiques de l’histoire de la monnaie. L’or détourné par les orfèvres, prenait son chemin vers l’Angleterre, alors que l’Espagne commençait à sombrer et à subir la banqueroute. Hier comme aujourd’hui les crimes monétaires passent inaperçus, même si on essaie d’hypertrophier une affaire comme celle de Madoff lors de la dernière crise financière mondiale. Il s’agit tout simplement d’un arbre cachant la forêt.
Thameur MAATOUG
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14.1.2010 par Thameur MAATOUG.
L’Histoire de la monnaie est révélatrice, à travers ses turbulences, de l’origine des différentes crises et des mutations économiques qui se sont opérées à travers les époques. Cela remonte à la Chute de l’Espagne à la fin du 16ème siècle, précipité par des coups bas de la part des orfèvres banquiers. La crise de 1929-34, était une autre phase de l’histoire de ces turbulences, la chute préméditée de la banque libanaise Intra en est une autre. Le premier choc pétrolier de 1973 retrace l’identité monétaire de cette richesse exprimée en pétrodollar. La dernière crise monétaire et financière mondiale déclenchée par les « subprimes » est la dernière illustration du rôle central de la monnaie dans l’histoire socioéconomique du monde. Pour étayer le sujet nous proposons une série d’articles sous l’intitulé général de la rubrique « Monétairement Vôtre ». (A suivre)
Thameur MAATOUG
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11.1.2010 par Thameur MAATOUG.
Il y a seulement un an que l’Empire du milieu avait conquis sa place de troisième puissance économique devant l’Allemagne. Les statistiques de 2009 attestent désormais que la Chine est devenue le premier exportateur mondial en déclassant l’Allemagne en seconde position. Cet exploit est attendu et les performances chinoises ne s’arrêteront pas à ce stade. Il s’agit d’une économie à forte croissance défiant même la crise mondiale. En effet, elle vient d’enregistrer un taux de croissance de 8,3% en 2009, grâce à plusieurs facteurs déterminants. D’abord la faiblesse artificielle du yuan qui est une arme monétaire redoutable face au dollar, ensuite les faibles coûts de la main d’œuvre, payés jusqu’à vingt fois moins qu’en Europe au Japon et aux USA, lui fournissant un avantage comparatif réel. C’est avec plus de 1200 milliards de dollars d’exportations au dernier exercice, qu’elle a pu réaliser un solde positif de 195 milliards de dollars. La structure de ses produits exportés ne se limitent plus aux jouets, meubles, chaussures, vêtements, mais s’orientent aussi et de plus en plus vers des produits à haute valeur technologique comme l’électronique, l’automobile et même l’aéronautique. L’appétit chinois bute sur l’objectif d’occuper la deuxième place dans l’économie mondiale devant le Japon et aspire à devenir la première puissance mondiale d’ici 20 ans en déclassant les USA. Un pari accessible surtout qu’on sait que la part de la Chine dans les exportations mondiales a plus que triplé en une décennie représentant aujourd’hui 10% alors qu’elle n’était que de 3%.
Le déplacement du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’Asie, prédit par les économistes, se confirme de jour en jour dans la réalité.
Thameur MAATOUG
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7.1.2010 par Thameur MAATOUG.
Le discours prononcé par le ministre tunisien de l’Emploi et de l’Insertion professionnelle des Jeunes, à l’ouverture de la conférence organisée, le mardi 5 janvier 2010 à Tunis, conjointement par son Département et la Banque mondiale pour présenter et discuter deux rapports de la Banque mondiale sur le thème de l’emploi et l’immigration : « Préparer l’avenir, une perspective à long terme de la mobilité des personnes et des emplois pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord» et « Migration de la main d’œuvre de l’Afrique du Nord : impacts de développements, défis et options de politiques migratoires», était pertinent. En effet la stratégie tunisienne en matière de maîtrise des flux migratoires, telle que étayée dans la communication de Monsieur Slim TLATLI, prend en compte tous les aspects du sujet non seulement en se basant sur les réalités actuelles, mais surtout en intégrant les projections démographiques d’ici l’an 2050, notamment le déficit structurel de l’Europe estimé à plusieurs dizaines de millions de travailleurs. D’où la nécessité de coordonner les politiques migratoires entre les deux rives du bassin occidental de la Méditerranée. Dans ce sillage, j’avance l’idée pratique de créer un fonds tunisien, à l’image du fonds 21-21, spécial migration, qui sera financé par la CNSS, les banques, l’Etat, et avec le concours d’Institutions européennes, pour accompagner financièrement la formation en Europe de plusieurs dizaines de milliers de diplômés tunisiens actuellement en chômage. Cette formation, qui devrait durer six mois en pays étrangers (Europe, Amérique du Nord, Australie, Japon), sera axée sur le perfectionnement, en langues étrangères, l’utilisation des TIC et accompagnée de stages d’un ou deux mois dans des entreprises étrangères. Ce complément de formation postuniversitaire devrait combler des déficits linguistiques en milieu purement francophone, anglophone, germanophone,…
Les tests d’évaluation débouchant sur un diplôme devraient se dérouler en Tunisie mais par un staff étranger. Cette mesure garantira le retour obligatoire des Jeunes ayant suivi la formation à l’étranger pour alimenter, et le marché de l’emploi local, et ceux de l’étranger. Les candidats retenus pour exercer un emploi à l’étranger seront contraints de cotiser dans ce fonds de la migration pour lui permettre de poursuivre sa mission et atteindre ses objectifs. Les entreprises étrangères qui recrutent ces candidats devraient également contribuer au financement de ce fonds.
Thameur MAATOUG
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5.1.2010 par Thameur MAATOUG.
Répondant favorablement à la décision d’annulation de commandes de 50 millions de doses de vaccins contre la grippe A (H1N1), annoncée par la ministre française de la Santé Roselyne Bachelot, le laboratoire Sanofi Pasteur a accepté la résiliation du contrat pour ses 9 millions de doses sans exiger la moindre indemnité. Un geste citoyen louable mais qui n’a pas encore été suivi par les autres laboratoires fournisseurs de ce vaccin. D’intenses tractations entre le ministère et l’Industrie pharmaceutique se déroulent actuellement pour trouver un compromis. En effet le ministère s’adosse sur le fait que le vaccin à une injection suffit, alors que le vaccin proposé est à double injection. De leur côté, les laboratoires pourraient se baser sur l’absence de clause dans le contrat concernant une possible résiliation.
Cette décision qui devrait profiter au budget de l’Etat ne cache pas pour autant la conclusion précipitée de ces contrats où les besoins ont été surestimés. Aujourd’hui et sur les 94 millions de doses initialement commandées, on a à peine franchi le cap de cinq millions de vaccinés.
Cette opération de déstockage ou de revente, concerne, outre la France, d’autres pays comme l’Allemagne qui, ont dû y recourir pour avoir opté tout au début de la manifestation de cette grippe atypique et par précaution à des commandes gonflées afin d’éviter le scénario de la pénurie.
Thameur MAATOUG
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4.1.2010 par Thameur MAATOUG.
Alain Peyrefitte annonçait depuis des décennies dans son livre intitulé « Quand la Chine s’éveillera le monde tremblera », l’arrivée de ce géant sur la scène internationale. Aujourd’hui, la Chine avec son taux de croissance le plus élevé dans le monde, qui se situe depuis des années autour de 10%, est devenu l’Eldorado des investisseurs étrangers et le conquérant économique par excellence des marchés américain et européen. L’une de ses derniers forcings prenait pour cible le Continent africain, notamment avec les mesures prises lors du sommet Chine-Afrique qui s’est déroulé à Charme El Cheikh. Paradoxalement son frère-ennemi asiatique qu’est le Japon, souffre depuis plus d’une décennie de la stagnation économique avec un taux de croissance autour de 0%. Mais les changements politiques de part et d’autre, ont fait qu’un réchauffement diplomatique graduel s’installe entre la Chine et le Japon. Le changement le plus important est l’accès historique de l’opposition japonaise au pouvoir mettant fin à un monopole des libéraux.
Le gouvernement nippon Hatoyama multiplie les gestes amicaux envers Pékin et les multiples ballets diplomatiques dans les deux sens attestent de l’inauguration d’une nouvelle ère entre les deux puissances asiatiques. Leur devise est d’orienter leurs relations bilatérales vers l’avenir et d’oublier les différends du passé, notamment le comportement de l’armée impériale en Chine lors de la deuxième guerre mondiale. Ce rapprochement sino-nippon suit maintenant un développement de la coopération sur les plans stratégiques et économique. Ni les gisements pétrolifères et gazifières en mer commune, ni l’affaire des raviolis avariés, ne pourraient faire obstacle à cette relance. Objectivement, Tokyo a besoin de la Chine en tant que atelier et aussi en tant que grand marché pour ses produits, alors que la Chine a besoin d’être « contaminée » par la technologie japonaise, très avancée et top niveau. Le couple vient d’annoncer cette alliance stratégique qui parait prendre l’habit de fiançailles entre la Chine et le Japon.
Thameur MAATOUG
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30.12.2009 par Thameur MAATOUG.
En fait le tourisme tunisien excelle en période de crise. Il ne s’agit pas d’une simple résistance à la récession mondiale et aux effets de la Grippe A (H1N1), puisqu’il vient d’enregistrer une augmentation de 2% des recettes durant les 11 premiers mois de 2009 par rapport à la même période de l’année 2008, qui fut l’année de tous les records du secteur. La baisse de 2,6% du nombre des entrées, toujours par rapport à 2008, pourrait être expliquée tout simplement par l’effet de l’épidémie de grippe porcine. Ces chiffres qui ne sont pas exhaustifs car elles ne couvrent pas encore le mois en cours ( décembre ), pourraient s’améliorer davantage. On peut déjà retenir que le tourisme de groupe et bon marché commence à céder timidement mais sûrement la place à un tourisme un peu haut de gamme. En effet le recul de 7,8% du nombre de nuitées n’a pas eu d’impact sur les recettes qui s’étaient plutôt appréciées. Les Français en tête des arrivées, avec 1,3 million de touristes, semblent satisfaits du produit touristique tunisien. Le marché allemand et italien devraient être marketés davantage pour relever le nombre de leurs arrivées qui ne sont respectivement que de 471.000 et 367.000.
Le relookage de certaines unités hôtelières, l’implantation de plus en plus de griffes de notoriété internationale, ainsi que la diversification des produits et l’exploitation de nouvelles niches, ne peuvent que porter encore plus haut l’étendard du tourisme tunisien au cours de l’année prochaine 2010, qui saura mettre à profit la venue de l’équipe de Football de France en mai. Les tricolores ont choisi la Tunisie pour se préparer à la coupe du monde qui se déroulera en juin en Afrique du Sud. Un levier pour le tourisme tunisien qui saura en tirer des dividendes.
Thameur MAATOUG
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21.12.2009 par Thameur MAATOUG.
La réalité économique mondiale mute et se présente perpétuellement sous un angle nouveau, néanmoins certaines situations ayant prévalu dans le passé et suscité un effort de conceptualisation et de théorisation, pourraient guider l’analyse de situations plus récentes. Dans ce sillage, le « syndrome hollandais » apparaît comme un concept encore d’actualité. En effet ce phénomène économique inspiré du cas des Pays-Bas des années 1960, a été révélé pour la première fois par l’hebdomadaire britannique « The Economist » en novembre 1977 sous l’expression « Dutch Disease » dans un article retraçant la situation catastrophique de l’économie hollandaise à la fin des années 70, caractérisée par une forte inflation, un tissu productif déstructuré, un chômage en hausse et un moral en baisse. A l’origine de ces maux, la découverte et l’exploitation à partir de 1960 de gisements de gaz, une manne qui tourne malheureusement au vinaigre.
C’est bien ce cas et cinq ans après la parution de l’article dans l’hebdomadaire, que les deux économistes américains Corden et Neary s’étaient penchés pour le théoriser. Cette conceptualisation a servi pour analyser des cas historiques remontant à plusieurs siècles comme celui de l’Espagne avec l’or qui y affluait depuis ses colonies dans le nouveau monde ( Amériques ) et qui a provoqué selon ce modèle la crise de ce pays, alors que d’autres études, selon ce modèle, avaient passé en revue les cas de la Russie, de la Libye de l’Algérie et d’autres économies. Ces études ont souligné à chaque fois les limites de ce concept et le fait que le cas étudié ne répond pas tout à fait aux conditions prises comme hypothèses. Leurs démarches ne se justifient que par le paradoxe entre l’existence d’une manne financière exceptionnelle et de résultats économiques désastreux. Aujourd’hui et dans le cadre de notre contexte actuel, le cas de Dubaï, résultant des effets de la crise économique mondiale, qui était à l’origine financière, pourrait justifier le recours à ce concept. L’intérêt n’est pas de multiplier l’analyse de nouveaux cas pour maintenir une vie à un concept, mais d’analyser la situation pour en tirer les conclusions qui en résultent. Toutefois, faut-il retenir que dans le cas de Dubaï, le choc résulte à mon sens d’une extraversion excessive, même si certains projets d’investissements ont eu lieu physiquement sur le sol émirati. L’extraversion en matière d’investissement et la forte dépendance vis-à-vis du système monétaire et financier international pour une petite économie, cherchant à prendre démesurément place dans la cours des grands, a précipité sa chute à la première grande crise ayant touché le système monétaire et financier international. La direction et la nature des investissements devraient prendre en compte la taille du pays sur les plans démographique, territorial, technologique et l’existence pour lui d’un rôle ou non dans la gouvernance mondiale.
Thameur MAATOUG
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